Scribus, de la première à la dernière page

    Nous avons déjà mentionné ici les avantages que nous trouvons à Scribus et tentons régulièrement de nous faire l’écho des avancées. Il semble que les choses continuent à bouger énormément de ce côté. Après que des entreprises informatiques de la presse tel que SCS ce soit intéressé à notre logiciel, voilà maintenant un hebdomadaire qui sort entièrement réalisé avec Scribus et Gimp.

    L’axonais, produit par le patron de Oisehebdo, a donc sorti son premier numéro le 22 mai. L’équipe de travail l’a produit avec des logiciels libres pour des raisons économiques (débuter n’est pas simple) mais aussi pour des raisons d’indépendance qui est un des fer de lance du groupe. Le journal fait une cinquantaine de page et devrait être tiré à 12 000 exemplaires. Bref du pain sur la planche pour l’équipe de journaliste qui couvre le département de l’Aisne et doit réaliser le produit final.

    La stratégie ici est simple : tout papier, seulement papier. Scribus est donc au coeur de la production. Après quelques adaptations, le numéro est sorti sans problème des presses avec un super rendu sur certaines photos.

    Voilà une nouvelle preuve de ce que l’on avance depuis longtemps.

    Scribus dans la place

      logo SCS Un article intéressant sur Scribus vient d’être publié sur le site de l’afgral. Il montre que les efforts de développement et d’amélioration successifs apportés au logiciel attire sérieusement les grands acteurs du secteur. Après avoir eu depuis deux ans des discussions avec heidelberg, Adobe et pantone qui n’ont pas encore toutes portées leur fruits, voici un grande étape qui vient d’être franchie par Software Consulting Services, LLC, co inventeur des extensions XPress en portant exactement un de leur plugin majeur pour Scribus, sous Licence GPL.

      Histoire à suivre.

       

      Des dizaines de milliers de page avec Scribus

        A la question, combien de personnes utilisent Scribus, il est bien difficile de répondre. Nous pouvons affirmer que Scribus a été téléchargé 1,2 millions de fois cette année sur le site officiel, mais cela n’introduit pas les systèmes d’installation automatisé avec le propres serveurs (linux) et cela ne certifie pas que ceux qui ‘lont installé l’utilisent. Ensuite, vient donc la question de savoir si Scribus est vraiment utilisé par la création de mise en page.

        Un public varié

        Le public de Scribus est un public très varié. Il y a des bénévoles d’associations, en passant par des secrétaires plus habitué(e)s à Publisher ou encore  à des graphistes au quotidien, dont je fais parti. Finalement, ce ne sont peut être pas les graphistes qui produisent le plus de documents Scribus, cela pour diverses raisons.

        Des documents associatifs à Brest

        De passage à Brest pour une session d’animation dédiée à des conseils de mise en page pour les magazines de quartiers, il s’est avéré que tous les présents utilisaient Scribus hormis 2, travaillant avec Word et avec Xpress.
        Les tirages de ces journaux vont de 400 à 4000 exemplaires, du mensuel au trimestriel avec une longueur allant de 4 à 24 pages. Un petit calcul rapide nous conduit à estimer la quantité de pages imprimées dans ce contexte à 240 000 à l’année, ce qui représente une belle quantité dont certaines sont assez agréables et d’une qualité très acceptable avec des outils utilisés qui feraient des fois baver certains professionnels.

        Vous pouvez regarder sur le wiki de Scribus pour quelques exemples 2013 et y trouverez des liens pour des exemples des années précédentes.

        Moments forts du LGM 2013

          Organisation et déroulement du LGM

          Le Libregraphicsmeeting s’est déroulé cette année à Madrid, au Medialab-Prado et a été partiellement combiné avec Interactivos, un autre événement local.
          L’organisation avait décidé de laisser la place à des conférences de courtes durées, des workshop le midi pour couper la journée et un grand espace de travail. La “shortitude” des conférences a été l’élément qui a multiplié le nombre d’interventions et a soutenu le rythme. Si par mégarde, une conférence ne vous semblait pas intéressante, vous aviez à peine le temps d’en profiter pour aller aux toilettes ou vous désaltérer :)

          On peut globalement noter le succès en terme de visite : au moins 300 personnes présentes et une salle de conférence quasi pleine en permanence, du jamais vu au LGM, sauf pour le speech d’ouverture (qui est réputé être toujours le meilleur discours de chaque LGM ;-) ). Ce nombre peut certainement s’expliquer par la dynamique créée par le fait de la conjonction avec Interactivos mais aussi certainement par le lieu qui a une réputation, des moyens mais aussi des étudiants sur place qui ont certainement gonflés les rangs.

