Blender et RepRap

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Foldarap

Foldarap présentée à Chemillé

Le monde de l’impression 3D et des reprap avance aussi vite que Blender. Mais il donne à la 3D un côté tangent, matériel, qui lui manquait actuellement. Un grande partie des personnes rencontrées, voire même des élus aux questions numériques ou technologiques, se demande à quoi cela peut servir.

Impression 3D : un enjeu éducatif ?

On avance souvent l’argument éducatif, l’apprentissage de technologie complexes avec des moyens simples, mise en oeuvre des notions vues à l’école, démocratisation et démystification scientifique. Et pourtant il se pourrait que l’enjeu soit réellement ailleurs. Peu de personnes imagine encore qu’elle pourrait se passer d’aller chez IKEA acheter se verres en plastique !! Et pourtant qui aurait pensé il y a 20 ans que l’on aurait tous voulu une imprimante papier, qui plus est couleur, chez nous. La première imprimante que je me suis achetée, grand public, était une EPSON qui coûtait la bagatelle de 2500 francs, soit 380 euros environs. Maintenant les mêmes choses sont vendues moins de 50 euros, on imprime tous nos lettres, nos photos… De la même façon, le prix des imprimantes 3D baisse (on est à l’heure actuelle autour de 500 euros) et avec l’engouement, il y a de grandes chances que cela continue. Dans le même temps, la qualité de résultat augmente et la facilité d’utilisation augmente.

RepRap : un enjeu de société

Je vois que bientôt, nous aurons sur nos étagères des bobines que nous utiliserons pour nos verres, nos bijoux, nos jeux et que nous n’aurons qu’à télécharger un plan et à l’envoyer, évitant ainsi des files d’attentes dans des magasins aux présentations standardisées et bien pensées. Au-delà des objets fabriqués, j’y vois une sorte de retour de prise en main de l’environnement familial et des outils quotidiens qui n’en ai certainement qu’à ces balbutiements. Ce même chemin parcouru avec les imprimantes jet d’encres et laser, ce chemin parcouru aussi par les logiciels libres…

Après avoir formé en masse des ingénieurs et éduqués, et que ces personnes éduquées aient été tout aussi massivement refoulée par un monde professionnel clos, pourtant montré comme moyen d’intégration optimal, ou que ces personnes aient un besoin de reprise en main de leur destinée suite aux diverses pressions qu’ils subissent, y compris de ne pas utiliser leurs compétences en dehors de leur emploi,  il n’est pas étonnant de voir tant de personnes mettre à profit leurs connaissances et les mettre en oeuvres dans leurs vies et activités quotidiennes qui prennent d’autant plus d’ampleur qu’elles sont partagées. Alors à quand une fonction “Imprimer 3D” dans nos ordinateurs ?

BD au format epub

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Colorisation de BD avec Gimp

Colorisation de Cédric Gémy, epubifié

Après la mise en place de nos formations epub, voici de petites contributions. La première est cette colorisationd’une BD de badani sur le site Diogene.ch sous licence CC By SA. Nous avons ici simplement fait une colorisation rapide du document initial au trait et epubifié l’ensemble de 10 planches.

C’est la merde pour Bunny est une BD à télécharger au format epub.

Définir l’art sans licencier les artistes

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Une participation récente à un débat sur l’art et le libre poursuivi d’une discusion régulière avec une chère amie me fait ressentir le besoin de repasser à la définition d’un mot dont l’utilisation se veut croissante, au point de ne parfois plus rien signifier et éventuellement revoir ce que nous avons déjà exprimé à ce sujet. Je veux parler ici du mot art et de son corrélat artiste.

l’art commun

En effet, depuis peu, tout est art et tout le monde est artiste. Et il me semble que le débat sur la propriété intellectuelle dont les amateurs de logiciels libres sont friands, prend trop peu en compte la spécificité de l’art, ou plutôt les différentes façons comprendre ce qu’il est.

Pris dans un sens presque quotidien, on parlera d’art pour tout ce qui a trait à :

  • une pratique poussée au maximum, lui donnant un caractère exceptionnel : “ahh, ce surfeur est un artiste !!”
  • une pratique issue d’une pratique d’un art reconnu : musique, peinture…
  • on dira même “l’art et la manière”, confondant d’une certaine façon l’art avec le style, soit une variation qualitative de pratique dans une contexte donné
  • quelque chose qui est joli ou design comme un meuble IKEA, parce qu’il y a une recherche de plaisir graphique
  • quelque chose qui est moche, parce qu’à part un artiste tordu qui en voudrait ?

La confusion vient certainement de la spécialisation dans laquelle les artistes se sont inscrits progressivement, employant des termes aussi fondamentaux dans un sens dérivés du sens commun. En regardant l’étymologie comme on le fait souvent, art définira tout ce qui n’est pas naturel. Mais dans ce cas, qu’est-ce qui différencie l’artefact de l’oeuvre d’art ?

L’art sui generis

Mais qu’est-ce qui différencie qu’une merde d’artiste soit une oeuvre d’art, et que ma propre n’en soit pas (si si j’ai vérifié sous huissier, sur la tête de ma mère) ? La question semble idiote mais s’en trouve bien centrale. Ce n’est pas (seulement) ce qui est produit qui défini l’art. Ce n’est non plus parce qu’il y a recherche créative que le mot art devrait être accolé systématiquement. L’art a même travaillé à son effacement dans les pratiques éphèméres dès les années 1950 et peut-être même 20.

Risquons la simplification à l’extrême :

Comme la charcuterie est l'oeuvre du charcutier
L'art est l'oeuvre de l'artiste

et maintenant :

Comme est charcutier celui qui fait de la charcuterie
Est artiste celui qui fait de l'art (pas du lard, merci)

Qu’est-ce à dire ? l’art c’est comme la charcuterie, pas la boucherie. Le charcutier s’occupe de porc, pas de boeuf ni de cheval ou d’oie. Le métier se définit par la matière premiere (origine animale, mais on a la même chose avec les de nombreux métiers) et l’objectif (faire des produits alimentaires). Peut prétendre à être artiste celui dont l’art est la métière première. L’art est une discipline en soi et pour soi, comme la musique en est une, comme la peinture en est une… l’art peut s’exprimer par de la musique, mais toute musique, même de très bonne qualité, n’est pas art. Il y a, au-delà des problèmes de goût et de qualité, un problème d’intentionnalité et de démonstration de cette intentionnalité.

Fait donc art, l’oeuvre qui se pose comme exprimant son appartenance à la tradition de l’art et revendiquant d’abriter en son sein une forme de représentation de cette appartenance. L’expression de l’art, l’oeuvre, ne saurait donc en général être liée à une pratique particulière, mais devra varier selon les besoins intrinséques nécessitant l’expression de cette appartenance selon le contexte de cette expression. Il y a, dans la pratique de l’artiste, une position epistémologique indéniable qui lui donne se caractère si particulier. Le produit de travail de l’artiste est oeuvre d’art, parce que l’artefact, est un produit fini, il est fait. l’art, lui, n’est jamais fait. L’oeuvre reste toujours à l’oeuvre et elle n’est en elle-même qu’un passage dans l’espace et le voyage epistémologique de l’artiste.

Que l’oeuvre, ou l’artiste, soient reconnus, il s’agit là d’une autre discussion. Et les circuits de validation restent tortueux.

L’art sans jugement

Ce qui est surprenant, c’est que le sens commun refuse cette acception mais aussi toute l’évolution de l’art qui y conduit. L’artiste est apparu de sa séparation du monde de l’artisanat en revendiquant une science de l’art et la participation de l’artiste à l’avancée des connaissances et de l’abstraction (perspective) et éventuellement par le refus de se limiter à une seule pratique (Leonard de vinci ou Michel-Ange étaient peintre, sculpteur, dessinateurs, poetes, chercheurs…).

