Préambule à une ile manifeste

    C’est-à-dire comment on regarde le temps qu’il fait pour se vêtir des vêtements adéquats avant d’aller mettre un pied dehors.
    Suite à une discussion avec Juvénal et Simon, voici quelques lignes sans prétention qui répondent à la demande qui m’a été faite de présenter mes quelques réflexions initiales élaborées dans le cadre de l’Ile Manifeste, mais sans lesquelles rien ne peut se faire. Dans ces quelques lignes on retrouvera certainement une foule d’éléments écrits à la volée. Certains resteront certainement et d’autres passeront. Ce qui compte, il me semble, c’est d’y voir une manière de se gonfler avant le départ, une manière d’oxygéner l’esprit (ou d’y apporter de l’oxygène extérieur et pourquoi pas même martien). J’y vois une manière de poser les cartes sur la base d’un jeu choisi et à partir de là de les tirer et d’en extraire des situations et significations.

     

    D’abord, il faut noter que les thèmes portés dans le cadre de l’IM (Ile Manifeste) ne sont pas d’emblée évidentes pour moi. Je les développe dans le cadre de ma participation au SEPA et c’est d’abord cela qu’il me convient d’interroger.

    Force est de reconnaître qu’il y a une incitation et à plusieurs niveaux :

    • je suis VP et je dois porter les projets décidés par l’assemblée et auxquels j’adhère normalement;
    • je suis dir. de la publication, c’est un bien grand mot, mais j’ai le sens de la responsabilité, et je pense qu’il m’appartient de remettre en mouvement des projets qui peuvent stagner (entre autre une publication) ;
    • on me demande globalement de m’inscrire dans la politique de communication écrite : écrire des communiqués, édito …

    Je reviendrai tout à l’heure sur l’inscription de ces incitations dans un ” projet ” individuel (on comprendra peut-être tout à l’heure pourquoi projet et cela ramènera peut-être des souvenirs à Juvénal). Mais s’il s’agit de m’approprier ce cadre de réflexion ouvert par le SEPA, il faut aussi à un moment qu’il retourne aux autres. Ainsi, cela me questionne sur les relations qu’entretient un individu dans un cadre tribal (soit-il associatif !), voire plus large (certains iraient jusqu’à sociétal !!). Parce que si l’artiste est en droit de réclamer des droits comme ceux d’une utilité SOCIALE, il faut nécessairement admettre que son devoir est de retourner son travail à la société, de ses socialiser (sans nécessairement vouloir prendre en compte des cadres sociologiques).

    (si je peux me permettre de maintenant vous parler en ces termes !)
    En maîtrise, je travaille sur la transparence, ce qui m’ouvre aux problèmes d’honnêteté, de l’éthique, de l’individu et de ses rapports à autrui en général … La première forme (hors contexte universitaire) de cela est la mise en place d’un appareil de transformation dont le but est de dévoiler différentes facettes d’un texte [je me base alors sur une étude de Deleuze sur le souffleur de Klossowski]. En gros, l’individu l’est-il réellement ou combien d’individu suis-je si on m’analyse du point de vue de mes situations, connaissances (au sens des rapports à autrui) [évidemment dans tout cela, on retrouve encore la position de l'artiste, mais ma position d'alors est plus large]. J’en arrive à la question : Qu’est-on dans notre multiplicité ? Par elle, j’essaie d’éviter l’écueil de ce qu’on appelle l’art ” relationnel ” et qui place souvent l’artiste au centre. J’essaie de rester un peu en retrait, et c’est comme cela, que même si parfois je regarde par la serrure, ce sont les autres qui ouvrent la porte. Ce qui implique :

    • en en rappelant à Sartre, j’essaie de rester, en tant qu’artiste, hors de visée . J’essaie de faire en sorte qu’elle (ma démarche) se révèle une fois la porte ouverte [d'ailleurs et dans ce cadre, j'aimerai savoir à quel titre Guéna a insisté pour que je me présente au CA]. [difficultés : Alors pourquoi je me revendique comme artiste au Comité ? puisque c'est le sens du SEPA d'être poussé par des artistes].
    • ce sont alors les autres qui me font, et qui font en partie la forme de ma pratique et sa reconnaissance (mais n’est-ce pas le lot de nombreuses choses ?) à l’origine masquée puisque non révélée.

    Le travail s’effectue pour ceux qui le reconnaissent et c’est cela que je travaille quotidiennement.
    Il y a donc un rapport de confiance [= confidence ?] qui implique confidentialité, alors que c’est le débordement de cette confidentialité qui fait avancer ma vie comme projet que les autres font de moi.
    Il y a une sorte de procuration, délégation érigée en système de constitution (dans tous les sens du terme). Les autres gardant toujours le meilleur pour eux, je suis une sorte de curateur (celui qui nettoie) et qui à aucun moment ne peut dire qu’il n’en a cure ! Ca doit être mon côté taoïste.

    Parce que c’est bien là que je veux en venir, et j’espère que ce que je viens de dire apporte des éclaircissements. Je me situe toujours dans un contexte à partir duquel j’essaie de voir l’avenir. Les éléments que je fournirais seront d’abord un ensemble de références auxquelles je vais m’accrocher en y adhérant ou m’en inspirant, ou m’y accrocher en m’y opposant. La position des autres compte autant que la mienne. Ainsi, dans un tel cadre ” définitoire ” (j’espère que ça se dit), je peux d’ores et déjà faire appel à Danto. Mais toute réflexion que je tente de développer, si abstraite soit-elle, se ramène subrepticement à des possibilités de production artistique même si ses productions ne sont jamais ou rarement mises en œuvre puisque ce n’est pas mon sujet [j'ai un cadre de production qui est encore mal défini, ou plutôt qu'il se redéfinit continuellement mais qui est plutôt pensé comme un coup de pouce au projet principal]. Finalement je ne suis toujours pas très éloigné de ma notion d’origine la transparence, à laquelle on assimile souvent l’invisibilité [je préfère parler des conditions de visibilité], et que est la marque du quasi refus (non incontournable) de la production d’objet. Dans le cadre qui nous intéresse plus particulièrement, je cherche d’abord à savoir comment l’ individu [je ne sais pas encore comment bannir ce mot] se constitue dans un environnement, un environnement naturel, et ce que l’homme (l’hum’ ni masculin ni féminin) retourne à la nature (par exemple en tirer une explication sur l’occupation actuelle de l’île).