          LGM 2013

          Le monde du logiciel libre

          Mixité des participants

          De mon côté, je n’ai jamais vu autant de personnes avec des logiciels propriétaires à un LGM, j’espère que les conférences en auront décidé quelques uns de tenter de changer. Mais ça ne semble pas gagné : à  la présentation de Claudia sur l’avenir de la mise en page où elle mentionne la nécessité de prendre en compte l’édition électronique, une personne pose la question de savoir si elle connaît un logiciel qui a ce soucis à l’heure actuelle. Sa réponse “indesign” a fait sourire une bonne partie de l’assemblée a mauvais titre car sur d’autres points on notera Sigil ou de nombreux plugins web permettant l’epub, tous libres. La vrais question est donc alors quel workflow ? Mais ce ne semblait pas à ce moment être l’intérêt principal.

          Mikado, Tupi, Gimp

          Autres moments intéressants, la présentation de nouveaux logiciels : Mikado, éditeur d’image en mode graphe présenté par Camille, Tupi, logiciel d’animation facile à prendre en main. Ou encore de logiciels plus institués : les évolutions de Krita et quelques démons, et la traditionnelle de Gimp tentant d’expliciter les différences en Gimp et d’autres et qui a été l’occasion d’une salve savoureuse sur le thème “arrêtez de dire aux gens qu’ils doivent faire comme vous décidé et donnez leur au moins ce qu’ils veulent”.
          Pour l’an prochain, les discussions ont été longues mais la destination n’est pas encore choisie. Il faudra être patient.

          Autre aperçu, sur le site de Cédric.

          Livres électroniques et format de fichier Epub

            En informatique, les choses passent, même les écrits. Depuis 20 ans, on nous promet de lire sur le web, et ce qui va avec, la mort du livre papier, qui lui reste. Il avait déjà été “attaqué” par l’immédiateté et la disponibilité de la radio et de la télé, puis par l’interactivité du web. mais cela n’a pas encore suffit.  Comme les industriels de la musique, les éditeurs ont du mal à faire des choix stratégiques dans ce sens, et pourtant les choses bougent.

            Les choses bougent, parce que l’immobilisme de certains ne paie pas face au volontarisme des autres. Que peuvent nos éditeurs traditionnels face à la volonté, d’Apple, Amazon ou Google de développer des plateformes intégrées de vente de livre électronique. pas grand chose. Les éditeurs ont bien chacun essayé de développer leur plateforme, mais avec un succès mitigé. Qui connait ici le nom de la plateforme de vente en ligne de livre électronique des Editions Eyrolles ? Je suis auteur chez eux et j’aurai moi-même du mal à vous le dire. D’un autre côté, le département Ebook de Gallimard s’oriente vers des solutions uniques et rien de standard ce qui rend les livres chers et peu portables même si la valeur créative est indéniable. Bref, faire les choses dans son coin ne marche plus, surtout lorsque l’on est pas maître de tous les éléments.

            Les pions bougent : Accord de ventes avec Amazon… et adhésion à l’idpf (développant le format epub) sont les dernières en date. Les deux étant d’ailleurs en partie contractoires, mais qui leur en voudra de ne pas mettre leurs oeufs dans le même panier. Pour les auteurs, le choix d’Amazon va permettre de pouvoir enfin espérer profiter de vente de livres électroniques. Pour les lecteurs, il va être plus simple de trouver les livres (mais c’est dommage d’avoir une plate-forme unique) et surtout grâce à epub, fini le casse-tête de savoir si le livre sera lisible sur l’ordinateur, la tablette ou le mobile.

