A propos cedric

Cedric is working with free software everyday as a graphic designer or as a Gimp, Inkscape, Scribus and blender teacher in Universities and enterprises. He wrote several books on FLOSS and is involved mainly in Inkscape.

Scribus, de la première à la dernière page

    Nous avons déjà mentionné ici les avantages que nous trouvons à Scribus et tentons régulièrement de nous faire l’écho des avancées. Il semble que les choses continuent à bouger énormément de ce côté. Après que des entreprises informatiques de la presse tel que SCS ce soit intéressé à notre logiciel, voilà maintenant un hebdomadaire qui sort entièrement réalisé avec Scribus et Gimp.

    L’axonais, produit par le patron de Oisehebdo, a donc sorti son premier numéro le 22 mai. L’équipe de travail l’a produit avec des logiciels libres pour des raisons économiques (débuter n’est pas simple) mais aussi pour des raisons d’indépendance qui est un des fer de lance du groupe. Le journal fait une cinquantaine de page et devrait être tiré à 12 000 exemplaires. Bref du pain sur la planche pour l’équipe de journaliste qui couvre le département de l’Aisne et doit réaliser le produit final.

    La stratégie ici est simple : tout papier, seulement papier. Scribus est donc au coeur de la production. Après quelques adaptations, le numéro est sorti sans problème des presses avec un super rendu sur certaines photos.

    Voilà une nouvelle preuve de ce que l’on avance depuis longtemps.

    Blender et Captain America

      On me pose souvent la question : qui utilise tes logiciels ? et je dois avouer que j’ai souvent du mal à répondre. N’ayant pas de clientèle, le logiciel libre se butte à cette demande et ne peut qu’annoncer des chiffres de téléchargement. Mais parfois, certains utilisateurs vendent la mèche. C’est le cas de cet article http://www.fxguide.com/featured/captain-america-the-winter-soldier-reaching-new-heights/ qui mentionne spécifiquement l’utilisation de Blender pour certaines simulations de l’helicarrier en lieu et place de Maya dans Captain America.

      The building crash also featured shots of Wilson running to avoid a debris field of glass, furniture and dust. Proof helped previs this sequence. “I had no idea how we were going to crumble the building on a previs scale to sell the idea,” says Granito, “but one of our artists developed a cool way of doing it.”

      He brought the shots into Blender – normally we work in Maya – and created a simulation where you could just drag the Helicarrier into the building at different angles in realtime and see how the pieces would crumble and how the entire wall would give way. And once the previs was approved, we handed off a techvis to the second unit director, and used our debris field for how that scene was shot.”

      Blender used for helicarrier in Captain America

      Il semble donc que Blender, s’il n’est pas le logiciel majoritaire par défaut, semble avoir des très bons atouts, en particulier ici dans une simulation temps réelle alors même qu’au niveau du grand public, le moteur temps réel est un point souvent ignoré au détriment de la modélisation ou de l’animation.

      Google, l’auteur absolu

        Malgré tous les efforts réalisés par de nombreuses communautés pour dénoncer les clauses abusives de certains services en ligne et malgré le discours toujours plus grandissant sur la propriété intellectuelle et le droit à l’image, il semble cependant que la réalité prenne une autre direction.

        En exemple encore les modifications apportées récemment aux conditions générales google que nous ferons suite à notre article publié il y a déjà presque 2 ans.

        Google analyse les contenus

        Alors que tout le monde s’offusque des pratiques de la NSA ou des renseignements généraux, Google inclus, il se pourrait bien que Google ait compris que cette indignation ne soit que de façade.  En effet, la licence mentionne maintenant clairement :

        Nos systèmes automatisés analysent vos contenus (y compris les e-mails)

        Brefs, si vous pensiez que Google ne pouvez pas tout lire et que vous pouviez dormir sur vos deux oreilles, vous voilà mal à l’aise. En effet, pour preuve, les charges matérielles de Google pour l’achat de serveurs sont toujours plus importantes, dans l’objectif bien sûr d’avoir de la marge de stockage mais aussi de la puissance d’analyse. Les investissements dans des produits domestiques comme robots ou même si cela fait rire, des détecteurs de fumée, en sont un autre exemple. J’ai comme l’impression qu’un loi passera bientôt obligeant chaque particulier à avoir un détecteur de fumée chez lui et que Google se proposera d’équiper gratuitement ou à peu de frais tous les appartements avec la clause : “tout ce que vous direz peut être utilisé contre vous” parce que les détecteurs de fumée seront évidemment équipés de détecteurs sonores et autres systémes de captures de l’environnement et seront tous en réseaux, vosu savez, les objets connectés, la domotique, le truc qui vous permet de fermez vos volets de votre travail, pour être sûr que le soleil d’hiver n’abîme pas vos meuble.

