De l’exploitation des droits d’auteur

    La croissance des chiffres de ventes de créations sur support numérique continue à poser question. Nous avons parlé du sujet du piratage qui attire une attention particulière.

    Un effet de bord, souvent moins visible pour le lecteur, apparaît cependant dans la façon dont les éditeurs et en général les ayants droit gèrent le “stock culturel”. Rappelons quelques points simples sur l’organisation de ce système en France.

    Droit d’auteur : limités dans le temps

    Une oeuvre est nécessairement associée à un auteur qui en a la responsabilité patrimoniale, et morale. La première permet à l’auteur de gagner sa vie avec son oeuvre, la seconde permet entre autre de pouvoir identifier l’auteur d’un propos pour l’encenser ou le poursuivre en justice.

    Les droits dont un auteur dispose sur son oeuvre sont limités dans le temps. Ce principe simple correspond à un compromis qui est trouvé entre la reconnaissance et la rémunération de la qualité du travail de l’auteur et la nécessité de permettre à tout citoyen d’accéder aux oeuvres, grandes ou petites, quelque soit leur niveau de revenu. Bref pour qu’il y ait une culture française, il faut que les français y aient accès. La durée de cette protection est actuellement de 70 ans après la mort de l’auteur. Elle peut varier selon les secteurs de création.

    C’est là que le premier problème apparaît : cette durée a régulièrement était augmentée, on pourrait même dire qu’elle a presque augmenter plus vite que la mort des auteurs eux-mêmes. Ainsi un auteur qui serait né en 1850 et qui aurait vécu 80 ans (mort 1930) serait tout juste tombé dans le domaine public (2000). Bref, un français sans le sou, n’a pas d’autre moyen que d’attendre au moins 100 ans avant de lire le livre de son contemporain. Bref, cela na que peu de chance d’arriver.

    Droits d’auteur : exceptions au droit

    De plus, on observe l’émission régulière d’exception à cette durée. En général, cette exception arrive en fin de protection de certaines oeuvre de manière à ce que les ayants droits bénéficient d’un répit, souvent suite à l’organisation d’un évènement exceptionnel. Par exemple, plusieurs oeuvres cinématographiques avaient bénéficier de cette protection pour le centenaire de la création du cinéma. Ces exceptions semblent aussi être de plus en plus régulière. Leur objectif est d’assurer des revenus aux ayants droits qui sont soit les héritiers directs de l’auteur ou une association ou entreprise qui en a la responsabilité. Cette durée, à l’origine faite pour assurer des revenus à un auteur par la protection de son travail contre l’exploitation abusive (par d’autres auteurs ou éditeurs), est maintenant tellement longue que les ayants droits n’ont souvent même pas connu l’auteur d’origine. Ce qui est un comble.

    Alors que la durée du droit est faite pour protéger l’auteur contre l’utilisation abusive et non autorisée de son travail, il reste cependant un droit de citation qui permet de reprendre une partie d’un ouvrage, en général dans le cadre d’un nouveau travail. Le droit de citation est essentiel à la diffusion des idées e à l’enrichissement des débats. Elle permet de dire “un tel a dit”, en le citant explicitant (en fournissant la référence de la source) et de dire ensuite, je pense que c’est idiot ou génial. Le droit de citation est un droit fondamental dont tout citoyen, mais aussi tout auteur bénéficie pour faire avancer son travail car le principe du droit reconnait qu’un auteur est l’image de son époque. Là encore, il s’agit d’un compromis.

    Mais un second problème majeur apparaît : quelle est la longueur de citation autorisée ? Il n’est pas rare de trouver une phase voir un paragraphe complet réutilisés dans un texte ou en musique, le sample permet de réutiliser des rythmes complets ou riffs. Une affaire récente rapportée par le nouvelobs rappelle malheureusement que le compromis n’est pas toujours le souhait de tous. Ici une simple vignette de Tintin est considérée comme une oeuvre en soit et il devient donc interdit de reproduire ne serait-ce qu’un petit bout du travail d’Hergé.

    Protéger les auteurs contre les auteurs

    L’argument régulièrement invoqué est la protection de l’auteur. Hergé, aurait-il été d’accord avec ce point de vue. Si c’était le cas, pourquoi n’a-t-il pas publié les vignettes une à une. Que doit-on définir comme oeuvre. Chaque mot écrit pas Zola doivent-ils être considérés comme une oeuvre ? Bref, il eut peut-être mieux valu qu’Hergé soit éternel pour la diffusion de son propre travail.

    Malheureusement ce cas n’est pas isolé et il nous semble que dans cette histoire, les ayants droits ont souvent la belle part : ils disposent de revenus conséquents dans la gestion des documents d’un auteur qu’ils n’ont peut-être pas connus, dont ils ne respectent peut-être pas la volonté, dans le seul but inavoué de faire perdurer leur propre statut confortable de parasite vivant par la succion du travail des auteurs, au détriment de ces derniers, mais aussi, bien sûr des utilisateurs, coupant définitivement les créateurs de leur public et contraignant à porter un regard juridique pluôt qu’affectif ou esthétique sur le travail. Dans les écoles, au lieu de parler de la musique, on parle de téléchargement; bientôt au lieu de lire les histoires on fera la liste de ce qui est autorisé ou pas avant même de commencer à lire. Cette juridiciarisation se fait bien sûr au détriment des plus faibles, en général les auteurs eux-mêmes, qui devaient pourtant être protégés par ce système. Un comble non ?

