Références

    La structure à champs multiples, sémantiques ou visuels, superposés, provoque à la fois une vision mobile à la recherche d’une clarté maximale et une lecturedes diverses couches visibles, nécessitant un regard attentif et précis, c’est-à-dire haptique. Chercher, comparer, c’est utiliser la faculté de vision locale du regard, et l’analyse semble proche de l’haptique. Le transparent prend alors cette qualité à laquelle il faut ajouter l’analogie, dûe au reflet. Comparer les choses re-présentées, essayer de comprendre l’espace perçu par l’intermédiaire d’un transparent, conduit à repenser la possibilité de globaliser, qui devient alors dépendante de la localité. La pulsion de voir doit faire la part des choses et use de la globalisation et de son savoir de la variabilité de l’espace. Mais l’objet reflété sur un transparent ne montre pas nécessairement ces caractéristiques qui permettraient de le reconnaître au prime abord. Parce que l’environnement est important pour comprendre le reflet, les différents angles et puissances qui se répartissent entre l’oeil, le transparent, les percepts, la lumière et les objets font qu’on ne peut nier le besoin de structurer l’espace visionné. Le spectateur en se déplaçant peut masquer des objets potentiellement reflétables. Il devient l’un des garants de la variabilité de l’ensemble, qui sans lui reste identique, un peu comme dans Present Continuous Past de Dan Graham. Mais Dan Graham, en utilisant le placement en vis-à-vis favorisait le caractère auto-référentiel de l’ensemble, identique et immuable, que contrariait l’intrusion du spectateur de la petite salle. Pourtant le caractère auto-référentiel n’est pas sans intérêt, puisqu’il est effectif du fait même qu’un dispositif de reflet occupe une pièce fermée.Mais l’haptique ne peut être complète dans une pièce complètement faite de miroir. De petites structures isolées mais se répondant vont favoriser l’approche du spectateur sans l’empêcher de regarder l’ensemble. Dans l’oeuvre de Dan Graham, le reflet était le meilleur moyen de provoquer l’auto-référence, mais dans le cadre de l’haptique, c’est plus le type de regard, les angles de vues, que les spec-tateur va appliquer à la surface des transparents qui va donner l’aspect à la globalité d’un travail mais aussi à ses localités. Le spectateur, une fois de plus, est nécessaire à l’accomplissement. Les représentations que nous façonnons du monde participent d’une construction globalisante de l’espace. La représentation montre les objets dépouillés à partir d’une tour panoptique ou une boule de cristal qui permet de tout saisir d’un seul lieu, d’un seul point de vue mais laissant les particularités. Les représentations pictu-rales ont bien essayées de s’approcher de l’objet mais celui-ci est toujours globalisé. L’entrée dans l’espace abstrait des représentations fait quitter l’objectité du monde pour introduire le domaine du code, de l’invariant. La vision qu’Hilde-brand appelle optique serait ainsi plus proche de la pensée dans ce qu’elle a d’abstractisant. Le dialogue privilégié qui se créerait entre les deux engendrerait une représen-tation de plus en plus auto-référentielle. Cela produit un retournement. Two Way Mirror Bridge a cette même tendance à se reflété lui-même. La struc-ture faisant office de toit reflète l’eau qui est sous elle, et l’eau renvoie son image à ce toit. Le reflet y apparaît comme d’une importance capitale dans l’ordonnance-ment. Pour éviter une certaine impression de chaos, le champ perceptif, le regard rapproché sont d’une extrême importance puisqu’il permet de déceler le détail qui va permettre de visualiser et d’organiser. Diller + Scofidio nous montraient déjà que la construction mentale d’un plan était sinon nécessaire, dumoins bien utile au spectateur. En tous lieux, l’haptique et l’optique se répondent et la transparence étant un bon médium pour l’un peut peut-être aussi le devenir pour l’autre.Chairs in Space de Larry Bell est un bon exemple de cette confusion qui peut régner entre différents plans et un transparent. Ici aussi, l’oeuvre est composée de plusieurs éléments qui se répondent. L’un des élément qui nous paraît central de l’ensemble est la place occupée par le siège blanc : il n’est jamais visible complètement mais se montre par deux fois. Il faut regarder de près, étudier la configuration de la scène pour comprendre l’ensemble et pouvoir répondre aux questions posées par l’auteur (voir ci-contre). Ces questions sont la mise en oeuvre même du doute qui peut peser sur ce qui est perçu.Il est ici nécessaire d’étudier attentivement les positions et les angles afin d’obtenir les réponses. Cet exemple extrême nous montre bien que le transparent n’est pas nécessairement un élément de clarté, et qu’il demande un regard local et précis, et une attention toujours en alerte.

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