    J’ai toujours été confronté par la présentation d’une pensée en construction. En la comparant, à celle de Simon qui nous a déjà fait le plaisir d’une expo et d’une nouvelle idée, je me sens un peu faible dans les deux sens de l’échange. Je n’ai pour l’instant aucune remarque à faire à notre Simon et j’espère qu’il trouvera dans ce que je laisserai au fur et à mesure des éléments qui l’aideront ainsi que chacun de nous. Une fois encore, ce qui sortira de ce que je fais aura les prétentions qu’on voudra bien lui attribuer.

    1. Deleuze : Logique du sens, Paris, Ed. de Minuit, 1989
    Je n’ai pas d’affinité particulière avec Deleuze, mais j’ai souvent trouvé dans sa manière de se référer à d’autre des choses qui m’intéresse. Ici, je regarde particulièrement, l’analyse sur le Vendredi de Michel Tournier, et toujours (bien sûr) l’analyse sur Klossowski.

    2. Deleuze : Qu’est-ce que la philosophie, Paris, Ed. de Minuit, 1991
    Et plus particulièrement, la partie ” Geophilosophie ” dans laquelle il développe une analogie entre concept et territoire.

    3. Rousseau : les rêveries.

    3. Atlas de la biologie, Paris, livre de Poche, 1994, dir. G. Vogel et H. Angermann
    A l’opposé de tout cela, une vision ” brute ” de l’animalité(naturalité) des questions de sol et de territoire. Toujours très instructif.

    4. Michel Serres : je me donne comme objectif de relire ‘les 5 sens’ puisque depuis ma maîtrise je l’ai un peu oublié.

    5. si l’individu est une utopie dans sa signification même, je dois y chercher des références qui me manquent un peu.

    6. relire Nabokov : La transparence des choses ?

    Mais globalement j’éviterai d’avoir trop de références bibliographiques, puisque j’aimerai tirer des choses de moi ou de nous (même si je ne suis pas couper d’autres plus célèbres), même si cela n’est pas aussi prometteur. J’espère que cela permettra de m’ancrer un peu plus sur le site dont il est question, puisque ma difficulté majeure va tenir en cela.

    De toutes façons, puisque je ne suis pas habitué à ces notions, je suis contraint de tout prendre au début.

    L’Ile St-Martin c’est d’abord une ile, on y reviendra. A part cela, elle se se caractérise par la présence massive de jardins (que l’on dit ouvriers), dont certains sont salon d’été (jardin de détente), d’autres lieux de culture. Une autre partie consiste en une étendue sans attribution longée d’un côté par l’eau de l’autre par des bâtiments.

    Lorsqu’on intégre l’île et qu’on passe en arrière des bâtisses, c’est ce vaste plan que l’on traverse d’abord.

    Cela peut d’abord faire croire à une sorte d’abandon, un espace où la nature serait laissait à elle-même. On pourrait y vagabonder. Aucun obstacle ne se dresse apparemment en ce lieu, et pourtant quelques chemins semblent faire l’unanimité. Les quelques usagers seraient trop disciplinés au point de ne plus pouvoir sortir des sentiers battus ?

    On arrive ensuite aux jardins. Ici, les voies sont clairement travaillées, recouvertes de caillasses et utilisables par des véhicules. Elles desservent l’utilité de ces zones individuelles qui scandent la marche. Que penser de cet ensemble de lieux qui voudrait être ancré dans un passé, situé à l’entendre dire hors-consumérisme ?

    Qu’est-ce qui est le plus de la terre ? On a cet esprit que l’on qualifiera de paysan et qui voudrait être fortement ancré à la terre, en plus de l’être au passé, en appelant à des valeurs de qualités de vie etc. On a aussi cet espace ” abandonné “. Est-ce que la terre est d’emblée une valeur ? Et le sol comme surface qui définit la séparation entre un monde aérien et un mode souterrain ? Quelle genre de valeur serait cette terre : nourricière, plaisancière, p-ê et surtout historique ?

    Dans l’historique on a bien sûr de constant rappel à la parfaite tradition idyllique. Mais on a aussi l’enterrement qui en appelle à la fois au respect des anciens, mais aussi p-ê à un espoir, celui d’une résurrection. La terre étant nourricière, étant l’élément de base des végétaux, peut certainement redonner vie aux êtres, l’intégrer à une continuité naturelle tout en permettant une sauvegarde individuelle. Nouveau sens ajouté à la terre, ajouté à celui de son utilisation agriculture. On est déjà bien en dehors d’un ” état de nature ” à la Rousseau. Il y a déjà une socialité qui a induit des comportements de survie supportés réciproquement.

    Le nourricier serait ce qui a trait au végétal, à la différence de l’urbain qui serait emprunt de présence minéral. Mais c’est un végétal particulier, d’ores et déjà artificialisé dans l’utilisation qui en est fait. La nature ne serait nourricière que par l’intervention humaine, mais de l’autre côté, la nature serait inféconde par l’action humaine. Des gratte-ciel végétaux, peu sont laissés à leur propre concurrence. On se situe dans les deux cas confronté à un acte d’émancipation de l’homme. L’émancipation, c’est aussi penser le monde comme une extension de soi et non plus l’inverse. C’est un genre d’appropriation.