Parler du musicien qui gratte sa guitare (moi) comme d’un artiste exprime un refus de cette évolution : elle enferme à nouveau la personne dans sa pratique et en réduit la liberté d’expression à un simple moyen clos. Pour échapper à cette réduction, on tente le jeu du mélange des arts : son(musique)+video, danse+orchestre, danse+video, théâtre+musique…tout y passe, mais tout a déjà été fait. La danse+orchestre, cela s’appelait le ballet. Le son+video cela s’appelait l’opéra… Avec juste des technologies différentes.

Il est souvent amusant de voir dans un musée s’extasier les visiteurs devant de jolies toiles du XVI° ou XVII° représentant des scènes mythologiques ou des bouquets floraux. Et d’entendre dire “au moins à l’époque, ils représentaient vraiement les choses, et ils savaient y faire”. Alors même que la composition du tableau est imprégnées de code représentatifs et symboliques qui nous devenus difficiles car éloignées. Que signifie telles fleurs ici ? ou encore telle personne qui porte une tête dans un plat ? Ces artistes là aussi étaient à la recherche d’une expression derrière les apparences, et il reste étonnant que les spectateurs dénigrent justement les formes d’art qui montrent de façon brute la réalité plastique à ceux qui justifie de la chercher. L’art sans jugement, n’est pas un art sans avis, c’est un art dont l’appréciation n’est plus justifiée, c’est un art qui se passe des mots, comme si l’art n’était que pure sensation, que pure technique, ou pure esthétisme.

Si cela n’enlève rien aux innovations et au travail des praticiens actuels, le signe des temps est que la définition de l’art pourrait perdre son fondement, et que l’aura dans lequel il a baigné et qui a fait qu’il a été si attractif va peut-être finir par le noyer. De toutes façons, Nietsche avait déjà dit que l’art était mort, alors que faisons nous ?

De la gratuité numérique – 1 : l’engagement personnel

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Depuis quelques années, on entend publiquement un dénigrement des utilisateurs d’internet, et cela a conduit à des lois tentant de réprimer certains comportements. Des analystes et à leur suite, les journalistes, les politiques et finalement, le commun des mortels ont répandu l’idée que le web développait le souhait de l’acquisition gratuite. Plusieurs tentatives sérieuses ont pourtant tenté de tempérer cet adage, mais comme tous les adages, il a la vie dure.

La gratuité fait partie des échanges depuis longtemps

La gratuité fait partie des échanges depuis fort longtemps et doit certainement être considéré comme un élément fondamental de tout échange en société.
L’un des exemple frappant de ce type d’échange réside dans le cadeau (intéressemment nommé gift en anglais, étymologiquement liés à given). Aussi lorsque l’on offre des cadeaux à ces enfants, ils les reçoivent gratuitement, sans que cela ne choque quiconque. Mais cela est aussi vrai avec tout notre entourage affectif : la famille, les amis…mais pas seulement.

Le cercle social restreint

Si le cadeau, ou le don simple, est une forme essentielle de l’action éducative qui en peut être remise en question (il serait choquant qu’un parent se fasse payer pour l’éducation de ces enfants et surtout que ce soit l’enfant qui paie son éducation), ce type d’échange peut facilement être étendu à un cercle plus large que le cercle strictement familial.

Le réseau amical, même si on considère qu’il a tendance à s’effriter, repose sur le partage réciproque d’intérêts, fussent-ils futiles. Il conduit parfois à une sorte de complexe d’entr’aide non monnayé : je peux aider un ami à bricoler, je peux aider un ami à réparer son ordinateur et à réaliser une tâche informatique et cela est par ailleurs une tâche pour laquelle je serai rémunéré. Dans ce cas, je suis seul décideur de la valeur de mon temps et de mes compétences. Elles peuvent être vendues, cédées ou données. Lorsque cette tâche est effectuée en faveur d’un ami, je considère cela comme une action non commerciale du fait de plusieurs critères : proximité affective de la personne destinataire, contexte d’utilisation (familial), importance de la tâche, complexité de la tâche, pression mise à sa réussite… Ce faisant, je me prive moi-même d’un revenu potentiel, voire j’en prive aussi les concurrents, ce qui conduit donc à fausser les lois du marché du travail et commercial. Nous pourrions inclure dans ces actions l’ensemble des grands-parents qui gardent leur petits-enfants et qui font de fait une prestation gratuite de garde à domicile ou arrangée.

Jusqu’ici nous bloquons les exemples sur la concurrence à la prestation de service, mais cela est aussi extensible au domaine des biens. Il n’est pas rare d’engager entre ami des prêt d’objets au risque de la perte ou de la destruction de ces objets. C’est le cas d’outils, du co-voiturage, de livres (alors que les livres numériques ne peuvent l’être). Le don d’objet qui ont fait leur utilité est même une coutume répandu : don de vêtement d’enfants à des amis qui viennent d’en avoir… alors que ces vêtements pourraient être revendus dans des réseaux spécialisés. Cela ne sont que des exemples, mais chacun s’y reconnaîtra quelque part.

Dans ces “cadeaux”, le donneur n’attend rien en retour hormis la préservation du statut amical et sa réciprocité (éventuellement la preuve de sa réciprocité) : donner des vêtements peut même être un simple souhait de s’en débarrasser. Mais cela n’enlève rien au fait que le choix de recourir à la gratuité n’est pas anodin.  Le principe de l’échange est simple : je connais quelqu’un qui a un besoin, j’ai les moyens de combler ce besoin; je vais donc le combler (dans les deux sens du terme : le besoin et la personne). La confiance que j’établis dans cette personne me permet d’en tirer un bénéfice personnel (reconnaissance, préservation de lien social, attente d’un retour au moment opportun…) et marque la réciprocité de la relation, son interdépendance. Si Hegel y voyait une dialectique de pouvoir, on peut aussi y voir une sorte d’univocité : la dialectique n’apparaît qu’en cas de conflit, en cas de non réciprocité qui agit comme un refus de la relation qui se doit d’être bi-directionnelle. Dans certains société (cf Mauss) c’est même celui qui donne le plus qui est le plus haut placé.

Il apparaît qu’il y a dans le don effectué la réponse à une forme de responsabilité : cela est évident dans le cas des enfants, car le parent a la responsabilité de l’ “élevage” (pas seulement l’éducation, mais aussi tous les besoins matériels qui vont avec ce que l’on a tendance à oublier tellement c’est évident). Mais la responsabilité est aussi réelle dans les autres cas : j’incite un ami à passer à tel logiciel, je devrai par la suite l’aider sur ce logiciel. Je le conseille sur tel ou tel produit je porte une forme devoir que le choix soit justifié et qu’il convienne. Dans tous les, en partant de cette première analyse, il va être facile de chiffrer la valeur des échanges gratuits ayant lieu dans ce contexte. Si on estime chaque personne ou presque a un enfant, 100% de la population donne, au moins 50% reçoit (dans un contexte d’environ 2 enfants par femme). On peut extrapoler en admettant donc que le parent donne 50% de son avoir à ses enfants et que cette proportion peut servir de base à une évaluation de la valeur de l’échange gratuit. Encore ce chiffre ignore-t-il la valeur inestimable de l’acte éducatif lui-même !

Le cercle social généralisé

L’échange gratuit ne s’applique qu’au domaine individuel familial, il en sort très régulièrement voire même de façon quasi généralisée. Je veux ici parler du secteur associatif. En France des études gouvernementales font mention de 10 millions de bénévoles dans le pays, soit environ 15% de la population. Si l’activité des bénévoles est difficile a évaluée, parce qu’elle est disparate selon les personnes et les secteurs il n’en reste pas moins que ce chiffre est impressionnant.  Certains associations tellement imposantes fonctionnent comme de vraies entreprises (ce qui pose un problème éthique et légal) et doivent avoir recours au salariat (172000), mais la majorité fonctionne selon sur le bénévolat (928000). Il est de coutume de dire que les actions comblent des besoins non solvable dans un système concurrentiel, ce qui justifie leur soutien par les collectivités. Le budget global de fonctionnement est estimé à 59 milliards d’euros, ce qui n’est évidemment pas rien et provient à 34% de subventions. 2/3 de cette somme provient donc de l’activité réelle de l’association et de la valorisation de son activité auprès de financeurs individuels ou sociétaires.