            Epub est un format standardisé, poussé par de gros travailleurs du web dont Adobe, Google, rejoins plus récemment par les éditeurs. Epub repose sur des normes reconnues et déjà éprouvées que sont le HTML et le CSS empaqueté dans un format spécial pour l’occasion.  Bref, il existe déjà de nombreux outils pour afficher le contenu d’un epub puisque potentiellement tout navigateur web devrait pouvoir le faire, et autant pour créer des fichiers. mais les choses ne sont pas si simples que ça, bien sûr. dans le cas du epub, comme dans le cas du HTML, le rendu peut varier selon les navigateurs, il y a des problèmes de protection du contenu (pour ceux qui souhaiterait, évidemment), et du côté de l’édition, si vous avez déjà tenté de faire un site web, vous avez du remarqué les difficultés en allant dans les détails. D’où le développement d’un marché de professionnels visant à mettre à disposition des moyens de distributions de livres, à modifier les logiciels de mise en page ou autre (Scribus, Sigil, Calibre…), et de formation pour avoir un contrôle parfait sur le sujet et le résultat. Flossmanuals et la plateforme Booki exporte déjà les contributions des auteurs au format epub de façon automatisée.

            Bref tout n’est pas rose, mais une direction est donnée, comme le Postscript et le PDF avait donné une direction à l’impression ces 30 dernières années. Tout cela va donc encore certainement évoluer, mais l’adoption du HTML5 et du scripting ouvre des voies considérables pour le livre électronique.

            LibreGraphicsMeeting, Vienne

              Texte encourageant affiché au metalab, vienne

              Texte encourageant affiché au metalab, vienne

              Le LibreGraphicsMeeting 2012 à Vienne vient de se terminer. L’année a encore été très riche. Elle a en particulier été le lieu de rencontres encore plus forte puisque l’événement prenait part au sein de LinuxWochen.
              On notera entre autre :
              - la sortie de Gimp 2.8 dont la compilation finale s’est faite sous mes yeux. j’ai eu le plaisir de voir mitch vider sa joie et réclamer du champagne alors qu’il ne boit plus que du Club-mate.
              - le renforcement de l’équipe de l’interface utilisateur de Scribus nommée ui-IV-iu. Une nouvelle répartition des tâches s’est faite dans le but de faire avancer plus vite le projet pour la sortie de la 1.6. Certains membres, alessandro, Cédric ont même mis la main au code. Enfin, on notera la présence pour la première fois de Cezary, développeur polonais et d’africains dont un membre de l’Association francophone des graphistes libres.
              Cette année, le programme a été marqué par une moins grande quantité de conférence, mais une plus grande présence d’ateliers permettant de réels échanges. Ricardo et Ana ont tenu un atelier sur les fontes couleur et ont mentionnés utiliser le livre de Flossmanuals francophone écrit sur le sujet en novembre dernier au sein de l’école de design et graphisme libre activdesign.
              Impossible de résumer 4 jours aussi intense en si peux de lignes. Mais nous attendons avec impatience la prochaine édition qui devrait se dérouler à madrid, au mediaLab prado.

              LGRU Clos

                LGRU Bruxelles

                LGRU Bruxelles, quelques projets

                La session de travail LGRU est arrivée à terme et la collaboration a été productive : plus d’une centaine de travaux ont été produits en 3 jours dans un esprit positif de partage et dans la volonté de faire avancer la corrélation entre les outils et les pratiques créatives. Voici ici, notre sélection de documents :
                - un script de Cédric permettant d’apprécier l’action d’un logiciel sur la génération automatique de blancs : Scribus whiteSpace générator (PDF + Fonte)
                - impliedSpaces un script sympathique de Ricardo qui remplace la valeur de séparation des blancs par l’action d’une valeur de couleur dans le texte, joli et utile si on considère que l’on pourrait économiser beaucoup de papier en utilisant une telle technique
                - A la recherche des contours lors de l’atelier SVG from scratch, on aurait pu dire SVG sans ordi, finalement
                - Croquis fontes et édition de fontes en ligne
                - Dans le même atelier qui a fait émerger le ScribusWhiteSpaceGenerator on a aussi vu cette idée intéressante de Camille ou encore de Denis.

                et évidemment beaucoup d’autres bonnes choses…

                Prendre la mesure des conversions d’utilisateurs

                  Dans un précédent post, je m’étais amusé à décrire les difficultés et remarques de certains de mes étudiants en communication et éducation. Changement d’année, et changement d’étudiants. Que dire des nouvelles promos ? On peut observer, comme souvent une augmentation de l’aisance dans la manipulation. Bref, il est globalement plus simple de faire reproduire des étapes. Cependant peu de choses concernant la productivité et la compréhension globale d’un travail à l’aide de l’ordinateur, voire pire encore toujours cette sorte de scission mentale.