        Google posséde vos contenus autant que vous

        L’autre point habituel concerne donc la propriété. En France, toute personne est propriétaire de fait du contenu qu’elle produit. Ainsi, lorsque vous gribouillez un dessin sur une nappe de restaurant, vous en êtes immédiatement l’auteur officiel. Ce droit s’applique pour tout ce qui est faisable avec votre création. Rappelons que partant de là, les contenus sur le web ne sont pas réutilisables à moins que le site ne le mentionne expressément. Et pourtant Google vous oblige à lui céder vos droits sur vos créations :

        Lorsque vous importez, soumettez, stockez, envoyez ou recevez des contenus à ou à travers de nos Services, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage public ou de distribution publique desdits contenus. Les droits que vous accordez dans le cadre de cette licence sont limités à l’exploitation, la promotion ou à l’amélioration de nos Services, ou au développement de nouveaux Services.

        Ainsi, si vous êtes poètes et que vous envoyez votre merveilleux roman par votre compte gmail, google devient propriétaire de votre roman. Bref, la poste, à côté, c’est mignonnet. Vive le bon vieux papiers. Si vous vous dites que vous allez utilisez un autre services, ne vous inquiétez pas ils font tous ça, pour rappel la licence windows 8.

        Quoi qu’il en soit, comparons à ce que Google nous offre :

        Google vous concède, à titre gratuit, une licence personnelle, non-cessible, non-exclusive et pour le monde entier, d’utilisation du logiciel qui vous est fourni par Google dans le cadre des Services. Cette licence est exclusivement destinée à vous permettre d’utiliser et de bénéficier des Services fournis par Google, dans le respect des présentes Conditions d’Utilisation. Vous n’êtes pas autorisé à copier, modifier, distribuer, vendre ou louer une partie ou la totalité de nos Services ou des logiciels qui en font partie

        Cela me semble peu équitable? pas vous. Et la petite cerise :

        L’utilisation de logiciels Open Source est importante pour nous. Certains des logiciels utilisés par nos Services peuvent être proposés sous une licence Open Source que nous mettrons à votre disposition

        Logiciels libres qui justement défendent corps et âmes ma protection de la vie privée. Bref, on aime on utilise mais on ne pense pas comme eux.

        Le pire : les utilisations professionelles

        De nombreuses entreprises utilisent les services de google : gmail, gdocs. C’est purement aberrant: comment écrire des brevets en utilisant des outils dont la licence stipule que l’auteur du logiciel sera propriétaire du contenu. Comment écrire sa belle stratégie commerciale alors que Google est à l’écoute ?

        Mais enfin, parce que cela est facile à utiliser me dira-t-on. Certainement, Mais je n’ai jamais pensé qu’un clic à gauche était plus simple qu’un clic à droite, ou nous n’avons pas la même notion de la simplicité. Ce qui m’inquiète plus concerne la clause de non garantie :

        SAUF TEL QU’EXPRESSÉMENT PRÉVU PAR LES PRÉSENTES CONDITIONS D’UTILISATION OU DES CONDITIONS D’UTILISATION ADDITIONNELLES, NI GOOGLE, NI SES FOURNISSEURS OU DISTRIBUTEURS, NE FONT AUCUNE PROMESSE SPÉCIFIQUE CONCERNANT LES SERVICES. PAR EXEMPLE, NOUS NE NOUS ENGAGEONS AUCUNEMENT CONCERNANT LE CONTENU DES SERVICES, LES FONCTIONNALITÉS SPÉCIFIQUES DISPONIBLES PAR LE BIAIS DES SERVICES, LEUR FIABILITÉ, LEUR DISPONIBILITÉ OU LEUR ADÉQUATION À RÉPONDRE À VOS BESOINS. NOUS FOURNISSONS NOS SERVICES « EN L’ÉTAT ».