 Il va cependant être beaucoup plus intéressant de s’intéresser aux bénéfices globaux apportés par les activités bénévoles des associations. Le rapport mentionne :
Le poids économique des associations a augmenté entre 1999 et 2005 de 15 %, soit une augmentation annuelle de près de 2,5 % en volume, supérieure à celle du PIB sur la période.

Ce rapport ne mentionne pas les sources exactement mais la difficulté réside dans le chiffrage d’action non monnayée, d’en trouver la valeur réelle. Le Conseil économique et social définit le bénévole comme :

toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial

le temps professionnel étant considéré comme ayant sa valeur propre, et le temps familial comme n’en n’ayant pas (car il est implicite qu’il y ait responsabilité et échange dans ce cadre). La question se pose donc tout particulièrement lorsque que la gratuité (remarquons que la définition parle savamment d’engagement libre et pas de valorisation économique) est assumée dans des cadres non contraints ni restreints.

Poids économique de l’échange à titre gratuit

Les associations ont pourtant un rôle économique non négligeable. Parlons simplement des associations sportives qui condensent plus d’un tiers des adhésions :

  1. elles ont un rôle social et éducatif : transmission de valeur (le plus fort gagne), être en équipe (assumer le résultat ensemble), accepter sa place dans l’équipe (sur le banc, buteur…). Ce critère est difficilement quantifiable, mais constitue certainement le plus marquant et a une valeur inestimable au niveau social.
  2. elles ont un rôle familial : le temps sportif apparaît pour de nombreux parents comme une méthode de garde à moindre cout. Une année sportive coutera environ 200 euros pour une 20 semaines contre environ 17 euros l’heure de garde personnalisée à domicile. Le parent qui doit travailler ou qui veut se donner du temps aura donc régulièrement recours aux activités associatives (souvent sportives ou créatives) pour équilibrer son budget. L’activité sportive occupe de une heure à presque une demie-journée (si on compte les déplacements des matchs…). Si on part sur cette moyenne de 3h par semaine, valorisée à 17 euros (51) rapportées à la différence au cout d’adhésion (200/20=10), soit 41 euros par semaine soit une valeur économique réelle de 41*20 = 820 a multiplier par le nombre de personne (je n’ai pas trouver de chiffres mais on voir tout de suite le rapport qui peut atteindre plusieurs milliards).
  3. les effets de l’activité associative ont un impact industriel non négligeable : achat de produits nécessaires (chaussures, …), déplacements (match, concours, expositions…). Surtout, l’association est le socle sur lequel repose la partie professionnelle de l’activité (matchs payants, produits dérivés, …) sur lesquels parient de nombreuses collectivités en terme d’image et retombées (en particulier touristiques : matchs réguliers, coupes locales, nationales, coupes du monde, jeux olympiques…). De ce point de vue, la valorisation en terme économique de l’impact “publicitaire” de l’action associative est sans commune mesure.

Prenons un cas moins important : Flossmanuals est une association qui a pour but de mettre à disposition des manuels libres (et gratuits en téléchargement) sur des logiciels libres. Flossmanuals a participer à l’écriture de manuels qui ne trouvaient place dans le secteur commercial de l’édition (Open Street Map, Fontes Libres, …). Un manuel comme Fontes libres, téléchargé à environ 100 exemplaires par semaine depuis 6 mois (30 semaines) produit un taux d’échange de 3000 ouvrages qui valorisé à une moyenne de 15 euros l’ouvrage représente 45 000 euros. Cela sans compter évidemment les copies indépendante des téléchargements, redistributions individuelles entre amis ou institutionnelles comme l’Organisation Internationale de la Francophonie (par ailleurs financeur de certains manuels) a pu le faire. FlossManuals Fr est une association sans salarié dont le budget gravite autour de 0 € mais dont les produits peuvent être valorisés à environ 1/2 million d’euro à l’année s’ils sont rapportés à des équivalents commerciaux.

L’impact économique de l’association est sensible a différents niveaux est semble donc largement sous-évalué. Les dossiers mis à disposition sur le site gouvernemental évaluent à souhait le ratio adhésion (apports privés) / subventions (apports publiques), mais s’intéressent peu à la valorisation du temps donné par les bénévoles, ce qui fausse évidemment la donne dans l’appréciation du coût. Donc est donc fait comme-ci le caractère gratuit (ou non-marchand) n’avait pas de valeur intrinsèque.

La gratuité diffuse

Que la gratuité soit institutionnellement forte (famille), ou organisée légalement (association), ne constituent cependant pas les seuls domaine de gratuité d’action. Puisque tout doit avoir une valeur (et oui, garder les enfants à une valeur par exemple, ou garder une maison), tous les actes quotidiens peuvent entrer dans cette catégorie. Poussons donc le bouchon un peu loin pour revenir à quelque chose de raisonnable. Lorsque je cuisine, je fais acte de cuisinier et peu valoriser cette expérience. Lorsque je dors, j’ai une activité récupératrice (qui me permet de mieux travailler le lendemain) et destructrice (j’abime mon lit, mon matelas, mon pyjama, mon réveil…) qui sont autant d’activités créatrices de valeur. Lorsque j’aide mon vieux voisin à se relever, j’ai aussi une activité sociale simple qui peut être valorisée économiquement en assistance à la personne. Me verrai-t-on pourtant interdire d’aider mon voisin pour protéger le marché des professionnels de l’aide à la personne ? m’interdire de cuisiner ou de dormir pour protéger les restaurants et les hôtels ou autres ??

Nous reviendrons ultérieurement sur ces points mais à tout valoriser économiquement, on perd le sens réel des actes quotidiens, on individualise la proposition, alors que le gain social serait à favoriser. Prenons maintenant un exemple non comportemental mais productif. Certains logiciels libres sont produits par des bénévoles, en dehors de tout contexte familiale ou associatif. Scribus en est un exemple. Scribus est un logiciel perfectible qui s’améliore au quotidien grâce au temps et compétences mises en oeuvre par les contributeurs qui sont peu nombreux (une dizaine). On peut critiquer le logiciel, ce n’est pas le but de cet article que de le défendre (pour cela, parcourez d’autres pages de ce site :-) ).  Scribus est énormément utilisé dans le milieu associatif et dans les collectivités, il y fait peu à peu sa place. Il permet ainsi d’améliorer la communication de toutes ces structures et elles développent ainsi leur activités ou la transparence de leur décisions. Scribus a été pris en main par de nombreux éditeurs, en particulier en Afrique francophone, participant ainsi au processus d’alphabétisation qui étaient auparavant plus lents, délocalisés et moins efficaces. Il donne une liberté et une autonomie aux utilisateurs qui l’ont adopté abandonnant les logiciels privateurs équivalents. Si nous tentons d’évaluer l’impact économique de Scribus à terme, il est fort à parier qu’ils sera de plusieurs milliards d’euros en effet directs et indirects (chaque bénévole à donc une valeur énorme, même économiquement parlant). Juger l’action d’une action ou production gratuite à la seule vue de ce qu’elle coute en concurrence est un jugement restrictif. Comme se baser sur ces défauts seul est un jugement restrictif. Il peut être plus intéressant de s’intéresser aux effets positifs qu’aux effets négatifs, en particulier lorsque les gains ne se situent pas qu’au niveau économique, mais dans des niveaux moins identifiables tels que la liberté. Le principe de base du développement du logiciel libre repose sur les efforts et bénéfices partager : chaque apport (qu’il soit financé ou non) n’est payé qu’une fois et immédiatement disponible pour tous sans surcoût. Il n’y a pas de logique d’exclusivité qui organise la vente en grand nombre d’une action déjà payée. Le gain social est donc incommensurable même si l’intérêt économique direct est faible.