    C’est donc l’intervention humaine qui définit les espaces par-delà les délimitations naturelles, et la valeur terre. En paraphrasant Deleuze on peut dire que la terre n’est territoire que peuplée d’autrui. L’homme se superpose à la nature. Ce qui semble abandonné est considéré et aussitôt colonisé par de nouveaux usages qui viennent le valoriser. On entre dans le cadre de valeurs qui ont à un moment un répondant moral. La colonisation naturelle se fait peu à peu suivant la disponibilité des immigrants et du territoire. La colonisation artificielle est décidée et répond localement à un POS (plan d’occupation des sols). Il conviendrait d’insister sur le terme ” occupation ” qui apparaît être avant tout, par ma situation, la place que je retire à l’autre. Parce qu’on entre alors dans une discussion qui n’est plus celle de la terre en tant que valeur absolue, mais en tant que projection rationalisée. Aussi, la propriété comme forme de territorialisation, est une manière d’être à l’autre. L’utilité décidée doit être définie et reconnue, voire imposée. L’espace dont il est question est alors (définitivement ?) entré dans le champ humain, dans le champ des compétences humaines. Le POS fait état d’un découpage de l’espace, et de l’attribution des nouveaux espaces en terme de propriétaires et de priorités (s’entend-il objectifs). Il donne un sens aux choses. L’organisation se fait dans la forme d’une inclusion du monde dans le social qui en vient alors à s’ériger en règle. La gestion politique, économique ou sociale de la terre pense la répartition en terme d’intention, qui ne fait qu’hypertrophier le mouvement intentionnel1 de la conscience et de la pulsion de voir. La présence, c’est la mondanité de ce qui se positionne devant le regardeur. Dans la manière de référencer l’espace et de l’attribuer, de définir ses propriétés (dans les deux sens de possession et de caractéristique), il s’agit aussi de l’établir en espace de référence afin de gérer la colonisation de la terre, dont la gestion est le premier joker de la gestion des hommes. Le territoire se définit lorsqu’un sens est attribué à un espace. (cf. noter l’utilisation du terme espace et voir s’il est juste).

     

    Plus que cela. Le POS donne le droit et conseille même d’enclore, de refermer l’espace sur lui-même. Est-ce une manière de le protéger ou de le rendre plus vulnérable (à l’assiéger)? Toujours est-il que la jouissance de l’espace devient exclusive, en terme de propriété (il faudrait revenir sur la polysémie du terme) ou d’usage (idem). On en vient à appeler la terre : territoire. Le territoire, c’est ce qui est marqué et qui montre patte bien haute sa différence avec l’autre. Le sens du territoire est souvent sa destination (utilité), ajouté à sa distribution(en termes spatiaux et de propriété). Il serait une conscience tournée vers le monde mais qui retourne une certaine conscience de soi :, actif comme construisant une représentation [mais je préfère rester méfiant sur ce genre de truc où l'homme se cherche lui-même comme conscience ce qui impliquerait que la conscience ne soit pas une évidence, ce qui entraîne la question de la conscience dela conscience et comme ça on peut aller loin]. Il marque un échange restrictif, sauf au cas où le territoire de l’autre est ressenti comme devant entré dans mon champ. C’est parce qu’il concentre les énergies humaines que le territoire peut devenir un problème. Territoire et tolérance (dans ses divers sens : adaptation aux facteurs externes …), et voire aussi les tabous du territoire.

    Cf champ sémantique similaire : Domaine, champ … entre le découpage du sol et la pensée. On pourrait voir les rapports le cadre d’apparition du code cartographique et la propriété.

    Il semble important de pousser cette thématique de l’échange dans le cadre à la fois de la perméabilité des territoires (octroi, douane …, et les problèmes de voisinage) et des espaces neutres (routes, ambassades : ça dépend du niveau territorial dans lequel on se situe)(comparer avec Mauss), voir aussi les règles d’échange de territoire entre autre lors d’armistice. Il y a un réel problème des frontières qui sont faites pour être obstacle et qui jouent aussi contre l’échange. Comment rétablir une perméabilité entre échangeurs et comment d’ailleurs des fleuves servent souvent de limites territoriales. Cf. Aussi Flatland sur les représentations contraignantes de l’espace. NB : lorsqu’on parle d’espace aérien, on parle de territoire aérien. Idem pour l’eau [il faudra bien sûr fortement interroger le pb de l'eau dans tout ce qu'on fera, étant donné l'importance qu'elle a pour l'île]. Le territoire ne concerne pas que la terre et une nouvelle question se pose alors, c’est celle de la valeur des ressources qui sont mises en causes : ressources naturelles ou non. La ressource définissant elle-même le type d’utilitarisme appliqué à la terre.

    Finalement, la terre perd sa fluidité, que dire donc de l’eau, superfluidité ? Dans le cas de l’ile, c’est l’eau qui sert de séparateur, initiateur de discontinuité, dans toutes les directions. Seules des liaisons mobiles ou des ponts peuvent la relier à d’autres, la sortir de son isolement (A moins de s’équiper chez Ariane, pas celle du fil [quoi que !!] mais celle qui décolle). Alors, la hierarchie que l’homme impose au monde marque sa préférence pour la terre. Comment considérer son intérêt pour d’autres, eau ou espace (ex le projet de bouclier US) ou forme non violente de possession : forme psychologique par l’impact de l’exploit (” nous avons marché sur la Lune et en plus nous représentons l’humanité c’est-à-dire, tout le monde partage notre ambition ou nous représentons tout le monde “) . Voir d’ailleurs les projets de colonisation des sols extra-terrestres (biosphère …) ou pourquoi tant d’effort pour un si petit espace ?
    Comment d’ailleurs interpréter des territoires qui sont modifiés par le déplacement des éléments, comme dans le cas des inondations (débordements, hors-bord, hors-champ ou plutôt dans le champ sans qu’on n’ait rien demandé) de l’île, ou du passage de l’eau. Appelons-en au pré-socratique qui aimait à dire qu’on ne se baigne jamais deux fois dans un même fleuve. (Après cela, on sera tous fan de Waterworld et du beau Kevin Costner.) Le cas des fluides est donc particulièrement intéressant (voir la guerre de l’eau au Moyen-Orient). Comment conçoit-on l’eau (et pourquoi pas l’air cf. le projet de H. Haacke de sculpture avec des oiseaux en vol), la mer et les fleuves. Ils ne sont pas stables, sont voués à des échanges de matière et d’énergie, la mer a une profondeur en grande partie inaccessible. Comment on se projette sur ce qu’on ne peut encore atteindre, voire coloniser ? S’il y a velléité, pourquoi puisque les ressources nous sont encore inconnues (et pourtant “On a marché sur la Lune”)->(Et qu’en pensent les habitants de la Lune ?)

