Google, l’auteur absolu

    Malgré tous les efforts réalisés par de nombreuses communautés pour dénoncer les clauses abusives de certains services en ligne et malgré le discours toujours plus grandissant sur la propriété intellectuelle et le droit à l’image, il semble cependant que la réalité prenne une autre direction.

    En exemple encore les modifications apportées récemment aux conditions générales google que nous ferons suite à notre article publié il y a déjà presque 2 ans.

    Google analyse les contenus

    Alors que tout le monde s’offusque des pratiques de la NSA ou des renseignements généraux, Google inclus, il se pourrait bien que Google ait compris que cette indignation ne soit que de façade.  En effet, la licence mentionne maintenant clairement :

    Nos systèmes automatisés analysent vos contenus (y compris les e-mails)

    Brefs, si vous pensiez que Google ne pouvez pas tout lire et que vous pouviez dormir sur vos deux oreilles, vous voilà mal à l’aise. En effet, pour preuve, les charges matérielles de Google pour l’achat de serveurs sont toujours plus importantes, dans l’objectif bien sûr d’avoir de la marge de stockage mais aussi de la puissance d’analyse. Les investissements dans des produits domestiques comme robots ou même si cela fait rire, des détecteurs de fumée, en sont un autre exemple. J’ai comme l’impression qu’un loi passera bientôt obligeant chaque particulier à avoir un détecteur de fumée chez lui et que Google se proposera d’équiper gratuitement ou à peu de frais tous les appartements avec la clause : “tout ce que vous direz peut être utilisé contre vous” parce que les détecteurs de fumée seront évidemment équipés de détecteurs sonores et autres systémes de captures de l’environnement et seront tous en réseaux, vosu savez, les objets connectés, la domotique, le truc qui vous permet de fermez vos volets de votre travail, pour être sûr que le soleil d’hiver n’abîme pas vos meuble.

    Google posséde vos contenus autant que vous

    L’autre point habituel concerne donc la propriété. En France, toute personne est propriétaire de fait du contenu qu’elle produit. Ainsi, lorsque vous gribouillez un dessin sur une nappe de restaurant, vous en êtes immédiatement l’auteur officiel. Ce droit s’applique pour tout ce qui est faisable avec votre création. Rappelons que partant de là, les contenus sur le web ne sont pas réutilisables à moins que le site ne le mentionne expressément. Et pourtant Google vous oblige à lui céder vos droits sur vos créations :

    Lorsque vous importez, soumettez, stockez, envoyez ou recevez des contenus à ou à travers de nos Services, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage public ou de distribution publique desdits contenus. Les droits que vous accordez dans le cadre de cette licence sont limités à l’exploitation, la promotion ou à l’amélioration de nos Services, ou au développement de nouveaux Services.

    Ainsi, si vous êtes poètes et que vous envoyez votre merveilleux roman par votre compte gmail, google devient propriétaire de votre roman. Bref, la poste, à côté, c’est mignonnet. Vive le bon vieux papiers. Si vous vous dites que vous allez utilisez un autre services, ne vous inquiétez pas ils font tous ça, pour rappel la licence windows 8.

    Quoi qu’il en soit, comparons à ce que Google nous offre :

    Google vous concède, à titre gratuit, une licence personnelle, non-cessible, non-exclusive et pour le monde entier, d’utilisation du logiciel qui vous est fourni par Google dans le cadre des Services. Cette licence est exclusivement destinée à vous permettre d’utiliser et de bénéficier des Services fournis par Google, dans le respect des présentes Conditions d’Utilisation. Vous n’êtes pas autorisé à copier, modifier, distribuer, vendre ou louer une partie ou la totalité de nos Services ou des logiciels qui en font partie

    Cela me semble peu équitable? pas vous. Et la petite cerise :

    L’utilisation de logiciels Open Source est importante pour nous. Certains des logiciels utilisés par nos Services peuvent être proposés sous une licence Open Source que nous mettrons à votre disposition

    Logiciels libres qui justement défendent corps et âmes ma protection de la vie privée. Bref, on aime on utilise mais on ne pense pas comme eux.

    Le pire : les utilisations professionelles

    De nombreuses entreprises utilisent les services de google : gmail, gdocs. C’est purement aberrant: comment écrire des brevets en utilisant des outils dont la licence stipule que l’auteur du logiciel sera propriétaire du contenu. Comment écrire sa belle stratégie commerciale alors que Google est à l’écoute ?