L’échange gratuit, non seulement remplit un rôle social, mais favorise les échanges inter-individuels, préservent les tissus sociaux et économiques existants. Reprenons nos deux exemples :

  • peu de parents pourraient payer une garde à prix coûtant sans mettre en danger le budget familial
  • peu d’éditeur peuvent prendre le risque d’opéré un transfert de connaissance sur un sujet peu répandu et pointu, alors que l’audience peut par ailleurs exister, malgré son manque de solvabilité
  • peu d’éditeur de logiciel s’intéresse aux marchés en devenir avant que leur devenir ne soit éclairci.

Qu’il s’agisse d’organisationnel ou de montée en compétence, la gratuité (ou quasi) n’est pas remplaçable. Tous les chiffres donnés ici le sont à titre démonstratif et n’ont aucun fondement statistique. Ils montrent cependant l’ampleur potentiel du problème et à quel point tout discours négatif à l’égard de la gratuité devrait être réévaluer en fonction des impacts socio-économiques complets et pas seulement sectoriels.

 

Fantasmes et projets

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De retour du LGRU, et après avoir passé quelques jours avec de formidables personnes et rediscuté de projets commun avec certains, un point m’est encore apparu et il est temps que je m’applique à l’éclaircir (au moins à mes yeux) : nous avons tous des fantasmes et des projets, essayons de faire coïncider les deux, mais en y arrivant rarement.

On me rétorquera que c’est normal. La définition de wikipedia sur le fantasme comme ” fixation mentale ou une croyance irraisonnée pouvant, dans certains cas, conduire à des actes excessifs” permet bien de pointer le caractère quasi-irréalisable et de l’excès qui découle de ces fantasmes. Mais quels sont-ils ?

Il va évidemment être difficile de parler pour tout le monde mais il me semble que certaisn sont partagés au moins à titre social. Citons par exemple, le fantasme d’une communication absolue entre l’homme et la machine dont les interfaces sont le résultat. Citons le fantasme d’une communauté large et libre dans laquelle l’individu peut se noyer en toute confiance. Le fantasme que les mondes virtuels sont parfaits. Le fantasme de créer de projets libres, bref que chacun soit initiateur ou développeur de quelque chose.

Evidemment on comprendra rapidement la transition. En apercevant la couverture de “Nouvel esprit du capitalisme” de L. Boltanski et E. Chiapello, que j’ai parcouru il y a bien longtemps, il m’a semblé à ce point étrange que tant fantasme cherchent à advenir et se transforment ainsi en projet. Evidemment, il est beau de rêver, et c’est même le rêve qui fait souvent bien avancer les choses, mais une telle ampleur me surprend. Car il y a des différences  de nature qui ne vous auront peut-être pas laissés indifférents :

  • le fantasme est avant tout pour soi mais en soi, difficile à partager à cause de formes d’auto-censures; le projet inclut souvent la mise en mouvement d’une équipe ou induit la relation à d’autres, car le projet est “pour”, une façon de sortir de soi.
  • le fantasme est une pensée plus ou moins contrôlée ; le projet est une mise en oeuvre, une organisation plus ou moins prise mais toujours consciente de la situation
  • le fantasme par de soi, seulement de soi ;  le projet peut être détache de moi et m’y rattacher par raison
  • l’origine du fanstasme est floue est difficile à expliciter ; l’origine d’un projet peut être calculée dans le temps à l’aide d’indices et le projet lui-même peut naître de l’analyse consciente d’un contexte, en projet d’opportunité
  • les fantasmes ne s’excluent pas car l’espace fantasmatique n’est pas limité alors que l’espace du projet est limité par la réalité matérielle.

On pourrait continuer mais on voit déjà le problème qui se pose dans le passage du fantasme au projet. Comment assurer le passage de l’individuel au groupe ? Comment trouver le moyen de partager un fantasme pour trouver des tiers ? Comment assurer que chaque tiers participant y retrouvera la même capacité de réalisation de son fantasme alors que les initiateurs garde souvent la main sur la vision et l’orientation du projet ? Comment assurer que personne ne restera sur la paille alors que les fantasmes initiaux à la réalisation du projet ont une forme égoïste ? Comment aussi arriver à éviter les conflits qui peuvent être inhérents au projet et à sa rationalisation qui engage l’individu alors même que le fantasme ne se pose même pas la question d’advenir à l’existence ?

Evidemment je pose beaucoup de question et donne peu de réponse. Mais à l’heure où de les logiciels libres se répandent, mais où le nombre de développeur semble peu augmenter, où un certain nombre de projets phare peuvent s’essouffler, qu’en est-il des possibilité de réinjecter du fantasme dans des équipes prises par les projets à la fois individuels et sociaux ? L’histoire des logiciels libres a montré de nombreux types d’évolution :

  • le noyau linux est un fantasme bien partagé qui a bien fait le saut du projet ; mais pas HURD
  • des personnes ont débuté seules des projets et les projets sont morts faute de trouver écho
  • des personnes ont débuté les projets et ceux-ci ont forkés pour créer le leur car finalement les souhaits étaient un peu différents

Ainsi de nombreux logiciels sont développés en très petits groupe. Le passage de 0 à 1 semble se faire assez naturellement. Reste le passage de la publicité et du couplage. Enfin, le cap suivant inclus une réelle distanciation, un vrai “nous” qui rend plus difficile la préservation de l’aspect fantasmatique. La confrontation au nombre devient un obstacle certain par le simple fait qu’il devient difficile de coordonner les fantasmes et des projets pour assurer leur bonne équité.

D’où tout ces rêves de personnes qui prennent le modèle des communautés en ligne et qui aimeraient créer la leur, comme une forme de toute puissante, d’être à l’origine de la fusion absolue des êtres. Mais ces rêves sont souvent bien pauvres car ils ne sont que le miroir de celui des autres auxquels ils risquent donc de se confronter. Etonnant donc que le fait d’être similaire soit un obstacle au même point que d’être différents. Ces rêves sont aussi largement cassés lorsque le contrat moral et tacite des contributeurs est baffouer par le risque de prise en main de certains. D’où, peut-être, la défiance permanente dans les personnes trop fortes, et, éventuellement  dans certains milieux, de l’inclusion d’éléments étrangers (comme des entreprises au milieu de bénévoles) qui n’auraient justement qu’une vision projet et pas fantasmatique.

Jusqu’ici nous sommes passé au-delà de tout cela. Mais Java, Mysql, OpenOffice sont des projets qui risquent de souffrir de l’augmentation de la dimension projet. Lorsque tout devient projet, et que tout doit l’être, la force ne sera-t-elle pas dans la vivacité des petits groupes renaissants qui évoluent au gré des fantasmes et des rencontres, en acceptant que certains partent, créent ou reviennent ?

pas laissés indéffi

LGRU Clos

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LGRU Bruxelles

LGRU Bruxelles, quelques projets

La session de travail LGRU est arrivée à terme et la collaboration a été productive : plus d’une centaine de travaux ont été produits en 3 jours dans un esprit positif de partage et dans la volonté de faire avancer la corrélation entre les outils et les pratiques créatives. Voici ici, notre sélection de documents :
- un script de Cédric permettant d’apprécier l’action d’un logiciel sur la génération automatique de blancs : Scribus whiteSpace générator (PDF + Fonte)
- impliedSpaces un script sympathique de Ricardo qui remplace la valeur de séparation des blancs par l’action d’une valeur de couleur dans le texte, joli et utile si on considère que l’on pourrait économiser beaucoup de papier en utilisant une telle technique
- A la recherche des contours lors de l’atelier SVG from scratch, on aurait pu dire SVG sans ordi, finalement
- Croquis fontes et édition de fontes en ligne
- Dans le même atelier qui a fait émerger le ScribusWhiteSpaceGenerator on a aussi vu cette idée intéressante de Camille ou encore de Denis.

et évidemment beaucoup d’autres bonnes choses…

Prendre la mesure des conversions d’utilisateurs

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Dans un précédent post, je m’étais amusé à décrire les difficultés et remarques de certains de mes étudiants en communication et éducation. Changement d’année, et changement d’étudiants. Que dire des nouvelles promos ? On peut observer, comme souvent une augmentation de l’aisance dans la manipulation. Bref, il est globalement plus simple de faire reproduire des étapes. Cependant peu de choses concernant la productivité et la compréhension globale d’un travail à l’aide de l’ordinateur, voire pire encore toujours cette sorte de scission mentale.