                  Notre exemple de dissonance

                  Un exemple simple qui illustrera le propos avant de passer à des listes plus longues de preuves : décrivant le fonctionnement d’un logiciel, je demande de passer par le menu Fenêtre>Pages. A cela, on m’oppose.

                  • Il est où le menu ?
                  • je répond “Pages, dans le menu Fenêtre, tout à droite du menu…ici” (preuve par la projection de mon écran)…
                  • Puis contraint de me déplacer pour montrer avec mes gros doigts sur l’écran “” puisque même de le montrer au projecteur ne suffit pas.

                  C’est un exemple, mais cependant très fréquent. Pas seulement en cours d’informatique à l’université, mais aussi en situation de formation professionnelle. Cependant la plupart des professionnels ont appris sur le tas alors que les étudiants cumulent des centaines d’heures de cours sur le sujet et semblent manipuler tout ça comme des rois. On peut donc en tirer quelques remarques :

                  • s’agit-il d’un manque d’attention ? je ne pense pas, la plupart des étudiants dont je parle là sont sérieux (il existe des étudiants non sérieux qui au bout de plusieurs cours ne connaissent toujours pas leur mot de passe ou ne savent toujours pas lancer un logiciel sur un mac, mais là c’est un autre problème)
                  • s’agit-il d’un manque de prise en compte de l’informatique dans un système éducatif ? je ne pense pas non plus, les heures attribuées à l’informatique n’ont fait qu’augmenter ces dix dernières années, donc l’effort est réel du point de vue des moyens pédagogiques
                  • Est-ce le manque de pratique des étudiants ? Là encore, au vu des deux premiers arguments, clairement non. Ils seraient même plutôt addict (pas du cours en lui-même mais des écrans en général)

                  L’incompréhension Humain-Machine-Humain

                  De mon point de vue, je situerai le problème à un autre niveau :

                  • difficulté à porter son attention sur deux niveaux (niveau enseignant – écoute, et niveau ordinateur, action). Les psychologues pourraient donner leur avis à ce sujet;
                  • manque de prise de recul vis-à-vis des logiciels qui empêche de voir les points communs aux interfaces graphiques. C’est un problème global et qui ne facilite pas la prise en main des logiciels ni les migrations des logiciels propriétaires vers les logiciels libres;
                  • report des difficultés sur l’ordinateur, car c’est bien connu que “c’est trop compliqué” ou que “c’est bête ces machines” alors que la difficulté est souvent dans l’objectif fixé et la rétention dans la tête de celui qui est devant.

                  Bref, on les placerait alors dans différents niveaux de dissonances cognitives. Ce serait ici l’expression la plus simple de la difficulté à transférer les connaissances dans différents contextes. Un exemple ici qui s’est exprimé plusieurs fois durant un cours unique en préparation d’image pour la mise en page :

                  Cas 1 : On demande aux étudiants de préparer dans un logiciel (disons Gimp ou Photoshop) les images à la taille qu’elles devront avoir dans un autre (disons Scribus ou Indesign). Les étudiants veulent une image de 90mm. En fermant l’image et la rouvrant, ils m’appelent pour me dire que le logiciel ne tient pas compte de leur saisie, puisque l’image fait maintenant 9cm. Quand on leur répond que tout est bon, ils insistent. Quand on leur dit que 90mm=9cm, ils en doutent d’abord avant de se rendre à l’évidence.

                  Ah, les chiffres et les computers !

                  Ah, les chiffres et les computers !

