Un livre sur le Blender Game Engine

    Si Gimp et Scribus sont des logiciels maintenant largement répandus dans lesquels nous avons plusieurs fois vu l’investissement récent de certains professionnels, que pouvons-nous dire de Blender ?
    C’est évidemment un logiciel unique, libre depuis longtemps et qui depuis lors évolue à une vitesse incroyable et qui a subi plusieurs révolutions ces dernières années. On a vu plusieurs courts métrages fait par la Fondation Blender, et régulièrement produits par des studios indépendants. Il aurait aussi apparemment été utilisé dans des blockbusters comme captain america. Mais, on a aussi plus récemment vu le projet Gooseberry échouer partiellement dans sa quête de financement pour aboutir à la création d’un long métrage d’envergure réalisé par des studios prestataires et sous-traitants de la Blender Fondation. Voilà pour la situation dans le monde audiovisuel classique.

    Sketch pour Gooseberry

    Un autre point que l’on oublie souvent est la capacité de Blender à produire des contenus interactifs dont les jeux sont les plus marquants. S’il existe de nombreux   jeux créés avec Blender, il n’est toujours pas facile d’en obtenir une liste organisée. De plus, les capacités de Blender dans ce domaine sont souvent dénigrées pour telle ou telle raison, parfois même par ignorance des capacités réelles.

    Cette première quinzaine d’août a vu advenir 2 événements importants et corrélés :

    • Flossmanuals Francophone, a nouveau soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie, a produit avec 14 participants un manuel sur le moteur temps réel de Blender de manière à pallier un vide marquant sur ce sujet dans les documentations en langue française. Cette production a été faite durant une période de 5 jours correspondant à leur habituel libérathon.
    • Durant cette même période, les mêmes personnes ont produit un petit jeu avec le logiciel. Celui-ci sert ici et à là de référence au livre pour montrer un exemple     plus abouti de ce qui y est abordé de façon plus simple et pédagogique. Ce jeu n’est pas encore publié mais sera disponible dans les jours qui viennent sur un site dédié : perilendaiza.com

    Rappelons que les contenus produits par Flossmanuals sont tous libres et que chacun peut y apporter sa pierre.
    Pour l’instant, les équipes font du débogage : corrections typo sur le texte et optimisation sur le jeu. Au-delà d’une période d’un mois, les annonces officielles devraient certainement arriver, le jeu être plus facilement jouable et le livre être imprimé en version papier (il est déjà disponible en PDF et epub sur la plateforme d’écriture).

    Bon Blender à tous

    Des chiffres de piratage des livres numériques

      Alors que la baisse du prix des tablettes a réveillé la vente de livres numériques, on voit déjà apparaître des grimaçants. Le taux de piratage des livres numériques serait de l’ordre de 50 %. Ça n’étonnera que ceux qui n’y croient pas. Il est un lieu commun que de dire que la sécurité en informatique est une histoire compliquée et qu’aucune protection n’est faite pour durée. On s’étonnera surtout qu’autant d’éditeur soient tombé dans le panneau, surtout après l’expérience désastreuse des DRM dans la musique.
      Ici, on parle de 71% des éditeurs qui appliqueraient une protection dont 43% pour les DRM adobe et 36% pour les watermark. Et pourtant, après en avoir formé plusieurs, avoir fait des mises en alerte comme dans ce chapitre sur le livre Créer un epub (chez un éditeur associatif qui n’applique pas de DRM, qui a de nombreux lecteurs et qui vend tout de même des livres) les arguments des vendeurs de protections semblent être plus attirantes malgré leurs chiffres décevants, allons comprendre. Il semblerait d’ailleurs que les chiffres viennent d’une entreprise de ce genre, ne soyons pas étonnés.
      Il semble, mais je n’ai pas réussi à trouver les sources fiables, que le piratage soit réparti de la façon suivante :

      • 59% BD
      • 23% SF
      • 14% Romans
      • 4% autres

      bien illustré par ce schéma que j’ai trouvé sur des dizaines de sites qui se sont contentés de le réutilisé (alors pourquoi pas moi, et oui, le numérique à cela d’affreux).