Notre exemple de dissonance

Un exemple simple qui illustrera le propos avant de passer à des listes plus longues de preuves : décrivant le fonctionnement d’un logiciel, je demande de passer par le menu Fenêtre>Pages. A cela, on m’oppose.

  • Il est où le menu ?
  • je répond “Pages, dans le menu Fenêtre, tout à droite du menu…ici” (preuve par la projection de mon écran)…
  • Puis contraint de me déplacer pour montrer avec mes gros doigts sur l’écran “” puisque même de le montrer au projecteur ne suffit pas.

C’est un exemple, mais cependant très fréquent. Pas seulement en cours d’informatique à l’université, mais aussi en situation de formation professionnelle. Cependant la plupart des professionnels ont appris sur le tas alors que les étudiants cumulent des centaines d’heures de cours sur le sujet et semblent manipuler tout ça comme des rois. On peut donc en tirer quelques remarques :

  • s’agit-il d’un manque d’attention ? je ne pense pas, la plupart des étudiants dont je parle là sont sérieux (il existe des étudiants non sérieux qui au bout de plusieurs cours ne connaissent toujours pas leur mot de passe ou ne savent toujours pas lancer un logiciel sur un mac, mais là c’est un autre problème)
  • s’agit-il d’un manque de prise en compte de l’informatique dans un système éducatif ? je ne pense pas non plus, les heures attribuées à l’informatique n’ont fait qu’augmenter ces dix dernières années, donc l’effort est réel du point de vue des moyens pédagogiques
  • Est-ce le manque de pratique des étudiants ? Là encore, au vu des deux premiers arguments, clairement non. Ils seraient même plutôt addict (pas du cours en lui-même mais des écrans en général)

L’incompréhension Humain-Machine-Humain

De mon point de vue, je situerai le problème à un autre niveau :

  • difficulté à porter son attention sur deux niveaux (niveau enseignant – écoute, et niveau ordinateur, action). Les psychologues pourraient donner leur avis à ce sujet;
  • manque de prise de recul vis-à-vis des logiciels qui empêche de voir les points communs aux interfaces graphiques. C’est un problème global et qui ne facilite pas la prise en main des logiciels ni les migrations des logiciels propriétaires vers les logiciels libres;
  • report des difficultés sur l’ordinateur, car c’est bien connu que “c’est trop compliqué” ou que “c’est bête ces machines” alors que la difficulté est souvent dans l’objectif fixé et la rétention dans la tête de celui qui est devant.

Bref, on les placerait alors dans différents niveaux de dissonances cognitives. Ce serait ici l’expression la plus simple de la difficulté à transférer les connaissances dans différents contextes. Un exemple ici qui s’est exprimé plusieurs fois durant un cours unique en préparation d’image pour la mise en page :

Cas 1 : On demande aux étudiants de préparer dans un logiciel (disons Gimp ou Photoshop) les images à la taille qu’elles devront avoir dans un autre (disons Scribus ou Indesign). Les étudiants veulent une image de 90mm. En fermant l’image et la rouvrant, ils m’appelent pour me dire que le logiciel ne tient pas compte de leur saisie, puisque l’image fait maintenant 9cm. Quand on leur répond que tout est bon, ils insistent. Quand on leur dit que 90mm=9cm, ils en doutent d’abord avant de se rendre à l’évidence.

Ah, les chiffres et les computers !

Ah, les chiffres et les computers !

Cas 2 : Des étudiants demandent quelle taille doit faire une image qui recouvre deux pages. Je leur met la puce à l’oreille en leur disant que l’image doit faire deux fois la dimension définie pour les pages du document. Ma réponse ne semblant pas satisfaire puisqu’on me répond “oui mais combien ?”. Je leur répond que je ne connais pas la taille de leur page. Ils me répondent alors A4. A quoi je dis que l’image devra faire A3. A quoi ils me répondent, c’est quoi A3. Je dis deux fois A4 (pour rappel dans un logiciel de mise en page, il n’y a pas de taille de document par défaut, c’est donc les étudiants qui ont explicitement choisi le format). Je leur demande combien fait un A4. Ils ne savent pas. Alors, de mon point de vue, ignorer la dimension d’un A3 est compréhensible, ignorer les dimensions exactes d’un A4, pourquoi alors qu’ils utilisent tout de même ce format tous les jours et qu’ils impriment des documents et dossiers à foison, mais qu’ils ne sachent pas quelle dimension ils ont donné à leur document, c’est un autre problème. Je leur demande donc comment ils feraient pour savoir comment ils pourraient connaître la dimension de la page : et là ils me répondent, en l’imprimant comme si l’imprimante était une preuve alors qu’ils suffirait qu’ils retournent dans la fenêtre dans laquelle ils ont mis cette dimension. Bref, je suis contraint de leur dire que le A4 c’est 21×29,7 cm et que le A3 est 2 fois plus grand…silence, puis réponse 42x58quelque chose. Bref, le 2 fois plus grand est bon, mais pas tout à fait. Je vous laisse trouver, chers lecteurs, j’ai évidemment donné la réponse, mais un peu irrité quand même. (au passage, bravo la capacité de recherche sur internet aussi : http://fr.flossmanuals.net/scribus/ch010_format)

Posséder l’outil avant qu’il ne vous possède

L’informatique ne peut résoudre tous les problèmes. L’outil n’est qu’un outil, et il fait ce qu’on lui dit. Lorsqu’une tâche est répétitive, l’ordinateur est parfait pour la répéter, pourvu qu’on lui dise ce qu’il doit répéter. Mais c’est à l’utilisateur de savoir ce qu’il veut. La réponse fréquente des personnes en difficulté est la suivante : “pourquoi ils ne créent pas un menu pour ça ?” La réponse est simple : créer une menu pour chaque problème potentiel multiplierai de façon insupportable le nombre de menus et rendrait les logiciels encore plus complexes. Et les interfaces adaptatives ne peuvent pas faire grand chose pour savoir ce que la personne souhaite, malheureusement.

Comprendre le sens de sa question

Comprendre le sens de sa question, une étape essentielle

Bref, le problème n’est pas dans le logiciel. Il est :

  1. dans la prise de conscience de ce que l’utilisateur souhaite produire
  2. de l’explication de cette volonté en termes techniques
  3. du transfert des termes techniques en termes informatiques liés au logiciel

Ne pas comprendre la relation entre mm et cm ou A4 et A3, ne sont pas des informations informatiques. Ce ne sont pas non plus calculs quantiques complexes. Les enfants apprennent ça en primaire. Et chaque étudiant fait évidemment des choses bien plus compliquées très régulièrement (comme calculer ce que va leur coûter l’augmentation de la TVA sur le prix de leurs études).

Tout se passe donc comme ci, les connaissances, pourtant simples, bien intégrées, ne pouvaient être transférée dans un nouveau contexte. L’informatique semble donc être bien plus virtuelle qu’on ne l’imagine. Les règles y serait même différentes. En conclusion, rendre l’utilisation de l’informatique accessible va donc passer par ces points :

  1. montrer le prolongement entre l’ordinateur est la réalité
  2. faire comprendre les impératifs (en particulier métiers) auxquels les logiciels répondent, au lieu de commencer d’abord par le logiciel en pensant que “ça le fera comme ça“.
  3. ne pas répondre oui quand un étudiant dit que ce n’est pas grave s’il y a des erreurs puisqu’il n’est pas dans une situation réelle de production : et leur répondre que l’école sert justement à prendre des réflexes avant d’être en production, et que l’école est justement un temps attribué à ça, dans un environnement protégé, non concurrentiel.