        Bref, votre dossier de dépot de brevet que vous avez envoyé à vos collègue peut par magie disparaître après envoi sans que vous ne puissiez rien faire. Mais faisons confiance à Google. D’ailleurs, vous n’aurez même pas le droit de portée plainte, ce qui est logique dans un pays démocratique.

        DANS LES LIMITES PERMISES PAR LA LOI, GOOGLE, SES FOURNISSEURS ET DISTRIBUTEURS, DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ POUR LES PERTES DE BÉNÉFICES, DE REVENUS OU DE DONNÉES, OU LES DOMMAGES ET INTÉRÊTS INDIRECTS, SPÉCIAUX, CONSÉCUTIFS, EXEMPLAIRES OU PUNITIFS.

        enfin à la Microsoft,

        dégager de toute responsabilité Google, ses sociétés affiliées, ses agents et ses salariés et les garantir contre toute réclamation, poursuite ou action en justice

        La conclusion : la liberté contre la facilité

        Dans ces licences, il n’est pas un paragraphe favorable à l’utilisateur. Tout est tourné au bénéfice de l’entreprise. Rappelons cependant quelques simples faits :

        • un compte mail sécurisé chez un prestataire peut couter moins de 10 euros pas ans : combien cela vous couterait-il si vous deviez envoyer tout cela par la poste ?
        • des serveurs d’envoi courrier libres existent et sont installables facilement : ils permettent en grande partie de ce passer de ce genre de services malveillants.

        Enfin, il me semble important de garder des priorités saines dans nos usages. L’informatique et Internet doivent rester des outils compatibles avec l’idée que nous nous faisons de la liberté. Google nous vend, comme les médias que s’exprimer c’est être libre et que les dictatures privent les personnes de paroles. Certes. Mais la liberté ne saurait s’arrêter là. L’expression est une valeur nécessaire à la liberté mais ne saurait y être réduite, car la liberté va aussi avec justice et égalité lorsqu’elle est comprise dans un cadre social : la liberté de l’un s’arrête là où celle de l’autre commence, sachant que les deux ont les mêmes droits.

        Des chiffres de piratage des livres numériques

          Alors que la baisse du prix des tablettes a réveillé la vente de livres numériques, on voit déjà apparaître des grimaçants. Le taux de piratage des livres numériques serait de l’ordre de 50 %. Ça n’étonnera que ceux qui n’y croient pas. Il est un lieu commun que de dire que la sécurité en informatique est une histoire compliquée et qu’aucune protection n’est faite pour durée. On s’étonnera surtout qu’autant d’éditeur soient tombé dans le panneau, surtout après l’expérience désastreuse des DRM dans la musique.
          Ici, on parle de 71% des éditeurs qui appliqueraient une protection dont 43% pour les DRM adobe et 36% pour les watermark. Et pourtant, après en avoir formé plusieurs, avoir fait des mises en alerte comme dans ce chapitre sur le livre Créer un epub (chez un éditeur associatif qui n’applique pas de DRM, qui a de nombreux lecteurs et qui vend tout de même des livres) les arguments des vendeurs de protections semblent être plus attirantes malgré leurs chiffres décevants, allons comprendre. Il semblerait d’ailleurs que les chiffres viennent d’une entreprise de ce genre, ne soyons pas étonnés.
          Il semble, mais je n’ai pas réussi à trouver les sources fiables, que le piratage soit réparti de la façon suivante :

          • 59% BD
          • 23% SF
          • 14% Romans
          • 4% autres

          bien illustré par ce schéma que j’ai trouvé sur des dizaines de sites qui se sont contentés de le réutilisé (alors pourquoi pas moi, et oui, le numérique à cela d’affreux).

          On observera donc que la catégorie la plus touchée est celle qui ne concerne pas les livres dits sérieux (essais, philosophie). Voilà qui devraient permettre aux éditeurs d’apprécier à nouveaux ces livres qu’ils ont délaissés ces dernières années parce que trop austères :)
          Mais alors que la lecture est en recul en particulier chez les jeunes, la lecture numérique est loin de faire l’unanimité : les jeunes ne lisent pas plus de livres numériques du simple fait qu’ils sont numériques. Pire elle renforcerait le taux de distraction, comme l’affirme Roberto Casati dans Contre le colonialisme numérique.
          Les livres numériques d’ailleurs restent chers : en général seulement 30% moins cher qu’un livre papier alors que leur durée de vie n’est pas prouvée, qu’ils ne sont pas tous interopérables (transférables sur un autre type de tablette), non prétables…
          Alors que chez les jeunes les produits culturels font parti des objets d’identification, interdire le prêt entre personne c’est donc un peu tuer la poule dans l’oeuf.
          Rappelons aussi que ces personnes ne sont pas solvables à l’achat de livres, n’ayant pas de revenus. Il n’est donc pas assuré que le piratage engendre une vraie perte financière