      On observera donc que la catégorie la plus touchée est celle qui ne concerne pas les livres dits sérieux (essais, philosophie). Voilà qui devraient permettre aux éditeurs d’apprécier à nouveaux ces livres qu’ils ont délaissés ces dernières années parce que trop austères :)
      Mais alors que la lecture est en recul en particulier chez les jeunes, la lecture numérique est loin de faire l’unanimité : les jeunes ne lisent pas plus de livres numériques du simple fait qu’ils sont numériques. Pire elle renforcerait le taux de distraction, comme l’affirme Roberto Casati dans Contre le colonialisme numérique.
      Les livres numériques d’ailleurs restent chers : en général seulement 30% moins cher qu’un livre papier alors que leur durée de vie n’est pas prouvée, qu’ils ne sont pas tous interopérables (transférables sur un autre type de tablette), non prétables…
      Alors que chez les jeunes les produits culturels font parti des objets d’identification, interdire le prêt entre personne c’est donc un peu tuer la poule dans l’oeuf.
      Rappelons aussi que ces personnes ne sont pas solvables à l’achat de livres, n’ayant pas de revenus. Il n’est donc pas assuré que le piratage engendre une vraie perte financière

      Autre point : il reste donc difficile d’emprunter des livres dans les bibliothèques. En contraignant à l’utilisation de certains logiciels qui ne fonctionnent malheureusement pas sur tout les supports; elles ne peuvent donc elle-même assurer leur rôle. Cela ne favorise pas la diffusion des ouvrages ce qui peut représenter un risque à long terme.
      Les éditeurs à vouloir sauver le livre, cherchent certainement à tuer la lecture : après avoir imposé une réduction de rémunération des auteurs, voilà qu’ils tentent d’empêcher les lecteurs de lire. Bientôt, ils resteront seuls avec leurs livres, mais peut-être est-ce cela qu’ils cherchent : quand on ne veut pas se faire voler son sac, on ne sort pas de chez soi, c’est tellement plus sûr. Allant à l’inverse des préconisations du Groupement pour la lecture numérique, l’histoire pourrait donc ne pas s’améliorer.

      LibreGraphicsMeeting, Vienne

        Texte encourageant affiché au metalab, vienne

        Texte encourageant affiché au metalab, vienne

        Le LibreGraphicsMeeting 2012 à Vienne vient de se terminer. L’année a encore été très riche. Elle a en particulier été le lieu de rencontres encore plus forte puisque l’événement prenait part au sein de LinuxWochen.
        On notera entre autre :
        - la sortie de Gimp 2.8 dont la compilation finale s’est faite sous mes yeux. j’ai eu le plaisir de voir mitch vider sa joie et réclamer du champagne alors qu’il ne boit plus que du Club-mate.
        - le renforcement de l’équipe de l’interface utilisateur de Scribus nommée ui-IV-iu. Une nouvelle répartition des tâches s’est faite dans le but de faire avancer plus vite le projet pour la sortie de la 1.6. Certains membres, alessandro, Cédric ont même mis la main au code. Enfin, on notera la présence pour la première fois de Cezary, développeur polonais et d’africains dont un membre de l’Association francophone des graphistes libres.
        Cette année, le programme a été marqué par une moins grande quantité de conférence, mais une plus grande présence d’ateliers permettant de réels échanges. Ricardo et Ana ont tenu un atelier sur les fontes couleur et ont mentionnés utiliser le livre de Flossmanuals francophone écrit sur le sujet en novembre dernier au sein de l’école de design et graphisme libre activdesign.
        Impossible de résumer 4 jours aussi intense en si peux de lignes. Mais nous attendons avec impatience la prochaine édition qui devrait se dérouler à madrid, au mediaLab prado.

        Kernel Panic : une fois n’est pas coutume

          Le Kernel, les utilisateurs de windows le connaissent pour ses paniques bleutées.

          Le Kernel, les linuxiens le connaissent pour les compilations qu’il demande parfois à l’ajout de module.

          Le Kernel, un utilisateur de Mac OS en a rarement entendu parlé.