    Les comportements du territoire : guerres en tous genres, tabous (freud,mead) et transgressions (bataille). Savoir si le boulet, on le traîne ou on le tire. Interroger le point de mire / au point de fuite. Voir aussi ce que cela implique dedire à quelqu’un ” Pousses toi de là, tu me fait de l’ombre “. Ou comment le soleil en position peut appartenir au sol. Appropriation détournée d’un objet distant dispensé à chacun (est-ce l’intentionnalité ?)

    Territoire et jouissance de (cf Article de Diderot). Que devient la jouissance avec son partage : cf. les nouvelles méthodes techniques de surveillance visuelles et auditives par satellite … : il n’y a plus propriété exclusive du regard ou du son (seulement propriété du point de vue [et encore faudrait-il y voir le problème du tourisme comme partage organisé]. Voir la règle de la distance de convenance (en l’appliquant à l’espace mais aussi au temps).

    Les données objectives du territoire : ce qui nous attire chez les autres n’est pas ce qu’ils en font ? (remettre en question l’aspect trop économique : y aurait-il du superflu que l’économie ne ferait que justifier ?).

    On pourrait aussi se poser la question du territoire du renoncement chez les cyniques (Diogène), les animistes, ou dans la Tao.
    La terre se perd dans le territoire au moment où elle devient un projet, ce projet définissant un sens projeté par qqn sur l’espace. Lorsque ce projet n’est pas celui d’un éventuel occupant, il y a conflit. La paix nécessite une sorte de coïncidence des projets. (C’est ce qui se passe par exemple dans le Baron Perché de Calvino où personne ne peut s’opposer à une vie dans les arbres, puisque personne n’y vit).

    Le territoire est une forme de pensée de la terre voire du paysage. En prolongeant la question de l’échange entre la nature et nous. Lequel s’impose ? et questionner la place de l’homme : environnement/imparent. (par ex. la perspective et son sens symbolique).

    Imparent : J’ai développé le terme imparent lors de ma maîtrise. Il servait à définir les fluides tq airs et eau, dans lesquels l’homme peut se retrouver. Il désigne un élément dans lequel s’inscrit le corps et qui influence nécessairement la vision, même si cette vision ne peut s’établir sans cette médiation. Ce qui peut influencer ce sont des effet de surface direct2 ou de densité … Ce qui importe aussi c’est de sortir de l’environnement au sens propre, qui place l’homme comme origine (comme si on devait se conformer à la vieille théorie de l’œil-ampoule, ou une autre perspectiviste).

    Pourquoi cette volonté de maîtrise sur fond de dépendance (cité-jardins, ceintures vertes et parcs) ?

     

     

    Voire même la pensée comme territoire. La discipline comme territoire, le principe de fragmentation. Fragmentation issue de l’influence haptique ? [cf. à la base A. Riegl ou physiologie de l'œil : la Fovea]: un regard orienté vers des moments particuliers de son attention retravaillé dans un souci d’unité, voire de totalité (ce qui transforme la pensée unitaire en pensée totalitaire et fait de la pensée une pansée, qqch qui se développe genre pandémie en essayant d’arrêter l’hémorragie cérébrale) [dans le plus que célèbre Urgences , ils parlent souvent d'embolie, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement ici entre ce qui embole et ce qui symbole]. La fovea c’est justement cette partie de l’œil qui concentre l’attention, laissant au reste de l’organe le soin de récupérer les informations en préparation, d’organiser le monde en terme de possibilités qui sont autant de points de mire ou de situations futures à analyser. La focalisation n’empêche pas un travail inconscient plus large qui sert à préparer le travail conscient.
    On va être obligé d’admettre la confrontation de plusieurs champs (point de vue).
    Il y a extraction de quelque chose du vivant, extraction d’un élément récurrent; cet élément est nommé et devient un référent : il a une effet masquant. Les objets deviennent autant d’occurrences du terme. On peut alors se poser la question du lien établi, conservé ou non ou comment. Le langage participe de cette possibilité physiologique.

    Le symbole marche par association (??? > avec) alors que l’embolie se situant par l’intérieur fait obstruction (comme on dit au foot).

    Il y a des raisons de confort à cette méthode, qui amène d’abord une relative constance de l’extérieur, et qui permet d’obtenir des critères de prévisibilité. Comprendre des objets comme relevant du même vocable, c’est l’intégrer d’emblée dans un construit. La sélection opérée par le langage est donc significative par la constance qu’elle amène. C’est alors lui qui en partie conditionne la perception du monde, d’où l’intérêt de s’y pencher. On comprend alors mieux comment à partir de là, tout comportement semble être appropriatif : cela se joue au niveau de capacité d’interprétation immédiate de données complexes, de mémoire, voire de son érosion, des objectifs du moment. Il serait à dire que tout cela est un combat contre la confusion, contre le relativisme (on pourrait interroger la philo sur ce sujet, voir en même tps sa critique des arts mimétiques cf.Platon). La pensée c’est donc bien qq part mettre une attelle, emplâtrer et bander ou panser pour que les choses(par ce qu’on en a retenu) semblent se tenir.