          Autre point : il reste donc difficile d’emprunter des livres dans les bibliothèques. En contraignant à l’utilisation de certains logiciels qui ne fonctionnent malheureusement pas sur tout les supports; elles ne peuvent donc elle-même assurer leur rôle. Cela ne favorise pas la diffusion des ouvrages ce qui peut représenter un risque à long terme.
          Les éditeurs à vouloir sauver le livre, cherchent certainement à tuer la lecture : après avoir imposé une réduction de rémunération des auteurs, voilà qu’ils tentent d’empêcher les lecteurs de lire. Bientôt, ils resteront seuls avec leurs livres, mais peut-être est-ce cela qu’ils cherchent : quand on ne veut pas se faire voler son sac, on ne sort pas de chez soi, c’est tellement plus sûr. Allant à l’inverse des préconisations du Groupement pour la lecture numérique, l’histoire pourrait donc ne pas s’améliorer.

          Du nouveau côté production de jeu

            Il y a quelques temps, nous avions traduit une interview parue sur Libregraphicsworld mentionnant l’utilisation invisible de Blender dans la production de jeu.

            Cette fois, l’AFGRAL s’est pris au jeu et à rappelé comment l’utilisation de logiciel ne doit pas se limiter aux commerciaux mais qu’une connaissance des logiciels libres peut aussi être un atout et faire partie de la palette des artistes contemporains. Ce qui compte avant tout étant le résultat recherché, il peut s’avérer qu’un logiciel puisse mieux convenir qu’un autre.

            Il est évidemment difficile de changer des habitudes et il semble souvent plus simple de se cantonner à ses habitudes et il est aussi impossible de tout connaître. En tout cas, ce témoignage montre bien comment l’aspect libre n’est pas un argument ethique ou financier, mais bien de production.

            Lien direct à l’interview de PlayKot

            Scribus dans la place

              logo SCS Un article intéressant sur Scribus vient d’être publié sur le site de l’afgral. Il montre que les efforts de développement et d’amélioration successifs apportés au logiciel attire sérieusement les grands acteurs du secteur. Après avoir eu depuis deux ans des discussions avec heidelberg, Adobe et pantone qui n’ont pas encore toutes portées leur fruits, voici un grande étape qui vient d’être franchie par Software Consulting Services, LLC, co inventeur des extensions XPress en portant exactement un de leur plugin majeur pour Scribus, sous Licence GPL.

              Histoire à suivre.

               

              Apprendre Scribus et désapprendre Indesign

                Une ancienne stagiaire que j’avais formée à Scribus et revenue vers mois suite à une formation complète en PAO. Les enseignants ne juraient évidemment que par Indesign et n’ont rien voulus savoir. Pour ne pas manquer son examen, elle a donc du travailler pendant des mois avec les logiciels Adobe et finalement pris de nouvelles qui ont presque failli lui faire croire que Indesign était meilleur.

                Apprendre sans tout oublier

                En fait, les logiciels Adobe sont de bons logiciels, il n’y a rien à redire là-dessus. Mais on peut aussi rappelé qu’un grand nombre de leurs fonctionnalités sont extraites de logiciels libres. Dans ces cas, il n’y a que la partie intégration et ergonomie à traiter. Je me rappelle par exemple comment le vérificateur automatique est apparu après que nous l’ayons intégré dans Scribus ou la définition de la compression pas image… Donc les innovations vont dans les deux sens. Ce qui tue Scribus c’est la lenteur du rythme des publications (une fois tous les 3 ans plutôt qu’une fois tous les 18 mois).

                Le vrai problème à l’utilisation du logiciel vient plutôt des habitudes de travail. Vous vivez chacun ce que tout le monde vit : quant on est habitué à un outil, c’est difficile d’en changer. En prenant mon cas, je suis tellement habitué à Scribus et autres que j’aurai à l’inverse beaucoup de mal à revenir à la suite Adobe. Je pense que c’est là l’essentiel.  C’est pareil dans l’autre sens : si vous êtes habitué à Indesign, vous aurez des difficultés à changer pour autre chose. Certaines des personnes ont un jour peut-être téléchargé Scribus, essayé pendant une heure puis ce sont dit qu’ils ne s’y retrouvaient pas. Mais c’est oublier qu’il faut des mois pour apprendre un logiciel et aussi oublier le côté personnalisable des outils libres et qui en reste leur force.

