Introduction

    Les matériaux transparents entretiennent un lien particulier avec la lumière. Ces corps ne se contentent pas de laisser passer la lumière. A priori, ils n’ont pas tendance à exprimer visuellement leur présence. Mais comme pour l’air et l’eau, personne ne peut remettre leur existence en cause. Les transparents semblent être peu visibles et c’est souvent pour cette raison qu’ils sont utilisés. Ils ont été et sont toujours de grandes difficultés pour l’art pictural, du fait que le médium opaque est en confrontation directe à son opposé.Mais comme si le transparent était égal à toutes choses, la lumière peut le faire apparaître en profitant alors de certaines conditions environnementales et de l’acte toujours inquisiteur de l’oeil. L’oeil cherche les obstacles au corps, les choses palpables; la manière dont il voit les choses a à voir avec le toucher : dans sa quête, il se déplace et ne s’intéresse qu’à de petits lieux qui occupent alors sa conscience. L’oeil rapproche les choses qu’il regarde intensément. Cela semble avoir été souvent utilisé par les codes humains (écritures, cartographie, repré-sentations diverses …). L’oeil permet iné-vitablement l’apparition du transparent en captant ses fins lieux.Parce que les conditions environne-mentales qui vont faire qu’un transparent va se montrer s’expriment souvent sur des espaces limités, le reflet devient l’un des éléments essentiel de sa visibilité. Le jeu des angles, des lumières va faire que le transparent se montre par l’intermédiaire des objets reflétés. Alors que le code, qui multipliait abstraitement les choses, était lié à l’haptique, il s’avère que le transparent prend alors ses mêmes qualités: c’est ainsi que la transparence a pu servir de métaphore à la représentation depuis Alberti, en y ajoutant la similitude de sens avec la perspective. Cette assimilation doit cependant être limitée puisque le reflet souvent présent sur les transparents occasionne des mélanges. Dürer lui-même n’aura pas porté attention à ces images présentes sur le verre, puisqu’il l’utilise pour représenter le perspect seulement. Dans cette optique, la toile sera elle-même quelque chose de blanc mais de trans-parent, un diaphale*.L’accumulation des images présentes sur un transparent oblige alors a faire des choix, à s’éloigner de la vision pure. Ainsi, c’est paradoxalement par la quête haptique du lieu, de la visibilité du transparent, que la globalisation, que le code est engendré. Les interférences obligent à trouver des référents et à classer, à interpréter.Les liens entre les choses émergent en tant que nécessités compréhensives (dans le sens courant mais aussi dans le sens étymologique de prendre ensemble). La transparence et la perspective n’ont pas émergé simultanément par hasard.

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