    Qui détient les droits après cette période ?

    Il reste cependant que les oeuvres, après cette durée de protection deviennent la propriété de tous. C’est ce qui fait qu’une oeuvre classique imprimée est sensiblement moins chère qu’une ouvre contemporaine : pas de frais d’auteur (en moyen 6 à 8% du prix). Tous les ouvrages étant enregistrés auprès de services compétents (par exemple la bibliothèque de France), ils y restent accessibles pour consultation et cela même s’ils ne sont plus commercialisés. Le rôle de préservation est donc essentiel pour la diffusion de la culture présente dans les temps futurs.

    Maintenant, voilà que mettre ses ouvrages à disposition à un coup et représente en soi un risque par la manipulation, pouvant entrainer la détérioration des supports. C’est ainsi que la BNF a commencé la numérisation des ressources pour le bien de tous. Si un jour vous souhaitez réutiliser une ressource numérisée par la BNF, sachez cependant qu’il vous faudra passer à la caisse. Une technique courante des détenteurs de droits consiste donc à créer de nouvelles éditions, nouveaux supports… d’oeuvres anciennes, pour s’assurer de continuer à profiter des oeuvres, au détriment des citoyens et des auteurs contemporains qui se trouvent encore une fois réduits à des porte-monnaie.

    S’il est évident que la BNF cherche une solution pour valoriser son travail de numérisation, il n’en reste pas moins que la préservation du compromis auteur-ayan droit-public est essentiel et que sans cela, c’est toute la culture qui risque de se détourner des instances en place. Bref, l’expression “exploitation des droits d’auteur” prend ici clairement tout son double sens et pourrait presque se résumer en “exploitation des auteurs”.

    Meilleurs films réalisés avec Blender en 2012

      Blender et films publicitaires

      Fin 2012, Alexandre a publié sa sélection de meilleures films publicitaires réalisés avec Blender. Il nous semble que cette tentative met clairement en évidence l’intérêt professionnel et la qualité des productions et qu’elle vaut d’être relayé dans divers univers linguistiques.

      Certaines personnes nous demandent souvent où sont les productions professionnelles faites avec des logiciels libres. De fait, le logiciel n’étant pas ce qui compte dans une oeuvre, il n’est pas facile de les trouver à moins d’y passer un peu de temps et de faire des rencontres. Libre Graphics World a réalisé cette liste de 12 films publicitaires (donc éminemment commerciaux) de qualité réalisés en 2012 avec Blender.

      Les styles sont très différents par choix pour montrer la palette de mise en oeuvre.

      Campagne pour un magasin Hugo Boss à Londres

      Schokolade Filmproduktion a créé cette vidéo pour le nouveau magasin Hugo Boss de Londres. Blender a été utilisé pour les fluides et les simulations d’océan.

      Le studio a déjà créé une autre video avec Blender pour le même client.

      Iceland Express

      Miðstræti, un studio islandais, a créé une série de publicité pour Iceland Express — une compagnie aérienne avec laquelle ils travaillent depuis 2011. Voici un exemple.

      Vous pouvez visualiser une douzaine de vidéo de cette campagne on Vimeo. Et si vous êtes vraiment curieux, il y a ce podcast avec l’animateur, Hjalti Hjálmarsson, sur Process Diary.

      Personal Financial Manager

      Juan Carlos Montes de MoxStudios a réalisé cette publicité sur la gestion de finances personnelles pour Banco Popular. Toute la modèlisation, l’animation et le rendu a été fait avec Blender.

      L’original avait été rendu avec le moteur interne de Blender. Cete seconde version a été produite avec Cycles.

      Frutmotive soda

      Plus tôt cette année ARt DDs a créé cette nouvelle pub pour  “Frutmotive”,  un soda russe. Ils usent encore  Adobe After Effects pour compositing. Cependant une conversation avec Alexander Zubkov a révélé qu’ils testent actuellement le compositing dans Blender. Ils sont donc proches d’avoir n workflow tout intégré.

      Vous pouvez aussi regarder  “the making of”.

      Une bonne info, l’équipe à mis à jour leur Volume and Mass Calc script qui fonctionne avec les BMesh. A télécharger ici.

      Goldfish Man

      La publiclité “Goldfish Man” a été crée par Richard Lyons pour une chaîne de magasin de produits électroniques en Suède.

      Toute la modélisation et l’animation a été faite avec Blender et le rendu avec le moteur interne. Plus de détails sur Blendernation.

      Webase.it

      Ce travail a été fait par Fab design.