                  Cas 2 : Des étudiants demandent quelle taille doit faire une image qui recouvre deux pages. Je leur met la puce à l’oreille en leur disant que l’image doit faire deux fois la dimension définie pour les pages du document. Ma réponse ne semblant pas satisfaire puisqu’on me répond “oui mais combien ?”. Je leur répond que je ne connais pas la taille de leur page. Ils me répondent alors A4. A quoi je dis que l’image devra faire A3. A quoi ils me répondent, c’est quoi A3. Je dis deux fois A4 (pour rappel dans un logiciel de mise en page, il n’y a pas de taille de document par défaut, c’est donc les étudiants qui ont explicitement choisi le format). Je leur demande combien fait un A4. Ils ne savent pas. Alors, de mon point de vue, ignorer la dimension d’un A3 est compréhensible, ignorer les dimensions exactes d’un A4, pourquoi alors qu’ils utilisent tout de même ce format tous les jours et qu’ils impriment des documents et dossiers à foison, mais qu’ils ne sachent pas quelle dimension ils ont donné à leur document, c’est un autre problème. Je leur demande donc comment ils feraient pour savoir comment ils pourraient connaître la dimension de la page : et là ils me répondent, en l’imprimant comme si l’imprimante était une preuve alors qu’ils suffirait qu’ils retournent dans la fenêtre dans laquelle ils ont mis cette dimension. Bref, je suis contraint de leur dire que le A4 c’est 21×29,7 cm et que le A3 est 2 fois plus grand…silence, puis réponse 42x58quelque chose. Bref, le 2 fois plus grand est bon, mais pas tout à fait. Je vous laisse trouver, chers lecteurs, j’ai évidemment donné la réponse, mais un peu irrité quand même. (au passage, bravo la capacité de recherche sur internet aussi : http://fr.flossmanuals.net/scribus/ch010_format)

                  Posséder l’outil avant qu’il ne vous possède

                  L’informatique ne peut résoudre tous les problèmes. L’outil n’est qu’un outil, et il fait ce qu’on lui dit. Lorsqu’une tâche est répétitive, l’ordinateur est parfait pour la répéter, pourvu qu’on lui dise ce qu’il doit répéter. Mais c’est à l’utilisateur de savoir ce qu’il veut. La réponse fréquente des personnes en difficulté est la suivante : “pourquoi ils ne créent pas un menu pour ça ?” La réponse est simple : créer une menu pour chaque problème potentiel multiplierai de façon insupportable le nombre de menus et rendrait les logiciels encore plus complexes. Et les interfaces adaptatives ne peuvent pas faire grand chose pour savoir ce que la personne souhaite, malheureusement.

                  Comprendre le sens de sa question

                  Comprendre le sens de sa question, une étape essentielle

                  Bref, le problème n’est pas dans le logiciel. Il est :

                  1. dans la prise de conscience de ce que l’utilisateur souhaite produire
                  2. de l’explication de cette volonté en termes techniques
                  3. du transfert des termes techniques en termes informatiques liés au logiciel

                  Ne pas comprendre la relation entre mm et cm ou A4 et A3, ne sont pas des informations informatiques. Ce ne sont pas non plus calculs quantiques complexes. Les enfants apprennent ça en primaire. Et chaque étudiant fait évidemment des choses bien plus compliquées très régulièrement (comme calculer ce que va leur coûter l’augmentation de la TVA sur le prix de leurs études).

                  Tout se passe donc comme ci, les connaissances, pourtant simples, bien intégrées, ne pouvaient être transférée dans un nouveau contexte. L’informatique semble donc être bien plus virtuelle qu’on ne l’imagine. Les règles y serait même différentes. En conclusion, rendre l’utilisation de l’informatique accessible va donc passer par ces points :

                  1. montrer le prolongement entre l’ordinateur est la réalité
                  2. faire comprendre les impératifs (en particulier métiers) auxquels les logiciels répondent, au lieu de commencer d’abord par le logiciel en pensant que “ça le fera comme ça“.
                  3. ne pas répondre oui quand un étudiant dit que ce n’est pas grave s’il y a des erreurs puisqu’il n’est pas dans une situation réelle de production : et leur répondre que l’école sert justement à prendre des réflexes avant d’être en production, et que l’école est justement un temps attribué à ça, dans un environnement protégé, non concurrentiel.

                  On observe donc une sorte d’aisance dans le mouvement des mains et des bras. J’obtiens même chaque année des résultats graphiques qui s’améliorent. Ils semblent comprendre plus vite, (et tout cela n’est pas de mon fait), mais pour au final aboutir au même résultat : il n’y a pas incorporation de la connaissance, pas de réflexes cognitifs qui lie immédiatement le corps et l’expression de la volonté. Le système éducatif semble avoir échoué sur ce point : à Bac + 2 les outils de productivité sont systématiquement mis à la trappe, les étudiants (hormis certains évidemment) remplissent les cases demandées sans réellement s’investir outre mesure. Il n’y a pas d’implication au sens propre. L’ordinateur est perçu comme un pragmatisme absolu, le règne de l’action, le Sarkozysme de la technique sans bilan ni vision à long terme : bref, cliquer pour cliquer puisque le prochain clic résoudra le précédent.

