S. Coleman : les idées appartiennent à tous

    Il n’est pas rare d’entendre des arguments du genre : “tout travail mérite salaire”. Un problème surgit lorsqu’une activité n’est pas nécessairement considéré comme un travail. Cette perception peut-être due soit au fait qu’il n’y a pas de visibilité sur la quantité d’effort fourni, en terme de temps (pas d’horaire fixe) ou en terme de compétence (je dessine, tu dessines, nous dessinons, vous dessinez…).

    Cependant lorsque votre vie consiste à produire du contenu non nécessaire à la vie. On voit bien que la charge du nécessaire diminue dans nos dépenses mensuelles : j’exclue bien sûr là-dedans, les téléphones, les voitures… parce qu’on peut réellement vivre sans. Finalement, même si l’industrie a réussi à faire considéré comme travail la création et production d’un bon nombre de produits inutiles, il y a des secteurs où la tension est plus forte. La musique, par exemple, n’a pas besoin de l’industrie musicale pour exister. Les auteurs d’écrits, autre exemple, n’ont pas besoin d’éditeurs pour écrire, éventuellement pour être plus visible.

    Dans les deux cas, les artistes doivent choisir ce qui peut être réalisé à partir de leurs oeuvres. En art comme ailleurs, on est toujours fils de son temps. La créativité d’un artiste est donc en général limitée, ou contextualisée diminuant de fait l’originalité propre de son apport, sans pourtant en réduire la valeur symbolique. On a tendance à entendre ici et là qu’il faut protéger les droits des auteurs. Mais contre qui ? Il est étonnant de voir que le droit d’auteur qui a principalement visé à renforcé le droit des auteurs face aux éditeurs (les industriels, david contre goliath) est maintenant le faire de lance des éditeurs qui affirment protéger les auteurs.

    Dans le logiciel libre, nous sommes depuis longtemps parti par un autre chemin et je suis toujours heureux de voir que cette voie peut aussi partagée par d’autres, et pas des moindres comme par exemple Steve Coleman.

    For the most part commercial development has inhibited growth by introducing concepts of ownership, exclusive or restrictive ideas, and the concept of paying for information which in many cases is available for free elsewhere

    Bref, gratuit ou pas, la mise en accès a au moins l’avantage d’instituer le fait que l’argent ne doit pas être une limite à la diffusion du savoir et de la création. Il y a donc un compromis à trouver entre le profit privé et le bien public :

    Giving some ideas and music away does not mean that all needs to be given away for free. (…) Overall I manage to make a living.

    Evidemment, tous les artistes ne sont pas dans cette situation favorable. Mais comme l’affirme Coleman, en faisant cela, on remet l’essentiel au centre : la musique, le concert, les rencontres et on dissocie la musique de son aspect industriel.Cela me semble valoir le coup d’être rappelé.

    à lire : http://www.m-base.com/give_away.html

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