On observe donc une sorte d’aisance dans le mouvement des mains et des bras. J’obtiens même chaque année des résultats graphiques qui s’améliorent. Ils semblent comprendre plus vite, (et tout cela n’est pas de mon fait), mais pour au final aboutir au même résultat : il n’y a pas incorporation de la connaissance, pas de réflexes cognitifs qui lie immédiatement le corps et l’expression de la volonté. Le système éducatif semble avoir échoué sur ce point : à Bac + 2 les outils de productivité sont systématiquement mis à la trappe, les étudiants (hormis certains évidemment) remplissent les cases demandées sans réellement s’investir outre mesure. Il n’y a pas d’implication au sens propre. L’ordinateur est perçu comme un pragmatisme absolu, le règne de l’action, le Sarkozysme de la technique sans bilan ni vision à long terme : bref, cliquer pour cliquer puisque le prochain clic résoudra le précédent.

Le logiciel libre donne leur chance aux utilisateurs de comprendre. Si on a tendance à dire qu’un Ubuntu est aussi simple qu’un mac, on dit aussi toujours que l’objectif n’est pas là, qu’on le personnalise et rajoute ce qu’on veut… Comprendre ce qu’on souhaite et le faire avec les meilleurs moyens possible. Pas comme cette stagiaire que j’ai eu qui écrivait du HTML dans Dreamweaver parce que son enseignant lui avait dit qu’il fallait ce logiciel pour faire des sites (a-t-elle tout compris ou l’a-t-il vraiment dit?). Quoi qu’il en soit, j’espère qu’Activdesign donnera une meilleure à ces étudiants de comprendre l’importance de leur place dans la production et que FLossmanuals sera à même de les aider.

emacs, le word du geek

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Qu’est-ce qu’emacs ?

Emacs est un logiciel libre très utilisé. Il possède ses fans, comme VI, nano, ou encore Microsoft Word (pas libre). Alors pourquoi Emacs ? Comme j’ai besoin de me détendre et de me simplifier la vie, je me suis dit qu’il étant temps que je m’y mette, sans quoi je ne serai jamais un vrai de vrai, un pur parmi les purs du libre, moi qui n’utilise que Scribus et parfois vi. En plus comme j’incite les auteurs à écrire et chacun à devenir auteur et donc à écrire, il faut bien que je trouve des logiciels performants pour ça. Vous comprendrez que je souhaite accompagner mes comparses dans cette aventure. J’ai donc chercher quelques informations et voilà tout est clair. Regardons cette petite présentation issue d’un simple googling rapide :

"EMACS est un éditeur de texte très sophistiqué. En réalité, c'est un interprète Lisp qui exécute un éditeur programmé en Lisp. Or avant d'en apprécier toutes les subtilités, il est important d'en apprendre les rudiments comme tout autre éditeur. Ces quelques pages devraient vous permettre d'utiliser EMACS comme n'importe quel autre éditeur simple. Emacs est un éditeur qui fonctionne aussi bien dans le mode caractère; ceci est particulierement utile lorsqu'on accède a l'ordinateur via un modem à basse vitesse que dans une fenêtre X." http://www.phys.umontreal.ca/~mousseau/phy1234/notes/notes_74.html

On retiendra le message :

  1. éditeur de texte
  2. sophistiqué

jusque là c’est un Bloc-Note amélioré, un genre de Wordpad ou de TextEdit. Mais ça ne s’arrête pas là :

  1. interprète LISP en LISP (bref comme un traducteur portugais qui serait portugais, c’est le meilleur, toujours en langue maternel. J’aimerai avoir un interpréteur de langue aussi sophistiqué pour l’allemand, le russe et le chinois)
  2. fonctionne en mode caractère (on pourra donc écrire du texte lettre à lettre, peut-être à l’opposé de ces éditeurs et correcteurs nouvelle génération qu’on trouve sur nos téléphones) on remarquera au passage qu’il est tellement mode caractère (que l’auteur de la page n’a pas vu ses erreurs d’espace corrigées, moi je les ai enlevées ici, reportez-vous à l’original). Ces dons un logiciel qui respecte le travail de l’auteur à la lettre !
  3. on peut y accèder par un modem, c’est formidable. Ou une fenêtre X (pas spécifique aux sites .xxx qui semblent donner trop peu de place au texte, d’ailleurs, allons savoir pourquoi !)
  4. Enfin, nécessite quelques rudiments pour se lancer seuls. C’est un logiciel sophistiqué mais donc simple, normal il s’appelle emacs, dites imacs, bref, On sait d’où Apple tire le nom de ces gammes et d’où ils s’inspirent en facilité d’utilisation.
  5. On verra plus loin qu’il peut s’utiliser avec une souris, ce qui est un vrai plussss quand on abandonne sa tablette et son téléphone pour un vrai ordinosaure :)
Emacs peut même écrire en couleur

Emacs peut même écrire en couleur

Bref, un éditeur sophistiqué, simple et indispensable qui aurait fait pâlir Socrate et Platon si leurs détracteurs en avaient posséder ne serait-ce qu’un rudiment. J’ai relu tout Platon et réécouté tout Socrate, aucune référence trouvée à cette emacs. Signe que les temps ont changé mais que le complot philosophique est en train de tomber grâce à la FreeSoftwareFoundation.

Utiliser Emacs

Si la souris vous déplaît, ce qui risque d’être le cas puisque c’est un périphérique du passé, vous pourrez écrire simplement votre texte et naviguer dedans :

^f (Forward) avancer d’un caractère
^b (Backward) reculer d’un caractère.
^n (Next) aller à la même position de la ligne suivante
^p (Previous) aller à la même position de la ligne précédente
^a (Au début!) aller au début de la lignes
^e (End) aller à la fin de la ligne
Au lieu de ^f, ^b, ^n et ^p, on peuthabituellement utiliser les flèches présentes sur le clavier pour ledéplacement du curseur. Essayez-les. Si ca ne marche pas, demandez à un"expert" de vous configurer Emacs pour que ca fonctionne.

Heureusement que vous n’avez pas jeté votre clavier qui heureusement n’a pas que 26 touches. Sinon demandez à un expert d’interface. On trouve d’autres fonctions sophistiquées :

  • ^g      avorter la commande en cours
  • ^x^b lister les tampons
  • ^h c aide sur une clé
  • ^h ? aide sur l’aide

Bref, pour le meilleur ou pour le pire, c’est un logiciel non sexiste (LIPS c’est certainement un anagramme de LIPS).  Il prend en charge des fonctions de la vie de tous les jours (étrange que ce ne soit pas mentionné ainsi !). Bref, on savait comment retrouver son téléphone en s’appelant soi-même (et oui, vous aussi vous l’avez fait au moins une fois non ?), maintenant vous saurez à quoi servent vos clés sur votre trousseau (vous pourrez éventuellement jeter celles qui en vous servent plus grâce à ^xk tuer un tampon).

Le mieux est encore l’aide sur l’aide. Quand vous pensez que la plupart des produits sont maintenant fournis sans mode d’emploi, là vous avez le mode d’emploi du mode d’emploi, au cas où. Bref, le souci de l’utilisateur au sens strict du terme.

Emacs, le mot magique (a Word for geek)

Ne pouvant m’arrêter là, j’ai poussé ma recherche :

* versatilité: ce n'est pas seulement un éditeur, mais également un navigateur, un courrielleur, un terminal, etc ...

Le rêve, tout faire dans un logiciel unique, un seul logiciel à apprendre, bref l’ancêtre de Microsoft Word, de LibreOffice Writer. Ou une version plus élaborée…

Alors reprenons. Quand on est dans Word, on écrit son texte avec un clavier préhistorique qui fait du bruit quand on tape dessus et qui n’est pas pratique (on doit utiliser plein de touche alors qu’avec un crayon, au moins, on peut écrire toutes les lettres. Plus simple le crayon et plus simple le doigt). Mais dans Word, on va aussi mettre ses images pour les retoucher, aligner des chiffres et des lettres pour faire sa liste de course, écrire des messages qu’on envoie à l’imprimante qui nous permettra de la transférer à une autre personne par un procédé technologique nommé enveloppe couplé à un autre qui s’appelle timbre qui est normalement nécessaire. On peut même sauvegarder plusieurs images dans le même Word, ce qui permet de les classer pour les retrouver plus facilement. Bref, Word, le fin mot ou le mot de la fin ?