                  Le logiciel libre donne leur chance aux utilisateurs de comprendre. Si on a tendance à dire qu’un Ubuntu est aussi simple qu’un mac, on dit aussi toujours que l’objectif n’est pas là, qu’on le personnalise et rajoute ce qu’on veut… Comprendre ce qu’on souhaite et le faire avec les meilleurs moyens possible. Pas comme cette stagiaire que j’ai eu qui écrivait du HTML dans Dreamweaver parce que son enseignant lui avait dit qu’il fallait ce logiciel pour faire des sites (a-t-elle tout compris ou l’a-t-il vraiment dit?). Quoi qu’il en soit, j’espère qu’Activdesign donnera une meilleure à ces étudiants de comprendre l’importance de leur place dans la production et que FLossmanuals sera à même de les aider.

                  “Ca ressemble à quoi, compiler scribus ?”

                    On m’a une fois demandé : “Ça ressemble à quoi de compiler Scribus ? j’aimerai faire ça un jour pour voir à quoi ça ressemble !” (pardonnez, la citation est approximative, mais je ne cite pas l’auteur vous remarquerez !). Bref on me demande ça parce que je suis graphiste et qu’on se dit qu’une compilation ça doit être beau. Quelque part. Le top 10 des messages informatiques époustouflants réuni en une ligne de commande.

                    Comme souvent, il y a plusieurs réponses à une question. C’est mon côté normand, mais c’est un côté universel. En fait, ça dépend de ce qu’on attend.

                    Si on va sur le site de Scribus, on voit que ça ressemble d’abord à ça :

                    /usr/local/bin/cmake . -DCMAKE_INSTALL_PREFIX:PATH=/opt/scribus134cvs -DWANT_CAIRO=1 -DWANT_DEBUG=1 -DWANT_VERSIONING=1

                    enfin si vous êtes sur le bon système (Linux) et que vous avez préparé les pinceaux comme il faut (et la liste est assez longue ici). Personnellement, je ne peux pas m’en tenir à ce qu’on me donne pour acquis alors, ça donne ça :

                    #!/bin/sh
                    
                    if [ $# -lt 1 ] ; then
                    echo "Vous n'avez pas passe de parametre"
                    else
                    echo 'argument 1 : ' $#
                    fi
                    # svn co svn://scribus.net/trunk/Scribus #Scribus trunk 1.5
                    
                    scribuslocal(){
                    #-DWANT_SCRIPTER2=1
                    if cd /home/cedric/sources/Scribus && svn update && cd scribus && svn log -rBASE:HEAD && cmake .. -DWANT_PRIVATE_CAIRO=1  -DCMAKE_INSTALL_PREFIX=/home/cedric/sources/build -DWANT_DEBUG=1 -DWANT_NOOSG=1 -DWANT_SCRIPTER2=1 && make && make install
                    then
                    SCRIBUS="\033[032m OK \033[0m"
                    else
                    SCRIBUS="\033[031m Error \033[0m"
                    fi
                    }

                    ça donne un joli résultat de ce type là :

                    Message de compilation de Scribus

                    Message de compilation de Scribus

                    C’est l’avantage de l’informatique : vous faites un truc et l’ordinateur en fait un autre. Un générateur de créations en sorte. Quand il y a des bogues c’est encore mieux :)

                    Mais on peut aussi le voir comme ça : son effet sur les processeurs avant l’effet qu’il ne produit sur vous. Parfois l’effet est simultané : il suffit de mettre sa tête auprès du ventilateur pour avoir les cheveux au vent comme les starlettes de road movie (homme ou femmes, à cheveux longs de préférence). Enfin si l’envie vous en prend, protégez vos oreilles, sinon otite ou autres problèmes promis.

                    Enfin donc, n’est pas artiste qui veut. Il faut en jouer de son corps, c’est ainsi. Il faut aussi être patient, vous ne croyez tout de même pas qu’on invente à chaque instant ! Non, nous avons besoin du bon algoritme associé au bon contexte (certain prennent même des produits prévus pour et pas vendus dans le commerce parce que pas autorisés. Et il paraît que l’État veut développer l’innovation, mon oeil !).