                Petits rappels sur Scribus

                Suite à ces remarques sur ces nouvelles habitudes de travail, mon ancienne stagiaire me fait remarquer qu’il y a des fonctions qu’elle ne trouve pas dans Scribus. Imaginant naïvement que d’autres personnes se poseront les mêmes questions, voici les retours :

                Je ne trouve pas le réglage des césures

                Définir dans les préférences ou réglages du documents dans la rubrique Césures
                Déclencher dans Extra>Effectuer les césures

                Je ne vois pas les styles d’objet

                il n’y a pas de styles d’objets en tant que tel dans Scribus, mais la baguette magique permet de recopier les propriétés d’un objet sur un autre.

                Je suis infichue de trouver où on entre un profil d’imprimeur

                Dans Scribus, c’est pourtant très simple : dans la barre d’état en bas à droite sur l’icone ressemblant à un écran et qui fera apparaître le menu configurer le CMS.

                Il me manque le panneau liens

                La notion de panneau ne fait pas partie des concepts ergonomique de Scribus. C’est un choix explicite des développeurs et là-dessus je suis d’accord avec eux. Personnellement je déteste ces dizaines de fenêtres qui envahissent l’écran comme dans Indesign. Cela va si vous avez un 24 pouces, mais sur un écran plus c’est impossible à gérer. Personnellement encore, je suis souvent en déplacement et doit donc travailler avec des écrans plus petits :(

                La solution ici est d’utiliser le menu Extra>Gestion des images. Il fait la même chose avec une ergonomie différente

                le panneau effets

                Il n’y en a pas : les transparences se gèrent au niveau des couleurs . Elles sont améliorées dans la future version. Il n’y a pas d’ombre portée dans la 1.4 qui ne sont aussi pour l’instant disponible que dans la version 1.5 comme beaucoup d’autres choses. Personnellement, je travaille toujours en version de développement pour bénéficier des nouvelles fonctionnalités et profiter de tous les développements, même ceux qui ne sont pas au final intégrés dans la version publique et qui peuvent pourtant m’intéresser.

                Les repères commenté, et d’autres trucs.

                Il n’y a pas de repères commentés dans Scribus, mais des repères magnétiques (menu page) et des repères magnétiques automatiques selon les formes environnantes (à venir dans la 1.5) qui correspondent je pense à l’intérêt du repère commenté dans ID.

                L’avenir de Scribus

                Rappelons que Scribus est développé uniquement par des bénévoles, entre 2 et 10 selon les périodes. Et je trouve qu’au regard du temps humain passé dessus, le résultat est bien meilleur que les dizaines de milliers d’heures passées sur les logiciels Adobe. Personnellement, Scribus me suffit en général largement : il y a bien des fois où je me dis que ce serait bien d’avoir ça où ça, sans savoir d’ailleurs si les autres le font. Mais si c’était le logiciel qui faisait tout pour moi, que me resterait il comme travail :)

                Scribus aussi évolue, lentement mais évolue. La prochaine version va venir avec des trucs incroyables donc je garde le secret pour certains mais parlons par exemple de l’import en natif de fichiers publisher, idml (indesign) ou pdf avec possibilité de les modifier.

                Oui chacun des logiciels suit des logiques qui lui sont propres. Comparer les logiciels fonction par fonction et menu par menu n’est pas la meilleure approche. Il faut les comparer aux besoins que nous en avons.

                S. Coleman : les idées appartiennent à tous

                  Il n’est pas rare d’entendre des arguments du genre : “tout travail mérite salaire”. Un problème surgit lorsqu’une activité n’est pas nécessairement considéré comme un travail. Cette perception peut-être due soit au fait qu’il n’y a pas de visibilité sur la quantité d’effort fourni, en terme de temps (pas d’horaire fixe) ou en terme de compétence (je dessine, tu dessines, nous dessinons, vous dessinez…).

