Développer (pour) le libre

    Présents aux Rencontres des cyberbase à la Cité de sciences en cette fin de mois d’octobre, j’ai eu l’occasion de m’apercevoir que le mouvement en faveur des logiciels libres de graphisme commençait à prendre de l’ampleur. De nombreux animateurs présents étaient friands de compléments ou d’initiations et affirmaient l’utiliser pour la comm de leur base ou pour leur ateliers. Bref, l’idée qu’il faille soumettre Photoshop ou Indesign a chacun a vécu, et le choix d’un logiciel libre semble aller de plus en plus de soi.
    Cela ne doit pas masquer les difficultés qui restent dans le logiciel libre, en particulier dans des niches particulières dont le graphisme professionnel ou amateur éclairé est proche. Le secteur manque d’implication de contributeurs à double compétence (graphique et programmation) que d’autres ne semblent pas subir (la 3D ou le web) et le temps des contributeurs bénévoles est limité. Cela ne me pose personnellement aucun problème mais à ceux qui ne voient pas bien la différence entre libre et gratuit, le problème existe réellement au risque de dévaloriser les logiciels. D’un autre côté, l’augmentation de la taille des projets peut réduire le temps de développement en transférer du temps de codage en temps d’organisation. Les logiciels libres reposant sur le bénévolat doivent apprendre à composer avec cette évolution. On le sent dans Gimp par son inertie mais aussi dans Inkscape qui peine depuis 2 versions à tenir ses objectifs et Scribus de son côté évolue bien vite, mais sans réussite à se stabiliser. Mais le nombre de développeurs voulant développer professionnellement pour ce genre de solutions s’étoffe, la solution pourrait peut-être venir de ce côté. Il reste donc aux financeurs, mécènes éventuels à se faire connaitre. Des réseau comme creationlibre ont engagés cette voie en créant des liens directs avec les développeurs, mais il reste encore à chacun d’entre nous, utilisateurs, à prendre conscience que quelques dizaines d’euros apportés mais cumulés à grande échelle, peuvent permettre de faire des miracles à moyen terme.
    J’espère que la future association de promotion pour l’utilisation des logiciels libres de graphisme pourra desinhiber certaines personnes et permettre un financement de certains projets parfois de faibles ampleurs, mais importants du point de vue de l’utilisateur. Après la démocratisation, c’est donc la seconde étape, la fiabilisation de la relation entre utilisateurs et leur logiciel libre favori qui pourra donc lors être abordés soit du point de vue professionnel (avec Creationlibre) soit du point de vue associatif.
    Chaque jour est un nouveau départ, non ? Vous aurez cependant compris que je ne parle pas de développement personnel, mais de développement personnalisé :)

    Blender pousse le libre

      blenderdrawJ’avais un article en préparation sur l’adaptation du développement des logiciels de graphisme à une logique d’utilisation à grande échelle. Et voilà que Blender le rend presque caduque, il va employer un salarié a temps plein. En même temps CGCookie lance une variation Blendercookie, signe de l’importance du logiciel et enfin, BlenderGames ouvre ses portes et se spécialise dans les jeux créés avec Blender. En l’espace de quelques jours, le visage de la 3D libre se transforme, se spécialise même, et montre encore son dynamisme. Un exemple à suivre ?