                    Attention c’est une création unique si j’utilise à nouveau la même représentation de la demande, j’obtiendrai un résultat différent. Même cause, effets différents :) Remarquez comme c’est joli avec plein de couleur et que la charte graphique est pourtant strictement respectée.

                    Merci Scribus et avis à ceux qui veulent tester, qui y ont mis ou veulent y mettre leur corps, leur coeur et leur temps.

                    De la force de la liberté d’écrire

                      la traduction est-elle un pillage ?

                      la traduction est-elle un pillage ? et dans quel sens ?

                      Pour avoir écrit de nombreux documents sous licences libres (Manuel utilisateur Inkscape, Manuel Scribus, Scribus de FM, A la SOS GIMP…) et en même temps des livres par les éditeurs, il y a de moments où la question du choix se posent.

                      L’éditeur, pendant longtemps pouvait se vanter d’une force de “frappe”, un réseau de distribution important et des moyens de productions uniques. Mais voilà, le coût des impressions baisse drastiquement, les logiciels de mises en page courent les rues (et aussi les graphistes a uchômage qui essaient de garder la main) et le web permet de toucher un public qui en va plus dans les librairies.

                      Les auteurs pouvaient encore se dire que l’argent qu’ils touchent en rémunération de leur texte est uen compensation au temps passé qui peut toujours au moins servir à payer un resto à sa/son bien-aimé(e) pour les soirées qu’ils ont passés seuls pendant que l’autre aligner les mots doux sur la page. Mais voilà, dans le contexte actuel, la discussion avec les éditeurs se durçit et les pourcentages diminuent. Le contenu n’est pas en reste puisque les exigences ou contraintes grandissent en particulier en matière de délais. Brefs, ceux qui se dise défendre le droit de auteurs sont bien en mal d’en apporter la preuve à ceux qui le vivent.

                      Les modèles de partage basés sur les logiciels libres, s’ils n’assurent pas nécessairement de revenus supérieurs offrent une réactivité et une publicité bien supérieure. Deux exemples.

                      Nous avons déjà parlé du livre sur les fontes libres écrit sous la facilitation de Flossmanuals francophone et qui a permis l’écriture d’un livre donc le contenu n’était jusqu’à présent pas traiter alors même que les livres sur la typo abondent, suite à la tendance actuelle. L’effort partagé de quelques personnes sur un temps réduit et raisonnable dans une ambiance de partage des savoirs et d’auto-émulation a permis l’écriture d’un livre unique à ce jour, qui n’aurait trouvé preneur chez aucun éditeur parce que trop spécialisé et s’adressant à un public trop restreint, bref pas financièrement intéressant.

                      Ensuite, pour avoir personnellement écrit 3 livres sur Gimp, et sur Scribus et avoir été contacté par des éditeurs dans divers langues, il s’est souvent posé la question de la traduction d’un livre existant. En effet, pourquoi me demander d’écrire un nouveau livre alors qu’il suffirait de traduire un livre existant du même auteur. L’auteur en question, au lieu d’écrire 1000 pages médiocres pourraient ainsi passer plus de temps sur chaque livre permettant alors d’en augmenter la qualité. Mais voilà, l’auteur ne coûte rien à l’éditeur, puisqu’il est payé en pourcentage des ventes, alors que le traducteur doit être rémunéré directement. On voit donc comment cette politique aussi peut éventuellement conduire parfois à un appauvrissement des contenus.
                      Loin de cela, le manuel Scribus écrit cet été sous une autre facilitation de FlossManuals francophone vient d’être utilisé comme base pour un manuel Finlandais ! Auparavant d’autres manuels avaient subi le même sort de passer d’une langue à l’autre et cela le plus naturellement du monde.

                      Alors faut-il donc cloisonner  pour favoriser l’émergence de nouveaux contenus ou au contraire ouvrir ? Nous penchons évidemment largement pour la seconde solution. Reste à assurer la pérennité du modèle en assurant un revenu pour les auteurs qui mettent ainsi à disposition le résultat de nombreuses années de recherches et d’expérience. Les dons, ou encore le mécènat d’association ou l’achat de produits (livres ous formes epub ou imprimé en vente directe) peut éventuellement fournir des solutions. Mais cela suffira-t-il ? Et doit-on estimer que les finlandais empêchent le livre français de se développer ? Grave question :-)