          Dans le premier cas, on le subit, dans le second on essaie d’en faire quelque chose pour lequel il n’a pas encore été prévu, et dans le troisième, on attend juste que ça marche. Je ne parlerai pas du premier cas c’est le plus célèbre et même parfois la risée de toute l’informatique. Windows est particulièrement instable (même si cela se résoud apparemment avec le temps) et c’est un fait bien connu voire même l’archétype du produit pas bien conçu qui rafle la mise à des produits mieux conçus et moins chers.

          Mac OS et le Linux, tous deux des Unix, ne souffrent pas de ces défauts de stabilités, et pourtant voilà qu’en une semaine, j’ai du a en subir des deux. J’ai en effet un mac à la maison qui me sert à de la conversion de fichier envoyé par mes clients avant de les passer sur mes nombreux linux (4 à la maison) sans compter les androids.

          Enfin un kernel panic sous linux

          Enfin un kernel panic sous linux

          MacOS a la facheuse tendance de faire des mises à jour dans trop nous demander notre avis. Bon, on les accepterai certainement mais là par manque de chance, l’ordi n’a pas voulu redémarrer. Ce n’est pas la première fois, ça doit être au moins la 3° en trois ans sur ce poste. Cette fois il est intervenu à un moment où j’installai une mise à jour d’Antidote, logiciel de correction de français qui nous aide énormément pour l’édition des livres soit au sein des livres commerciaux soit au sein de flossmanuals (il n’y a évidemment pas d’équivalent libre). Bref il a fallu remettre tout le système sur pied. Le plus effrayant, c’est que dans la continuité de la logique “simplicité” d’Apple pour laquelle tout message effraie l’utilisateur, donc par lequel il est préférable de ne rien dire) l’ordinateur a simplement mouliné systématiquement. Mes enfants, et aussi moi-même avons essayé de le relancer plusieurs fois, de le laisser s’éteindre seul avant de se décider à réinstaller au bout de 3 jours de tentatives autres avortées. Un simple message de Panic nous aurait simplement éviter de perdre notre temps.

          En ce qui concerne le linux, il s’agit d’un ubuntu. J’étais en train de faire le livre sur Gimp pour flossmanuals (à venir sur flossmanualsfr.net).Voilà que j’ai besoin de faire une capture d’écran avec un menu contextuel activé sur une fenêtre et hop boom. Kernel Panic. Impossible a reproduire. Mais ce premier Kernel Panic (même si pas premier plantage) de ma vie de linuxien (16 ans tout de même) vaut bien un petit mot et un petit remerciement. Linux, grâce à Ubuntu (11.10) , est enfin un système comme les autres :)

          De la force de la liberté d’écrire

            la traduction est-elle un pillage ?

            la traduction est-elle un pillage ? et dans quel sens ?

            Pour avoir écrit de nombreux documents sous licences libres (Manuel utilisateur Inkscape, Manuel Scribus, Scribus de FM, A la SOS GIMP…) et en même temps des livres par les éditeurs, il y a de moments où la question du choix se posent.

            L’éditeur, pendant longtemps pouvait se vanter d’une force de “frappe”, un réseau de distribution important et des moyens de productions uniques. Mais voilà, le coût des impressions baisse drastiquement, les logiciels de mises en page courent les rues (et aussi les graphistes a uchômage qui essaient de garder la main) et le web permet de toucher un public qui en va plus dans les librairies.

            Les auteurs pouvaient encore se dire que l’argent qu’ils touchent en rémunération de leur texte est uen compensation au temps passé qui peut toujours au moins servir à payer un resto à sa/son bien-aimé(e) pour les soirées qu’ils ont passés seuls pendant que l’autre aligner les mots doux sur la page. Mais voilà, dans le contexte actuel, la discussion avec les éditeurs se durçit et les pourcentages diminuent. Le contenu n’est pas en reste puisque les exigences ou contraintes grandissent en particulier en matière de délais. Brefs, ceux qui se dise défendre le droit de auteurs sont bien en mal d’en apporter la preuve à ceux qui le vivent.