    Poursuivons : l’individu se définit-il par une identité ? Ou cette identité ne peut-elle pas être mobile voire diverse. Il paraît qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !! Là je retrouve un semblant de mes préoccupations qui ne sont pas directement liées à l’identité, mais qui y participent nécessairement.

    A l’opposé de la méthode définitive (” ceci est cela “), il y a une manière relativiste de voir les choses. Mais il y a alors le risque de voir la question prendre trop d’importance. En effet, Vouloir modifier le point de vue , c’est se demander ce qui est visible d’ailleurs. De la même façon, c’est se poser la question de ce que cela change. Se remettre en cause c’est se poser des questions, où les questions prennent la valeur même de réalité (parce qu’il est établi qu’on ne peut être partout à la fois). On tombe alors dans un modèle progressiste, ou le questionnement est la marque du progrès, puisque selon le principe relativiste aucune réponse ne peut être meilleure. Si tout se vaut, ce qui vaut plus c’est ce qui en oit le plus. Lorsque disparaît le contenu, c’est la quantité qui est jugée. Le contenu peut alors être compris comme qualité. Lorsque se poser des questions c’est être plus proche du vrai sans admettre le vrai. Le monde sans réponse est un monde sans révélation qui n’a plus de contenu. Ainsi, trop d’autrui tue autrui. Au-delà, trop d’autrui me ramène trop à moi-même comme autrui me ramène simplement à moi-même.

    Mais surtout, comment la nature peut nous inspirer. (je suis toujours ce principe où l’on n’est pas complètement maître de soi, voire multiple) ?

    La preuve par la science.

    Petites gloses sur les histoires qui font l’histoire :
    Il est des moments où la nature s'impose à l'esprit. On pourrait dire que l'esprit humain entre en contact direct avec l'esprit de la nature, par une sorte d'hapticité de la pensée.
    On a vu par exemple un homme faire du cerf-volant découvrir le moyen d'allumer les ampoules (mais qui n'a jamais dit que l'homme lui-même pouvait être lumineux !!). On a aussi vu des bonnes gens se reposer sous un arbre et recevoir les fruits de la foudre de Dieu. Non pas cette foudre que Zeus brandit, mais celle qui tient en une simple expression comme pomme.
    Vous aurez tous compris que celui dont je veux vous entretenir répond au nom prédestiné d'Isaac, comme d'autres le furent d'Adam, Pierre, Paul ou ... Simon.
    Cet énergumène bienheureux, assis sous un arbre un beau jour à se reposer. Il semble qu'il ait évité de se mettre sur les branches qui sont réputées pour se couper lorsqu'on s'y pose, ou pour montrer des lapins blancs. Notre homme n'est donc pas pressé que l'histoire qu'il se raconte se termine, ce qui ne cesse de faire grossir la bulle qu'il tient alors en place d'esprit. Tout inspiré qu'il est, replié sur lui-même, que pouvait-il alors lui arriver ? Peut-être de voir sa pensée se réaliser. Que nenni. Le voilà servir de réceptacle à une idée qu'il aurait aimé lumineuse qui ne sera que fruitée puisqu'il faudra attendre notre ami Benjamin pour que la lumière s'associe au spectre de la pensée. N'en est-il pas moins, qu'à l'époque de la diffusion du fameux Cogito Ergo Sum, il se serait exclamé " I ",avec l'accent particulier de sa langue maternelle. Voilà comment une douleur s'est vue à l'origine de la subjectivité dans une sciences qui voudrait se frayer un chemin d'universalité et d'objectivité, et c'est alors qu'emporté par le mouvement perpétuel du grand tout, l'arbre en vint à ne pas accepter la fonction ombragère qui lui était attribuée.
    Si Isaac avait eu un minimum de connaissance en culture populaire, il aurait peut-être surveillé le vent et évité de se retrouver sous l'effet du célèbre proverbe : " année venteuse, année pommeuse ". Parce que rien ne nous dit que ce fut le temps de gauler et que les fruits étaient mûrs.
    Sa réussite nous atteste cependant que ce dut être le cas (à l'inverse de l'aventure d'Adam). Nous pourrions faire l'anatomie de ce corps en chute, et peut-être pourrions nous comprendre les effets de ce mouvement sur l'intuition. Aussi, pour qu'une grande-idée soit un casse-tête faut-elle qu'elle obéisse nécessairement à cette règle de dureté. L'idée de Galilée aurait-elle été trop molle pour être recevable et est-ce justement parce que lui n'a pas reçu l'adjudication naturelle qu'il s'est ainsi grillé ? Heureusement, notre ami Isaac, fin cuistot, après nous avoir cassé les noix a su les mélanger à sa récolte pour lier les miettes qu'il en avait obtenues.
    Parce que sa découverte, il l'a tellement épluché, que plus il l'épluchait, plus elle s'alourdissait. Au point que le poids qu'elle avait au final était inconsidérément démultiplié par rapport au fruit initial. Quelle variété de pomme peut donc ainsi s'alourdir lorsqu'on la travaille ? Je vous le demande, mes chers. Je suis à cours d'argument, maintenant que le pépin est le cœur de notre savoir.
    Il faut croire qu'une force inconnue attirait les choses à lui. La position de l'arbre devait être toute particulière, devait se trouvait dans un alignement planétaire favorable ou je ne sais quoi. D'ailleurs est-il une seule fois mentionné qu'il soit retourné sous le même arbre. Non ! Peut-être l'arbre s'est-il déplacé, c'est la loi déjà énoncée par Héraclite. C'aurait été cependant le premier geste à accomplir pour recevoir d'autres idées attrayantes. Les généticiens contemporains on d'ailleurs passés des accords avec divers gouvernement pour que la modification de certains gènes empêche cette catastrophe de se reproduire. Autant prendre les choses à la source !
    Certains diront que ce ne sont que balivernes ; je les renvoie alors à cette petite phrase de Nikolai Gavrilovic Cernisevski : " Une pomme réelle est plus belle -parce qu'on peut la manger - qu'une pomme peinte " (in les relations entre l'art et la réalité).