Emacs, un word renversé

Emacs, un word renversé

Ben non, puisque finalement emacs, gère bien plus de choses… si la loi le permet dans votre pays (comme l’avortement). Cela n’est pas rien tout de même. Donc moi qui utilisait jusqu’à présent LibreOffice et Scribus, je songe maintenant à utilise Emacs (dites toujours “Imax”). A moins qu’un mode Emacs soit intégré dans Scribus ! Et vous que ferez-vous ?

Qui sont les pirates du droit d’auteur ?

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On fustige les pirates, les jeunes ou tous ceux qui sont sensés tuer la vie culturelle et qui en sont pourtant les plus gros consommateurs, voire producteurs puisque les musiciens que je connais sont les premiers à télécharger des musiques, et les vidéastes, les premiers à télécharger les films. Ils en sont simplement boulimique. Et pourtant rien n’empêche certaines personnes de vouloir tuer la poule dans l’oeuf et de vouloir développer, sans le dire, un droit d’auteur à deux vitesses, dont le rythme législatif actuel est certainement l’arme la plus dangereuse et efficace qui laisse peu de temps aux adversaires et groupes d’opposition pour organiser leur offre.

Propriétaire de fait !

C’est ainsi que la loi française décrit le droit d’auteur. Chacun est propriétaire de fait et les droits de chacun des auteurs individuels s’expriment sous plusieurs formes parfaitement identifiées (droit de diffusion, de représentation, de réserve, de repentir…). Le droit identifie aussi parfaitement la répartition des droits sur les oeuvres collectives ou de collaboration. Chacun est sensé respecter ce droit, et le gouvernement français demande aux étudiants d’être au courant de ce droit par les modules A1 et A2 du Certificat Informatique et Internet. Nul n’est sensé ignoré la loi, alors on l’enseigne (ce qui est une bonne chose), chacun agit donc en connaissance de cause. Mais alors comment tolérer les outre-passements de la loi, ces contournements ou alors les clauses d’exclusivité diverses. Un petit exemple :

Certains de nos Services vous permettent de soumettre des contenus.
Vous conservez tous vos droits de propriété intellectuelle sur ces
contenus. Ce qui est à vous reste à vous.
En soumettant des contenus à nos Services, par importation ou par
 tout autre moyen, vous accordez à Google (et à toute personne
travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier,
d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de
modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des
adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le
fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de
communication, de publication, de représentation publique, d’affichage
ou de distribution public desdits contenus. Les droits que vous accordez
 dans le cadre de cette licence sont limités à l’exploitation, la
promotion ou à l’amélioration de nos Services, ou au développement de
nouveaux Services

On remarquera qu’on affirme la préservation du droit d’auteur mais qu’en même temps on donne le droit à l’exploitation du contenu sans restriction (ou presque) dans le plus pur non respect de ces droits. Le but n’est pas ici de cracher sur Google (connu que Google ne crash pas, lui), d’une certaine façon tous les éditeurs que j’ai rencontré font un peu pareil.

A l’inverse, on trouve ces mentions :

Vous n’êtes pas autorisé à copier, modifier, distribuer, vendre ou louer
 une partie ou la totalité de nos Services ou des logiciels qui en font
partie.

Bravo la réciprocité : je t’aime moi non plus :)

Vive la paraphrase !

Continuons sur notre lancée, puisque c’est dès l’enfance qu’on prépare cela. A l’école on dit aussi aux enfants que ce n’est pas bien de copier sur son voisin. On leur demande aussi de faire preuve d’initiative et de ne pas faire de copier-coller ou de reprise de Wikipédia, mais de parcourir diverses sources et de trouver de nouvelles idées, qui viennent d’eux (au moins).

Il semblerait ainsi que les adultes aussi respectables soient-ils ne s’appliquent pas toujours ces règles à eux-mêmes. Que penser de ce billet de Sony visant à contourner le droit en faisant de la paraphrase (ce qui comme chacun sait n’est pas vraiment de la copie) ? Ce n’est pas la première fois que Sony agit ainsi. On l’avait déjà vu bafouer le droit de la Fondation Blender concernant des films libres publiés et d’autres cas encore (VLC…)

Finalement reparaphrasons toutes les oeuvres. C’est d’ailleurs un exercice de style fort intéressant auquel des auteurs se sont déjà collés (Queneau en particulier), mais voilà bien que Sony nous montre la porte de sortie. Puisque seule l’oeuvre réalisée est protégée et en l’état, et non les idées, qui appartiennent à tous, alors paraphrasons ! Cela sera un exercice très amusant, risque au passage de faire perdre le gout du style ou du détail, ou au contraire de le révéler. Qui sait ?

Comme vu en commentaire sur linuxfr :

En gros:
 - SONY: droit de piratage pour gagner de l'argent
 - SONY: lutte contre le pirate pour gagner encore plus d'argent

L’ambition de tout ceux qui veulent renforcer la dite propriété intellectuelle serait de protéger l’innovation et la création en développant ces restrictions du public à leur profit alors justement que les industriels et entreprises de contenu sont les premières à les bafouer, à bien plus grande échelle. Rien d’anormal, apparemment, puisque les enjeux sont du côté des entreprises, non de l’utilisateur (mais pardon, l’utilisateur aussi a ses propres enjeux !).

On dira le règne de la gratuité et les gens ne veulent plus payer !!

Allons donc prendre les choses autrement. Est-ils normal de payer pour du contenu tombé dans le domaine public (livres, musiques, partitions, BNF qui peut d’ailleurs monnayer les documents dont elle est dépositaire). En France tout éditeur a cette obligation de dépôt à la Bibliothèque Nationale qui doit ainsi jouer un rôle de préservation du patrimoine culturel, en assurer l’accessibilité à tous de façon équitable (sauf évidemment contrainte spécifique de document rare et fragile). S’il y a impression de livres ou musique et diffusion, évidemment que cela peut se monnayer, mais pourquoi faire perdurer ce système comme base de l’ensemble s’il est un frein au développement culturel et à la reconnaissance des auteurs dont l’oeuvre est tombée dans le domaine public. et qu’il pourrait à l’inverse prendre le statut d’exception. N’aurait-ce pas en plus l’avantage d’inciter à renouer avec les bases et évolutions historiques des cultures pour mieux preparer des avenirs ?

DANS LES LIMITES PERMISES PAR LA LOI, GOOGLE, SES FOURNISSEURS ET
DISTRIBUTEURS, DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ POUR LES PERTES DE
BÉNÉFICES, DE REVENUS OU DE DONNÉES, OU LES DOMMAGES ET INTÉRÊTS
INDIRECTS, SPÉCIAUX, CONSÉCUTIFS, EXEMPLAIRES OU PUNITIFS.

Bientôt on nous vendra du Balzac on nous disant que ce n’est peut-être pas le bon texte à l’intérieur :)

Alors certes : reprenons alors les règles d’utilisations de Google. Combien d’entreprises utilisent ces services parce qu’ils sont gratuits tout simplement. Et risquent par là même leur activité par la perte de données sensibles. Est-ce bien raisonnable ? La gratuité n’est donc pas que l’apanage des adolescents en manque de loisirs. La gratuité serait un mal global, qui ne s’arrête pas aux échantillons gratuits et au saccage des vernissages d’exposition. Bref, un mal si généralisé, qu’il est sûrement un bien (je n’imagine pas tous les gens qui m’entourent comme des masochistes). Et si ce mal est généralisé c’est peut-être qu’il devient norme et dans ce cas, il faudrait revoir toutes les lois pour qu’elles suivent cette évolution au lieu de vouloir interdire ce qui peut sembler inéluctable. Bref ne pas refuser le bien, ne pas refuser la part de don qui est inhérente à toute vie sociale.

Les éventuels litiges liés aux présentes Conditions d’Utilisation ou aux
 Services seront régis par les lois de l’État de Californie, États-Unis,
 à l’exclusion des règles de conflit de lois de cet État. Toute
réclamation liée aux présentes Conditions d’Utilisation ou aux Services
relèvera exclusivement de la juridiction des tribunaux fédéraux ou des
tribunaux d’État du comté de Santa Clara, Californie, États-Unis. Google
 et vous-même acceptez par les présentes de vous soumettre à la
compétence de ces tribunaux.