            Les modèles de partage basés sur les logiciels libres, s’ils n’assurent pas nécessairement de revenus supérieurs offrent une réactivité et une publicité bien supérieure. Deux exemples.

            Nous avons déjà parlé du livre sur les fontes libres écrit sous la facilitation de Flossmanuals francophone et qui a permis l’écriture d’un livre donc le contenu n’était jusqu’à présent pas traiter alors même que les livres sur la typo abondent, suite à la tendance actuelle. L’effort partagé de quelques personnes sur un temps réduit et raisonnable dans une ambiance de partage des savoirs et d’auto-émulation a permis l’écriture d’un livre unique à ce jour, qui n’aurait trouvé preneur chez aucun éditeur parce que trop spécialisé et s’adressant à un public trop restreint, bref pas financièrement intéressant.

            Ensuite, pour avoir personnellement écrit 3 livres sur Gimp, et sur Scribus et avoir été contacté par des éditeurs dans divers langues, il s’est souvent posé la question de la traduction d’un livre existant. En effet, pourquoi me demander d’écrire un nouveau livre alors qu’il suffirait de traduire un livre existant du même auteur. L’auteur en question, au lieu d’écrire 1000 pages médiocres pourraient ainsi passer plus de temps sur chaque livre permettant alors d’en augmenter la qualité. Mais voilà, l’auteur ne coûte rien à l’éditeur, puisqu’il est payé en pourcentage des ventes, alors que le traducteur doit être rémunéré directement. On voit donc comment cette politique aussi peut éventuellement conduire parfois à un appauvrissement des contenus.
            Loin de cela, le manuel Scribus écrit cet été sous une autre facilitation de FlossManuals francophone vient d’être utilisé comme base pour un manuel Finlandais ! Auparavant d’autres manuels avaient subi le même sort de passer d’une langue à l’autre et cela le plus naturellement du monde.

            Alors faut-il donc cloisonner  pour favoriser l’émergence de nouveaux contenus ou au contraire ouvrir ? Nous penchons évidemment largement pour la seconde solution. Reste à assurer la pérennité du modèle en assurant un revenu pour les auteurs qui mettent ainsi à disposition le résultat de nombreuses années de recherches et d’expérience. Les dons, ou encore le mécènat d’association ou l’achat de produits (livres ous formes epub ou imprimé en vente directe) peut éventuellement fournir des solutions. Mais cela suffira-t-il ? Et doit-on estimer que les finlandais empêchent le livre français de se développer ? Grave question :-)

            Après la 1.4, la 1.5

              Compilation de Scribus 1.5 pour la création du manuel Gimp

              Compilation de Scribus 1.5 pour la création du manuel Gimp

              A peine la version 1.4 de Scribus, me voilà à retourner dans la 1.5. Ça faisait pas mal de temps que je n’y avais pas mis les pieds faute de pouvoir m’y pencher suffisamment. Bref, Étant en cours d’écriture d’un support de formation pour Gimp, j’ai du en faire la mise en page, et j’ai donc pris le risque (comme d’habitude) de faire la mise en page dans une version de développement, la donc numérotée 1.5.

              Je dois dire que j’ai été très agréablement surpris. Nous connaissons tous les limites de Scribus : pertes de performances avec l’augmentation du nombre de page et la quantité de texte. Et bien j’ai pu faire ce document de 100 pages incluant création de graphique et d’image en 1 jour et demi, ce qui est un délai presque normal.

              Pour ceux qui voudraient tenter l’expérience, voici quelques conseils quant-aux problèmes rencontrés (il s’agit d’une version de développement non destinée à la production).

              1. La suppression d’un cadre au milieu d’un flux de cadres liés engendre un mauvais repositionnement du texte. Cela se résoud quand on ferme et ouvre le document (il doit s’agir d’un simple problème de rafraichissement) mais à un moment j’ai du refaire les liaisons qui étaient “définitivement” et partiellement perdues. A noter au pas sage un nouveau comportement de l’outil Liaison “à la” Indesign.

              2. L’export en PDF se fait par le biais de la même fenêtre. Maintenant, une fois les optiosn paramétrée, la fenêtre d’export en cours est très longue à apparaître. Ce délai semble proportionnel au nombre de page (à savoir pourquoi). Donc avant d’annuler ou de tuer le processus, laissez le plutôt le temps aux choses de se faire.