    On voit bien que Newton est seul dans cette histoire. Faut-il en conclure que l’inspiration provient de la solitude, que le social n’est qu’une immense entourloupe qui enchaîne l’être dans un flux communautaire qui le dépossède de sa pensée par une soumission à des acquis, une recherche permanente de consensus. Le rêve, ce serait ce moment de reconstruction de la personne, un exhutoire constructif. N’est-ce pas le principe de la déambulation, rêverie ? et les nomadismes dont on parle tt le tps, c-a-d les nomadismes contemporains liés aux nouvelles technologies. Sont-elles réellement un affranchissement de l’espace et du temps ? (ce qui impliquerait en même temps une ouverture à tous , cf. article de L. Grasland, ” internet : un réseau et des territoires ” in La Communication, Sciences Humaines Ed., Auxerre, 1998). Y-a-t il un esprit du sol (cf. les indiens d’Amérique) ou du paysage et des ses composantes ? cf. l’animisme ? Le cheminement de la pensée est-il le même dans l’urbain et en dehors ? Luther Standing Bear : ” le coeœur de l’homme éloigné de la nature devient dur “. Est-ce l’environnement ou la posture du corps qui compte, les deux ? (cf. infra notre petite histoire sur Newton) La minéralisation de l’esprit / théorie de la végétation (polysémie du mot) parce que le végétal participe de l’échange des flux. L’homme dur refuserait-il de végéter ? On retrouve alors notre histoire d’enterrement. Qu’est-ce d’ailleurs que pourrait être un homme dur et un homme mou (je dis homme en pensant humain et humaine bien sûr : hum kékchoz). Pour les indiens, l’homme dur est celui qui refuse le contact, la proximité physique (utilisation de chaussures …) qui induirait une attitude spirituelle. Voire pourquoi végéter reste négatif (p-ê lire JM Pelt qui apprécie particulièrement les plantes). Et pourquoi l’hum kekchoz devrait nécessairement (?) être dur.
    On nous rappelle que dans la Bible l’homme est fait de terre et qu’il doit bien rester en contact avec (cf. Aussi les frasques du Vendredi de Tournier qui semble adorer son île, mais c’est à voir). La chute est-elle oubli, détournement par l’écrit (encore un sens de l’oubli) ouvrant à de nouvelles responsabilités plus humaines (sens de la philosophie dans l’apparition des lois écrites … ).

    Sur les problèmes de proximité, il faudrait voir aussi comment l’homme s’attèle à des sens distants (vue, ouie, odorat), le toucher étant plus intime et comment cela se ressent dans la proxémie et les distances de convenance.

    Comment la nature s’impose à nous :
    1. subrepticement (les petites perceptions de Leibniz (Nvx essais livre I);
    2. physiquement (la pomme de Newton) : première théorie de la réception3.
    3. spirituellement : deuxième théorie de la réception.
    Dans tous les cas, il s’agit de concilier les deux parties, consciemment ou non. Il y a ouverture d’un espace de réception de la nature par l’apparition de points d’éveil (qui semblent plus prégnants dans la pensée solitaire, rêveuse). La nature nourrit la pensée humaine dans un mélange de mise à distance (compréhension que ce qui arrive est externe, et fusion dans l’appropriation ou l’inconscience de la réception).

    Reprise du principe de tolérance de ce point de vue. Réceptivité. Les interstices de l’esprit (pensée = genre dictée à trou) sur l’exemple de la théorie atomiste. Ou terme de réserve, espace abandonné à ? mais pas de liberté (cf. encore les indiens voire même chez nous où réserve = protection). Se poser des question sur la fluidité des pensées et sur le sens de la perméabilité que cela induit. Et cette perméabilité avec ce qu’on a vu plus haut, càd l’identité sur laquelle notre société est en bonne partie fondée.

    On peut partir des capacités somatiques à ceci ou à cela. On en fini alors pas de gloser surtout que j’ai pas les compétences pour en parler. J’en profite pour éviter au maximum les références au corps qui me semblent assez nombreuses comme ça (comme si on n’avait pas compris qu’on en a tous un !). Ce qu’il faut surtout se demander dans le cadre d’une déambulation solitaire, c’est le caractère émetteur de la nature. D’un côté, il faut revoir la théorie de la communication en lui faisant admettre que le récepteur peut suffire. De l’autre, la nature est émettrice significativement ce qui lui attribue une volonté et le cas échéant la ramène à une téléologie toute puissante, nous introduisant dans un cadre déterministe. C’est un peu le même genre de problème qu’on retrouve dans l’œuvre : l’œuvre c’est aussi de la nature modifiée par l’homme, dont certains affirment qu’elle leur a sourit. Il se fait donc nécessaire de définir les valeurs du réel et d’estimer les espaces de liberté en repensant l’interaction de l’homme avec l’environnement complexe (des choses modifiables ; des arbres ici [même au niveau des odeurs]… mais d’autres non comme le climat dont Montaigne affirmait déjà l’importance dans l’esprit des peuples).

    Par contre, ce qu’on peut voir, c’est qu’il n’y a que le nirvana qui donne une vision globale des choses, “panoptique”. ça signifie que tout le reste est fragmentaire et que putain c’est presque impossible de se défaire de cela (il ne suffit pas de regarder Little Bouddha pour avoir l’âme ouverte aux mystère du monde).