                  Cependant lorsque votre vie consiste à produire du contenu non nécessaire à la vie. On voit bien que la charge du nécessaire diminue dans nos dépenses mensuelles : j’exclue bien sûr là-dedans, les téléphones, les voitures… parce qu’on peut réellement vivre sans. Finalement, même si l’industrie a réussi à faire considéré comme travail la création et production d’un bon nombre de produits inutiles, il y a des secteurs où la tension est plus forte. La musique, par exemple, n’a pas besoin de l’industrie musicale pour exister. Les auteurs d’écrits, autre exemple, n’ont pas besoin d’éditeurs pour écrire, éventuellement pour être plus visible.

                  Dans les deux cas, les artistes doivent choisir ce qui peut être réalisé à partir de leurs oeuvres. En art comme ailleurs, on est toujours fils de son temps. La créativité d’un artiste est donc en général limitée, ou contextualisée diminuant de fait l’originalité propre de son apport, sans pourtant en réduire la valeur symbolique. On a tendance à entendre ici et là qu’il faut protéger les droits des auteurs. Mais contre qui ? Il est étonnant de voir que le droit d’auteur qui a principalement visé à renforcé le droit des auteurs face aux éditeurs (les industriels, david contre goliath) est maintenant le faire de lance des éditeurs qui affirment protéger les auteurs.

                  Dans le logiciel libre, nous sommes depuis longtemps parti par un autre chemin et je suis toujours heureux de voir que cette voie peut aussi partagée par d’autres, et pas des moindres comme par exemple Steve Coleman.

                  For the most part commercial development has inhibited growth by introducing concepts of ownership, exclusive or restrictive ideas, and the concept of paying for information which in many cases is available for free elsewhere

                  Bref, gratuit ou pas, la mise en accès a au moins l’avantage d’instituer le fait que l’argent ne doit pas être une limite à la diffusion du savoir et de la création. Il y a donc un compromis à trouver entre le profit privé et le bien public :

                  Giving some ideas and music away does not mean that all needs to be given away for free. (…) Overall I manage to make a living.

                  Evidemment, tous les artistes ne sont pas dans cette situation favorable. Mais comme l’affirme Coleman, en faisant cela, on remet l’essentiel au centre : la musique, le concert, les rencontres et on dissocie la musique de son aspect industriel.Cela me semble valoir le coup d’être rappelé.

                  à lire : http://www.m-base.com/give_away.html

                  Privons les entreprises de nos vies privées libres

                    Comme moi, vous avez peut-être remarqué comment ce week-end du 9 février 2014, un message de Google informait les internautes d’une condamnation de l’entreprise. Cette condamnation, si elle n’est pas injustifiée pose cependant des questions.

                    Montrer du doigt

                    La condamnation à 150 000 euros d’amende fait sourire s’il est mis en relation avec les bénéfices relatifs que l’entreprise à pu tirer des détournements d’informations pour laquelle elle est accusée. Cependant, le fait qu’elle ait pour obligation d’afficher cette information sur son site me questionne beaucoup plus.
                    Trouverait-on normal qu’un accusé de vol ou autre doive se promener dans la rue avec un panneau indiquant la raison de sa condamnation. Pas sûr. La CNIL demande en quelque sorte à Google de sensibiliser ses clients à ses propres pratiques commerciales pourtant relativement bien expliquées dans des conditions d’utilisations que chaque utilisateur de produit Google doit accepter pour tout utilisation.

                    Win_8_donnees_privees

                    Finalement, Google n’est pas le seul alors pourquoi s’en prendre uniquement à lui ?

                    Priver de droit

                    Google ne prive pas les utilisateurs de leurs droits, juste qu’ils exploitent l’ignorance ou la fainéantise de ceux-ci. Chacun doit alors balayer devant sa porte. Il me semble qu’il y a bien pire par exemple dans le fait que Windows mentionne explicitement qu’un utilisateur se prive du droit de toute action collective en justice. Comment l’État français peut-il accepter qu’une entreprise prenne la place de de la réprésentation démocratique et de la justice. Cette clause devrait purement et simplement être supprimé et Windows 8 interdit tant qu’il n’est pas compatible avec la loi française qui autorise chaque citoyen à faire valoir ses droits.

                    Win_8_renoncement_droits

                    Je ne suis pas juriste, mais je trouve vraiment étonnant qu’une entreprise me demande de renoncer à mes droits. Je me demande même comment un État dit démocratique accepte que cela puisse exister sur son territoire. De mon point de vue, cette seule close devrait aboutir à une simple interdiction de windows 8 d’être vendue en France puisque sa licence n’est apparemment pas compatible avec le droit français, en tout cas pas avec l’esprit des lois qui sont justement là pour donner de la force à ceux qui en ont le moins.