              Hormis cela, tout le reste est parait. De nouvelles options pratiques, une prises en compte du compte rendu de notre équipe UI_IV_IU pour l’amélioration de l’interface en vue de la rendre plus productive (ce n’est pas fini mais on sent la nouvelle approche poindre son nez)…

              Bref, j’adopte et vous ? testez et discutez !

              En bonus, une petite page du support de formation Gimp ainsi créé.

              Utilisation de Scribus 1.5 pour mise en page

              Utilisation de Scribus 1.5 pour mise en page

              le retour des auteurs

                Les infos fusent en ce moment sur l’évolution de l’offre de l’édition numérique. Entre l’HADOPI qui s’auto-complimente et les éditeurs de livres qui n’arrivent pas à mettre le pied à l’étrier, il est flagrant d’observer un décalage fondamental.

                Pourtant comme le MP3 ou le MP4 sont rentrés dans les moeurs, pourquoi les livres électroniques ne connaitraient-ils pas un succès ?
                D’abord le livre véhicule une image particulière : luxe, culture du à la fois à son histoire mais aussi aux changements qu’il a permis au sein de nos sociétés. Sans l’évolution des techniques d’impressions et de méthodes d’édition qui ont suivies, nos sociétés ne se seraient jamais développées de la même façon car le livre est une part importante de la formation et de l’auto-formation essentielle au développement de l’activité économique.
                Le livre, même, possède un caractère presque religieux : le livre c’est la Bible, le Coran, bref, de Saints Ecritures, comme on dit. Pas étonnant, donc que les éditeurs aient du mal à passer le cap du changement de support pour le texte.
                Ces éditeurs même ont du mal à être clairs : dans un sens ils nous disent que ce qu’achète un lecteur c’est le contenu, non le livre et dans le même temps, tout est fait pour brider l’utilisateur. Nous reviendrons sur ce point.
                Cependant, avec l’essor des tablettes numériques (plus légères et maniables que des ordinateurs) et des smartphones, voilà que l’édition électronique fait un bon aux Etats-Unis et que les éditeurs français se disent maintenant qu’il faut suivre. Bref, cela fait 10 ans que les changements sont en marche, mais on attend le dernier moment pour s’investir dans la direction. Au final, on aboutit à une sorte de précipation qui risque d’être dommageable à toute la chaîne, de l’auteur au lecteur.
                Cette chaîne, dans les accords actuels, se caractérise par une main mise des vendeurs sur le contenu. Bref, on tente de faire avec les livres ce qui n’a surtout pas marché avec la musique : formats fermés, protection contre la copie… et qui ont fait que les acheteurs en avaient assez.
                Reprenons la chaîne à partir de l’auteur. Le chiffre d’affaire de l’édition est de l’ordre de 3 milliard d’euros en France en 2010 pour 465 millions d’exemplaires vendus sur 600 000 titres dont 67 000 nouveaux. De ceux-ci, les 10 000 titres les plus vendus représente plus de 50% du chiffre d’affaire. La plupart des livres sont donc vendus à de très faibles quantité. La grande majorité des auteurs a donc beaucoup de mal à obtenir un revenu suffisant de la vente pour arriver à continuer la production de ressources.
                Les éditeurs eux-mêmes voient les ventes diminuer. L’augmentation lente de la vente électronique est loin de pallier la baisse. La solution trouvée jusqu’ici est d’augmenter le nombre de titres disponibles pour bénéficier de l’effet nouveauté. La première de cette stratégie tient dans le fait qu’elle épuise les équipes de production (auteur, relecteur, maquettiste), au détriment de la qualité et donc du lecteur (produire plus vite donc moins de temps par ouvrage, pas d’amélioration d’un texte, mais on le refait complétement). Le fait est que le temps passer à la lecture de documents longs diminue, au profit de lecture en diagonal (news sur le web, tweets…). Un français sur 2 n’a pas acheté de livre en 2010. parmi ceux-ci, 25% sont des poches, et romans+livres pratiques+scolaires représentent presque 65% des ventes. Bref, les lecteurs adultes semblent plus enclins à la lecture loisir, reléguant l’apprentissage aux enfants, ce qui limite d’autant la vente de livres qui se veulent “intelligents” ou qui sont le résultats d’innovation réelles (pas que la littérature ne puisse pas innover bien sûr !).
                Il est coutume de dire que les imprimeurs vont y perdre. Cela n’est pas nécessairement le cas. Le développement de l’impression à la demande engendre un nouveau type de service qui pourrait compenser certaines pertes dans les secteurs traditionnels du livre édité.