    On est alors confronté à un large problème qui est celui de la division : comment concilier un désir d’unité avec des éléments disparates. Comment utiliser les interstices pour créer de la continuité (cf. atomisme, magnétisme, voire même l’insularité4 comme exemple de division que l’on résous par des ponts ou des trajets plus ou moins organisés, ou la manière antique de classer les quartier comme insulae : pourquoi ? quel est alors le fluide ? la rue ? ce qui la différencierait du bloc moderne qui s’érige au centre d’un parking ?). Quel esprit est lié à l’insula pour très dense : une sorte de continu engendrant une tolérance là où le bloc marque l’agglutissement. L’insula serait alors plus apte à se laisser approprier. L’insula favorise l’agir et c’est sa proximité et sa densité même qui permet un recul. Il y a une sorte de Sublime du compact tel qu’il peut exister dans le monde végétal. La ville est donc de caractère plus végétal que la zone. Elle offre plus à la réceptivité humaine. Comment même représenter les interstices ou du moins se les figurer pour commencer à avoir un semblant de direction ? L’interstice est-il d’ailleurs superflu seulement parce qu’il n’est pas l’objet ? Alors que ce qui serait superflu permettrait le superfluide.

     

    Le superflu5 est différent de l’inutile. On dit souvent que l’art se définit par son inutilité, ça me fait bondir (si l’art était inutile, on n’en parlerait même pas). Le superflu ne me semble pas inutile, comme son nom l’indique, il n’est pas un négatif (a ou in) mais un superlatif, c’est quelque chose qui vient en plus et qui sans être nécessaire participe à l’objet auquel il s’applique. Le superflu permet de penser les choses dans une optique plus vaste que l’utile. On pourra dire que dans “joindre l’utile à l’agréable”, c’est le superflu qui permet la fusion des deux termes même si le top c’est que les deux soient liés de manière inséparable. Comment estimer l’abandon partiel d’un espace de ce point de vue de superflu. Comment finalement s’opère la sélection par le biais de l’analyse ?
    On pourrait croire que je suis loin de l’art, mais je ne pense pas, parce que toute représentation (même abstraite) passe par là. Et puis il n’y a pas que l’art dans l’avis !

    Comment donc c’est le superflu, ce qui est toujours dévalorisé qui en fait par ce biais semble tenir toute une conception du monde et de l’humain. Comment le superflu, c’est justement ce qui nous compose en premier dans son étroite relation avec l’essentiel. Éclaircissement : On ne retient que l’essentiel des choses, OK. Mais cette rétention est le signe même du superflu. Car si les animaux sont si bêtes, c’est que notre manière d’appréhender les choses n’est pas nécessaire mais bien contingente. Auquel cas, tout le culturel serait du contingent et cela justifierait donc que tout ce que nous faisons à longueur de temps n’est bien que vanité.

    Cela nous amène à nous porter vers deux directions. D’abord, si autrui est un principe a priori de la perception et du savoir (culturation de chacun), le système de réception à sens unique ne fonctionne que dans un cadre culturel fortement empreint. On peut alors se demander comment joue le sentiment de la séparation ?

    Ensuite, si l’autre n’est plus là comme garde fou et que je me laisse posséder par la nature : elle et moi ne faisons en qq sorte plus qu’un : il y a du moins une coïncidence présente et directe (sans détour conscient par autrui). Lorsque le monde s’érige en force, et que je discute avec lui sans mes congénères, il s’agit bien d’une évacutation d’autrui tout en l’imosant comme nécessairement constitutif (par le fait même de la discussion qui est signe de socialisation). L’individu, c’est moi, et l’autrui qui est en moi. Comme il y a interdépendance dans la communication, il y a interdépendance structurelle dans la constitution de soi. Il s’agit alors d’interroger quelle place peut occuper la nature ou un territoire dans ce processus et comment il peut se comporter en autrui.

     

    Parce qu’il faut bien en arriver à l’art à un moment ou un autre.
    Prenons comme base que le génie, c’est l’être singulier, remarquable, qui doit sa singularité à ce qu’on appelle un don.

    La première question qui se pose, c’est celle de la valeur de l’individu. Comment un groupe peut en venir à porter au nues un être seul et comment les relations de pouvoir qui s’insaurent sont-elles gérées ? Pour l’art, la réponse est simple : le génie est rendu dépendant par son amour de l’art. Il en perd ses facultés basiques de survie sociales ou physiologiques. Aussi, au cas où cela ne suffirait pas, puisqu’on sait bien ce que vaut une représentation populaire, on limite l’espace de gloire de l’artiste à des lieux spécifiques ou l’artiste tranquillement se montrer sans déranger la hiérarchie sociale.
    La deuxième question est celle de la singularité. Elle est une manière de sortir l’être de l’espace concurrentiel en le déplaçant dans un espace de l’inconnu. De fait le génie, c’est celui qui ouvre de nouveaux espaces de concurrence, puisqu’il inspire. La singularité du génie tient en ce qu’il retourne à ses pères sociaux de nouveaux territoires. Aussi, l’art n’a de sens que pour autrui, ce qui l’enchaîne dans un processus de communication et de socialité, soient-ils indirectes. La valeur de l’artiste est en fonction des mondes possibles retournés.

    Enfin et en retour au solipsisme, l’artiste est un exclu hypersensible psychologiquement et sensuellement. Est-ce à dire que sans autrui, le monde se révèle ? Cela m’amène à me poser la question de l’éducation encore. Quel rapport au savoir cela implique-t-il par exemple vis-à-vis de l’autodidacte, qui lui aussi à cette forme de singularité qu’il n’est pas formatté par un coprs enseignant reconnu.
    Donc que se passe-t-il :

    • qd j’apprends seul ;
    • qd j’ai un maître ;
    • qd je suis en groupe.