                    Enseigner l’informatique

                    Le vrai problème git donc dans la licence d’utilisation qui est le contrat liant l’entreprise à ses utilisateurs. On objectera que ces contrats sont longs, techniques et qu’il est difficile d’en comprendre les implications et que de plus ils sont différents à chaque fois. C’est parfois le cas, mais pas toujours. Il me semble qu’il s’agit d’un problème d’éducation général : ne voir dans l’informatique que la consommation d’outils ou de services ne permet de comprendre les implications. En faisant de chacun des créateurs de l’informatique dès que l’âge le permet, les utilisateurs gagneraient en compréhension, en compétences et en force de sensibilisation et de réaction. En ayant fait le choix de la consommation (ou de la sensibilisation qui est juste une forme critique de la consommation), le système éducatif prive les jeunes de maîtriser leur environnement qui est de plus en plus technique au point qu’ils ne souhaitent même plus savoir comment cela s’impose à eux.

                    Connaître l’informatique évite d’être dépendant des discours des techniciens informatiques, en se mettant à leur niveau comme la sensibilisation politique doit faire de tout citoyen des participants démocratiques éclairés. Sans cet effort, le risque est que la dictature vienne de nos instruments et que nous envahissants peu à peu, ils nous coincent progressivement dans des positions dominées.

                    Une solution simple : les logiciels libres

                    Nous sommes restés sur notre échec de LOGO alors que tout a évolué autour. Il existe portant des exemples dans d’autres pays qui ont pris d’autres voies. Il est difficile pour moi de dire si leur pratique a globalement mieux fonctionné. Nous pouvons cependant d’emblée rappeler qu’il existe des solutions alternatives à presque tous les produits commerciaux qui baffouent les libertés de utilisateurs et que ces alternatives se nomment logiciels libres :

                    • Ceux-ci sont en général de quelques licences d’utilisation majoritaires (GPL, BSD, MIT, Apache), il n’y a donc pas à lire la licence pour chaque logiciels
                    • Les conditions sont claires : en général, le logiciel est fourni sans garanti, mais l’utilisateurs garde tous les droits sur ces données, mais aussi sur le logiciel lui-même
                    • Les logiciels sont en général le résultat de groupes (d’individus, d’associations ou d’entreprises) ce qui garantit leur qualité et pérennité à long terme et leur neutralité
                    • Enfin, preuve de leur qualité, beaucoup de logiciels privateurs (soyons brefs en disant commerciaux) reposent sur des logiciels libres (il suffit de regarder les mentions de produits Adobe, pourtant chantre de de la privatisation des données avec des serveurs DRM, pour voir la quantité de produits libres d’une licence ou d’une autre qu’ils réutilisent, produits qui justement refusent les DRM…).

                    Rien n’est facile, finalement. La CNIL essaie de se donner de la visibilité en tapant ici et là, mais ce n’est pas la solution absolue. C’est tout l’écosystème qu’il faut améliorer pour éviter toute les dérives.

                    Microsoft s’enfonce dans le libre

                      Il est toujours amusant de voir comment le double discours se développe. Dans un sens, certaines monstres de l’informatique vante les brevets, la privation des droits des utilisateurs comme une nécessité technique ou commerciale. Mais de l’autre, on remarque qu’eux même ont une politique cachée un peu différente. Exemple : Adobe qui contribue au noyau linux pour 4% alors qu’aucun de ses produits n’est porté sous cette plateforme et qui implique qu’Adobe utilisent eux-mêmes abondamment du Linux. Bien sûr, cela ne peut être dit au grand jour au risque de casser une image pro-mac pluri-décennale.

                      Nouvelle en date : Microsoft libère ses réflexions sur des serveurs. Microsoft dans le libre, ce n’est pas nouveau. Mais bientôt on ce demandera encore pourquoi comment il se fait qu’il n’y a que les utilisateurs finaux qui n’ont pas le droit au libre et pourquoi toutes ses entreprises qui en font tant pour le libre, ne finissent pas par le dire clairement et publier eux-même au niveau grand public leurs produits sous GPL ou autre ?

                      Ce sera peut-être la prochaine étape.