                Finallement, il nous reste les diffuseurs et distributeurs. Chez les distributeurs physiques de grande échelle, les rayons livres se réduisent peu à peu, focalisant toujours plus sur des grands titres. Dans le même temps, les petites librairies n’arrivent plus à suivre malgré les efforts consentis. Reste donc que les grands distributeurs qui avaient une part importante du marché sont ceux qui peuvent maintenant prendre en charge la vente électronique. Amazon, FNAC et autres vont donc se partager le nouveau marché des livres électroniques en particulier avec la mise sur le marché de matériel de lectures spécifiques. A l’heure actuel, le livre électronique reste en France très cher : en général le même prix que le livre papier alors même que ces coûts de production sont bien moindres, l’investissement quasi nul (les auteurs sont payés sur les ventes souvent 1 an après, pas de frais d’impression ni de diffusion, ne reste à payer que le staff de l’éditeur et la mise en page). Cela à l’avantage de ne pas sonner le glas du livre papier trop vite mais il semble aussi tout à fait anormal de ne pas calculer le prix d’un produit en fonction de son coût de fabrication. Les droits d’auteurs ne sont pas plus élevés, la marge augmente donc seulement pour les éditeurs et les distributeurs.
                A en juger par les récents accords signés entre ces derniers, il semblerait que les éditeurs aient mal négociés leur tournant technologique et se soient laisser dicter les termes du contrat : dans un cas Amazon prend 30% du prix de vente soit environ 5 fois plus que l’auteur qui oscille entre 5 et 15% alors même que c’est l’auteur qui passe le plus de temps à produire le document. Mais il devient courant de nos jours que le travail ne soit pas rémunéré à sa valeur réelle et que certains se réserve la plus grande part. Plus que cela, plus que de vendre sans réévaluer les revenus de totue la chaîne de production, Amazon diffusera les livres dans son format propre, ce qui empêchera l’acheteur de pouvoir livre le livre acheter sur le matériel de son souhait. Ainsi, l’édition électronique pour urdes raisons de marché, adopte une politique de prise en otage de la clientèle alors que le lecteur aimerait simplement accéder au contenu, et que des formats standards comme le epub ont été créés pour assurer la portabilité des documents.