Petites entreprises qui avaient peu de moyens, prenez un avocat international pour vous protéger, c’est tellement plus simple.

Ainsi, on voudrait nous dire que le droit est juste et qu’il protège l’intérêt général. Le preuve en est bien que ce principe n’est plus valable, qu’il ne protège ni l’intérêt général ni les plus faibles face aux plus gros ! Bref la loi perd peu à peu sa valeur sociale et politique et dans le même temps la reconnaissance qu’on peut lui apporter. Bref pourquoi la respecter si elle n’est pas le fruit d’un réel compromis ? résultat d’un projet de vie et de développement commun. Ce qui m’horripile dans tout cela, c’est que la culture qui est le fruit de l’intelligence humaine, du respect et finalement pourrait être un modèle de développement de la liberté (et qui le revendique), devient le pire exemple de ténacité policière et de censure en projet. Cela a débuté il y a bien longtemps mais dépasse à présent des limites difficilement acceptables et justifient largement les crispations actuelles des utilisateurs puisque tous ces utilisateurs sont aussi des auteurs que l’on spolie allégrement. “Le ciel vous tienne en joie“.

 

Les auteurs et leur droit

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La question du droit d’auteur devient, à l’ère de l’économie du contenu et de la connaissance, un sujet de débat voire de combat permanent. On voit un peu partout les risques pesé sur la liberté de création et sur la liberté d’expression. Mais les discours peu clairs fleurissent tant la complexité du problème est grande, au point que c’est la liberté d’expression et de partage, base fondamentale du corps social comme l’ont montré de nombreux sociologues et anthropologues, qui peut s’en trouver attaquée. En tant qu’auteur à divers titres et sur diverses activités j’ai souhaité faire à nouveau un petit point pour expliquer certaines visions.

les conditions du droit d’auteur

La première chose qui caractérise à l’heure actuelle le droit d’auteur (je préfèrerai dire les droits des auteurs) tient surtout dans les crispations engendrées en particulier par les craintes de voir l’impact négatif des technologies numériques. Ces crispations sont à tous les niveaux : auteurs dont les rétributions n’augmentent pas malgré la diminution des coûts de production et de diffusion; éditeurs et vendeurs qui perdent leur marché et “monopole” face à de nouvelles pratiques; structures de perception es droits qui vivent de tout ça et qui n’ont pas envie que le système change,quitte à ignorer les nouvelles pratiques de création et de publication. Même les amateurs de culture libre fustigent parfois les documents non libres, voire les documents libres et payant. Bref, tout se mélange et les perdants sont les principaux acteurs cette bataille : les auteurs qui créent, les amateurs qui voudraient en profiter. Les intermédiaires, comme leur nom l’indique, ne sont pas nécessaires même s’ils peuvent avoir leur place et leur raison d’être à un moment donné de la production ou de l’histoire.

L’injustice du droit ou de son application

Il y a certaines choses qui m’étonnent dans certaines de ces crispations : un auteur est détenteur de fait des droits de sa création. Un auteur est celui qui crée, imagine l’oeuvre et lui donne vie, une existence. Dans le cas des livres, d’autres professionnels créatifs sont en oeuvre (par exemple le maquettiste), ou encore les développeurs de logiciels qui offrent des possibilités créatives. Je n’ai jamais vu les noms de ces “auteurs invisibles” sur les documents : ils sont simplement ignorés par le système; étrange lorsque l’on sait que certaines branches de l’informatique sont protégées parle droit d’auteur. Bref, loin de moi l’idée de vouloir faire un mélange des genre et de dire qu’un informaticien est un artiste et qu’un artiste est informaticien, il n’empêche que cette crispation me semble particulièrement décalée dans un contexte où il s’agit déjà d’un privilège. Qu’est-ce à dire lorsque ce n’est plus l’auteur qui bénéficie des plus-values de son oeuvre, mais les “ayant-droit”, bref n’importe qui qui a été assez malin pour acheter les droits pas trop cher et va en profiter longtemps. Finalement, le travail de l’artiste est-il si important qu’il doive être ainsi protéger de façon disproportionnée au point de priver le public d’une oeuvre éventuelle pour en organiser stratégiquement la rareté et en augmenter la valeur. Cela est-il bien raisonnable à un moment où les pratiques culturelles n’ont jamais été aussi partagées, que les amateurs sont parfois meilleurs que les professionnels, bref que les valeurs traditionnelles sont questionnées par un tas d’acteur.

On parle en leur nom, et on ne les entends plus

Il semblerait donc que la discussion entre les détenteurs de rentes culturelles (acquises récemment dans l’histoire) et les nouveaux acteurs soit impossible tant les premiers se braquent et que les seconds s’en énervent. Ainsi au lieu d’avoir un développement homogène et complémentaire, les deux modèles s’opposent avancent au coude à coude jusqu’à ce que l’un tombe ou soit englober par l’autre. A l’heure actuelle, les auteurs ont du mal à s’y retrouver et à comprendre tous les enjeux; la plupart d’entre eux vendent peu, très peu, et n’ont aucun gain significatif. Cette guerre, peut donc leur sembler démesurée. Ils y perdent un peu leur esprit, et alors que les éditeurs et institutions de perceptions doive gérer les droits pour eux, le problème est tellement important qu’ils en ont la tête pleine et que les discussions finissent par polluer les salons littéraires : bref ne parlons pas du contenu de l’art, mais de la stratégie du monde de l’art. C’est bien cela ? Les auteurs secouent les mains pour se faire voir, mais cela devient compliqué entre le juridique et les best-seller et les prix littéraires, il reste peu de place pour le travail au quotidien de l’art et la diversité.

le bienheureux couple auteur-public

Les autres perdants sont bien sûr les les lecteurs et autres amateurs destinataires. Ils sont montrés du doigt comme des voleurs (comme si la culture appartenait à quelqu’un) et la suspicion pèse sur n’importe quelle personne affirmant qu’elle utilise régulièrement internet. Ensuite, l’allongement de la durée des droits des auteurs est évidemment au détriment du domaine public. Bref, l’État abandonne son rôle de compensation entre les producteurs de “bien culturels” et les utilisateurs, au profit de premier, au risque de rendre la culture trop chère pour de nombreuses personnes ou impraticable (sur simple décision d’un ayant droit qui ne respecte d’ailleurs pas toujours la volonté de l’auteur initial). Rendre les oeuvres au monde auquel elles appartient me semble un acte fondamental ainsi que le rétablissement d’un équilibre au risque d’assécher la création et les pratiques d’inspiration, de mélange source depuis des siècles de l’évolution culturelle, par simple appropriations.

Bref ne serait-il finalement pas une solution de laisser s’enfermer ceux qui le souhaite et partager ceux qui le souhaitent aussi ? Bien sûr c’est en quelque sorte le le pari des licences creative commons. Il en faudrait cependant pas que la loi, au-delà d’assécher la création, en vienne aussi à assécher les moyens de sa diffusion, ce qui rendrait alors particulièrement injuste et déséquilibrer les moyens d’expressions en les laissant dans les mains de quelques “magnats”. Faut-il valider le fait d’un monde à 2 cultures une fermée, irrécupérable, une ouverte et couper définitivement les ponts entre les deux ? Bref comment protéger les utilisateurs face aux abus législatifs ? Bref, pour employer des références : quand fera-t-on coincider le recto et le verso des pratiques culturelles ? Va-t-on un jour réussir à relier les différents points de vue ? Comment façonner un nouveau monde culturel non limité ? Le problème n’est peut-être pas de définir avant tout les droits des auteurs, mais d’abord la vision de la société d’avenir que nous souhaitons, entre le chacun cloitré et le tous ensemble ! Bref, comment rétablir la confiance, ce que le droit ne saurait faire, et qui est pourtant essentiel à toute société.