    Comment l’éducation se place dans un modèle progressiste où l’homme est à la fois perfectible individuellement et socialement, ou plutôt où il faut faire coller les capacités de l’individu au social. Et comment l’art, qui n’est pas une science n’ayant pas de champ d’application, peut rentrer dans ce modèle ? Quels peuvent être ses liens avec le modèle du génie qui ne doit qu’à la nature ses capacités. Comment ce qui n’est pas science mais pure expression singulière (qui laisse par conséquent liberté de contenu) peut se trouver validé par le groupe. Retrouve-t-on l’interdépendance comme modèle de valorisation. De l’autre côté, si l’art se présente comme un travail sans fin, est-il juste de ne juger que les objets ? Oui si ceux-ci condensent tout le savoir/savoit-fire ? Non, s’il faut admettre une liberté ( si expression il y a elle est nécessaire ) ?

    Aussi, si l’art est un problème de singularité, est-il possible de le considérer comme une arme (de différentes façons) ? D’où alors la nécessaire visibilité de l’art…

    Ensuite et maintenant que j’ai dégrossi le terrain (parce qu’il faut bien que moi aussi je m’adonne à ces extravagances), l’art en tant que produit de la pensée humaine dans ce même cadre. On pourrait reprendre ici quelques idées sur le superflu, l’interstice … Art : technique + pensée. Comment réduire le travail artistique à la production d’un objet (tentative du marché : objet + starisation). Art et jouissance du territoire (lequel ou quel type de jouissance ?) ou l’insubordination =>liberté => théorie du génie artistique et sa rapport au marché de l’art (cf. Renaissance où l’œuvre est avant tout une commande : l’artiste est d’abord un éxécutant qui essaie de s’affranchir par la science).
    Poser aussi le problème de l’immuabilité de l’œuvre d’art liée entre autre à sa patrimonialisation.

    Les problèmes de l’art sont-ils dus à son ouverture ? ouverture générale, ouverture au réel. Si l’ouverture c’est justement ce qui essaie d’estomper les frontières [perte d'identité ? et j'arrête avec ce terme qui m'agace un peu] , on pourrait alors regarder les rapports : réalité/abstraction [cf . la perf d'Oppenheim sur la frontière canadienne], Art/réalité, arts entre eux (ex . happening et théâtre ). Ou analyser les avantages de la confusion dans laquelle on peut se trouver [cf. H. Rosenberg]. Si l’art est confus comment se positionne cette confusion contre un mouvement apparemment naturellement humain de clarification. Quels seraient les avantages à la confusion et les risques. Comment définir un territoire sans placer ses frontières ? Ne retrouve-t-on pas ici les problèmes que nous discutons sur le statut qu’il faudrait trouver à l’activité artistique ?

    Poser tous ces problèmes, c’est s’engager dans une direction aux ouvertures extrêmement vastes puisqu’on peut aussi toucher à la présentation du travail plastique (site, non-site, in situ …) suivant même les valeurs socio-culturelles de l’espace (le cadre institutionnel).

    Donc on est un peu des vers ou des taupes : plus on creuse, plus on a besoin de creuser parce que sinon tout s’écroule. Sauf que le vers, il se nourrit au passage. Et nous, quelle est notre nourriture ? N’est-ce pas là qu’on retrouve notre superflu? Mais on n’est pas des chiens, on ne creuse pas pour cacher nos merdes, mais plutôt pour les découvrir ou au moins (pour être moins négatif) pour découvrir les nonoss. Certes, mais une fois qu’on a dit ça on n’a pas dit grand chose, il s’agira donc de continuer. Mais je tiens à mes images qui peuvent faire de belles illustrations (il paraît que c’est comme ça qu’on dit).
    Les différents courants (les principes de Représentation, Arte Povera, Land Art, Process Art …). Voire le pb de Haacke au Guggenheim 1971

    Ainsi, si on accepte qu’un territoire puisse être quelque chose de mouvant (dans lequel on s’enfonce) ou tout simplement mobile, comment juger des œuvres évolutives, surtout en gardant le point de vue patrimonial. Ex : Dois-je vendre ma pratique à l’accumulation de compétences, à l’heure en faisant le décompte de toutes les heures passées ( auquel cas je devrais déjà être millionnaire !!)

    Qu’est-ce qu’on peut y ajouter de plus, ou retrancher (selon la bonne vieille phrase de St-Ex.) ?

    Le territoire à ce niveau n’inclut-il pas des données culturelles, politiques … ?

    1 Cf Husserl ou Lévinas : ” A partir de l’intentionnalité, la conscience doit être entendue comme modalité du volontaire .(…) La structure intentionnelle de la conscience est d’autre part caractérisé par la représentation. ”
    2 A opposer aux effets de surface indirects qui sont l’apanage des matériaux transparents et qui autorisent l’effet miroir.
    3la-dessus, il faut que je termine absolument un truc que j’ai entamé il y a des années; a la fin de la maîtrise, j’ai un peu bossé sur ce que j’appelais les “valeurs du réel”. C’est la réflexion conceptuelle qui m’a fait m’ autoriser à changer de cap de l’abandon de l’objet. Mais par contre j’ai des notes avec plusieurs petits txt en cours que j’ai pas encore exploité : ça va être l’occasion d’en sortir un peu.
    4 insularité : c’est pratiquement de là que je devrais partir !!
    5 C’est le bouquin (txt de Dewitte sur Sedlmayr) que Juvénal m’a prêté qui m’a fait ressortir ce terme qui peut permettre de relier, avec l’interstice, des petites choses. Disons que ça sera mon œuf, qui grandira et servira de liant. Il faut que je relise le texte pour voir réellement ce qu’il en dit. Pour le moment, au niveau du contenu, j’ai fait ça en toute indépendance.

     

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