                Cette situation peut-elle perdurer ? Il est fort possible que oui. On a bien vu il y a quelques années les formats propriétaires de musique s’écrouler face au standard MP3. Exit ceux qui voulaient avoir la main mise sur la musique. Mais cette révolution est venue des utilisateurs, en général jeunes, malins et qui communiquent beaucoup entre eux sur les astuces, qui partagent beaucoup les fichiers par manque de ressources financières. En ce qui concerne les livres, dont l’acheteur est majoritairement adulte, parfois moins technophile, dont le temps passé à chercher une solution à un impact sur sa vie familiale, il est probable que la pression sur les formats de fichier se fasse moins forte que pour la musique. Malheureusement. Comme on peut prêter un livre, ou l’emporter avec soi, comment sera-t-il possible d’emporter son livre électronique qui va nécessiter une tablette d’un certain type. En achetant des livres chez différents distributeurs, faudrat-il voyager avec les tablettes de chacun des distributeurs et la grosse valise qui va avec. Qu’en sera-t-il de la possibilité de prêter un livre à un ami si celui-ci n’est pas équipé comme nous ? Bref qu’en sera-t-il de la liberté du lecteur ?
                De son côté, l’auteur a de réelles questions à se poser. S’il vend moins, s’il n’est pas mieux rétribué sur la marge créé, s’il n’est pas mieux suivi par l’édition, n’a-t-il pas intérêt de publier ses livre en dehors des circuits constitués. Deux grandes possibilités lui sont alors offertes :
                - écrire les livres de son souhait, de la façon qu’il lui convient et organiser la publication lui-même en déposant son livre chez les distribiteurs (le même Amazon permet de faire ça depuis très longtemps). Il peut même exister des versions papiers grâce aux sites d’impression à la demande. Dans tout ces cas, l’isolement peut être lourd à porter et l’auteur aura peut-être envie de s’investir dans des réseaux d’auteurs pour bénéficier de dynamiques, de relecteurs… Dans ce cas, on préserve une forme du système actuel, une rémunération sur les ventes, aléatoires.
                - écrire des livres avec un financement préalable, un peu comme une avance. Cette avance peut être l’objet d’un contrat avec un client demandeur ou être le résultat d’une souscription. Si ce modèle est certainement peu pratique pour pour les romans puisqu’il est difficile d’investir sur une histoire qui n’est pas encore écrite (encore que cela existe dans la production filmique), cela peut être tout à fait profitable pour les livres pratiques ou qui doivent être écrits à plusieurs auteurs en partage de compétence. Dans ce modèle, l’auteur est rémunéré et sait à l’avance combien il est sur de recevoir à minima, il peut éventuellement encore percevoir des droits d’auteur selon les ventes. Dans ce contexte, le livre étant déjà financé, il est facile de concevoir que celui-ci soit disponible gratuitement ou à moindre coût, pouvant ainsi bénéficier plus facilement à tous les lecteurs indépendamment de leur ressources financières, sans discrimination. Le financeur lui-même verra son objectif rempli, peut avoir un droit de regard sur le contenu en tant que commanditaire et s’assure éventuellement une reconnaissance en tant que mécène.
                Ce dernier modèle est celui qui est suivi par de nombreux groupements d’auteurs liés au logiciel libre. C’est le cas en particulier de Flossmanuals. Ce modèle mériterait certainement d’être mis en valeur. Il permet de rétablir un équilibre de la chaîne du livre en mettant au coeur l’auteur qui partage ses compétences et ses lecteurs, à la recherche d’informations et de plaisirs, au lieu, cas actuel, de profiter avant tout aux intermédiaires.

                Nouveau livre sur Scribus : libre !

                  Une équipe de rédacteur s’est réunie début juillet pour écrire un livre libre sur Scribus sous l’égide de FlossManuals Francophone. Ce livre de plus de 200 pages écrit en 5 jours semble être actuellement la source d’information libre la plus complète à ce jour sur le logiciel de mise en page. J’ai eu l’honneur et le plaisir de participer à son élaboration avec d’autres membres utilisateurs ou contributeurs à Scribus venant de divers horizons professionnels et géographiques dans le but d’assurer un discours le plus riche et précis possible.

                  Si vous êtes utilisateurs de Scribus, je vous invite à marquer http://fr.flossmanuals.net/Scribus/Introduction dans vos marques pages. Cette documentation est prête pour la future version 1.4 qui devrait sortir prochainement.

                  Bonne lecture

                  Scribus : L’initiation à la mises en page par Cédric Gémy

                    Un livre sur Scribus

                    Un livre sur Scribus

                    Un nouveau livre sur Scribus en Français est sorti récemment aux éditions Eyrolles : Scribus, premières mises en pages professionnelles. Habitué des formations, j’ai essayé de passer les réponses aux questions qui sont fréquemment posées par les débutants, donner des éléments techniques qui permettent d’entrevoir la complexité de la tâche sans pour autant innonder le lecteur qui débute.
                    Ce livre ne remplace pas le manuel officiel auquel j’ai eu la chance de participer. Le manuel officiel est plus complet et traite par exemple des PDF orienté web, mais le manuel officiel est en anglais uniquement.
                    J’espère que comme pour GImp,le nombre de livre sur Scribus va croître de manière à ce que les lecteurs trouve la ressource qui leur convient le mieux.
                    Longue vie à Scribus !