      IBS Study Tour 2012 ad

      Guillermo Espertino a créé cette publicité pour  IBS, fabricant espagnol de sucreries, avec l’aide de Juan Pablo Bouza, David Teres, Michael Berhanu et Adriano Oliveira.

      Le style de Guillermo est assez distinct des autres : Il repose sur des animations bitmap et des dessins vectoriels créés dans GIMP et Inkscape, et utilise une palette de couleur spécifique dans presque tous ses projets.

      Article original : http://libregraphicsworld.org/blog/entry/best-commercials-created-with-blender-in-2012

      GSOC encore

        Les Google summer of code font encore parler d’eux dans le monde du libre. On saluera cette année la belle pioche de Gimp et de Scribus. Gimp hérite en particulier d’un projet qui permettra de booster un peu son développement et le rythme des mises à jour (qui traînent beaucoup trop à mon goût) en permettant de faire avancer le coeur GEGL avant son intégration définitive dans le logiciel.

        En ce qui concerne Scribus, on verra peut-être enfin venir le nouveau Scripter qui rendra les possibilités de créer des plugins plus simple et riche. On devrait aussi voir apparaître un vrai outil tableau qui nous donnera peut-être l’occasion d’avoir de nouvelles possibilités (à noter qu’Xpress reste aussi faible sur ce sujet), et qui se complétera éventuellement avec l’outil Arc ajouté récemment dans le trunk.

        Pour Inkscape, l’amélioration du support du CSS permettra certainement de rendre Inkscape un outil indispensable de la création web et de mieux partager ses fichiers avec des thèmes existants. Même remarque pour l’implémentation du support de KML qui permettra peut-être au logiciel de faire sa place dans la carto qui a été bien engagée depuis le début mais un peu tombée dans l’oubli.

        Ces trois applications ont donc à nouveau eu la confiance de google, et montrent à quel point elles sont valides même s’il y a toujours de nouvelles idées à implémenter.

        A la SOS GIMP

        • Anglais

        Prononcez “à la sauce Gimp”. Une documentation sous licence GFDL écrite par Cédric Gémy et des membres de GULLIVER (lug rennais) sur Gimp en Français qui commence à dater, surtout après les quelques changements d’interface de la version 2.6. Mais finalement comme la majorité des informations restent valables et que certaines personnes continuent à la chercher, voici la version à télécharger.
        Il fut l’un des premiers livre orienté utilisateur en français. Evidemment depuis, les éditeurs se sont rettrapés, tant mieux.

        Bonne lecture.

        Creationlibre podcast #2 – Focus sur Tintii

        • Anglais

        Ce mois-ci on attend toujours la sortie d’Inkscape mais de son coté Blender lance Durian suite à un taux exceptionnel de souscription. Tintii est un logiciel très simple permettant de transformer une image en noir et blanc tout en conservant une partie colorée. L’avantage avec Tintii c’est que ça se fait avec un clic. Si vous avez souvent besoin de cet effet, voilà un choix nommé. Enfin le plugin gimp Iterative Save vous permettra de gagner du temps et de mieux sauvegarder les étapes de vos créations en numérotant les fichiers automatiquement à votre place.

        Version Française : [podcast]http://creationlibre.org/wp-content/uploads/2009/10/creationlibre2fr.mp3[/podcast]
        English version : [podcast]http://creationlibre.org/wp-content/uploads/2009/10/creationlibre2en.mp3[/podcast]

        Concours Inkscape-fr pour Inkscape Efficace

        • Anglais

        Nous n’avons pas encoore mentionné cette opération dans ces colonnes, mais Inkscape-fr administré par l’auteure d’un livre sur Inkscape chez Pearson a organisé un concours Pour gagner le livre Inkscape Efficace de Cédric Gémy. Les modalités sont disponibles sur inkscape-fr. Disons surtout qu’avec la sortie proche de al future version d’Inkscape, voilà un bon moyen de mettre les nouveautés en pratique.

        RMLL2009 : graphisme – 2

          Oups pour l’atelier vidéo d’hier car Gisles Boudet est arrive un peu tard. On essaiera de rattraper le coup vendredi matin. Le bon cote c’est que j’ai retrouve d’autres personnes. Les éditrices de eyrolles a ui j’ai pu annoncer penaud mon retard. Dimitri robert est la et on s’est prévu du gimp jeudi matin. Louis doit revoir avec moi le planning et on confirme. J’ai aussi eu le plaisir de passer du temps avec stani qui va peut être nous refaire sa conf du lgm puisqu Elisa Ne va peut être pas utiliser son créneau inkscape du samedi

          RMLL2009 : graphisme et impression (1)

            En tant que coordinateur du thème avec Louis desjardins cette année, j’ai décide de tenir une petite chronique, un peu comme fait précédemment pour le LGM . Pour ne pas empiéter sur le thème lie a la culture libre et a la création libre, une approche plus technique a vu le jour. Ainsi de blender on verra le cote utilisation pour l architecture. L’impression est abordée plus du point de vue du flux de production même si des ateliers sur les logiciels seront organises.
            Aujourd’hui Gisles Boudet commence sur les logiciels avances d’édition vidéo.