    Mais enfin, parce que cela est facile à utiliser me dira-t-on. Certainement, Mais je n’ai jamais pensé qu’un clic à gauche était plus simple qu’un clic à droite, ou nous n’avons pas la même notion de la simplicité. Ce qui m’inquiète plus concerne la clause de non garantie :

    SAUF TEL QU’EXPRESSÉMENT PRÉVU PAR LES PRÉSENTES CONDITIONS D’UTILISATION OU DES CONDITIONS D’UTILISATION ADDITIONNELLES, NI GOOGLE, NI SES FOURNISSEURS OU DISTRIBUTEURS, NE FONT AUCUNE PROMESSE SPÉCIFIQUE CONCERNANT LES SERVICES. PAR EXEMPLE, NOUS NE NOUS ENGAGEONS AUCUNEMENT CONCERNANT LE CONTENU DES SERVICES, LES FONCTIONNALITÉS SPÉCIFIQUES DISPONIBLES PAR LE BIAIS DES SERVICES, LEUR FIABILITÉ, LEUR DISPONIBILITÉ OU LEUR ADÉQUATION À RÉPONDRE À VOS BESOINS. NOUS FOURNISSONS NOS SERVICES « EN L’ÉTAT ».

    Bref, votre dossier de dépot de brevet que vous avez envoyé à vos collègue peut par magie disparaître après envoi sans que vous ne puissiez rien faire. Mais faisons confiance à Google. D’ailleurs, vous n’aurez même pas le droit de portée plainte, ce qui est logique dans un pays démocratique.

    DANS LES LIMITES PERMISES PAR LA LOI, GOOGLE, SES FOURNISSEURS ET DISTRIBUTEURS, DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ POUR LES PERTES DE BÉNÉFICES, DE REVENUS OU DE DONNÉES, OU LES DOMMAGES ET INTÉRÊTS INDIRECTS, SPÉCIAUX, CONSÉCUTIFS, EXEMPLAIRES OU PUNITIFS.

    enfin à la Microsoft,

    dégager de toute responsabilité Google, ses sociétés affiliées, ses agents et ses salariés et les garantir contre toute réclamation, poursuite ou action en justice

    La conclusion : la liberté contre la facilité

    Dans ces licences, il n’est pas un paragraphe favorable à l’utilisateur. Tout est tourné au bénéfice de l’entreprise. Rappelons cependant quelques simples faits :

    • un compte mail sécurisé chez un prestataire peut couter moins de 10 euros pas ans : combien cela vous couterait-il si vous deviez envoyer tout cela par la poste ?
    • des serveurs d’envoi courrier libres existent et sont installables facilement : ils permettent en grande partie de ce passer de ce genre de services malveillants.

    Enfin, il me semble important de garder des priorités saines dans nos usages. L’informatique et Internet doivent rester des outils compatibles avec l’idée que nous nous faisons de la liberté. Google nous vend, comme les médias que s’exprimer c’est être libre et que les dictatures privent les personnes de paroles. Certes. Mais la liberté ne saurait s’arrêter là. L’expression est une valeur nécessaire à la liberté mais ne saurait y être réduite, car la liberté va aussi avec justice et égalité lorsqu’elle est comprise dans un cadre social : la liberté de l’un s’arrête là où celle de l’autre commence, sachant que les deux ont les mêmes droits.

    Privons les entreprises de nos vies privées libres

      Comme moi, vous avez peut-être remarqué comment ce week-end du 9 février 2014, un message de Google informait les internautes d’une condamnation de l’entreprise. Cette condamnation, si elle n’est pas injustifiée pose cependant des questions.

      Montrer du doigt

      La condamnation à 150 000 euros d’amende fait sourire s’il est mis en relation avec les bénéfices relatifs que l’entreprise à pu tirer des détournements d’informations pour laquelle elle est accusée. Cependant, le fait qu’elle ait pour obligation d’afficher cette information sur son site me questionne beaucoup plus.
      Trouverait-on normal qu’un accusé de vol ou autre doive se promener dans la rue avec un panneau indiquant la raison de sa condamnation. Pas sûr. La CNIL demande en quelque sorte à Google de sensibiliser ses clients à ses propres pratiques commerciales pourtant relativement bien expliquées dans des conditions d’utilisations que chaque utilisateur de produit Google doit accepter pour tout utilisation.

      Win_8_donnees_privees

      Finalement, Google n’est pas le seul alors pourquoi s’en prendre uniquement à lui ?

      Priver de droit

      Google ne prive pas les utilisateurs de leurs droits, juste qu’ils exploitent l’ignorance ou la fainéantise de ceux-ci. Chacun doit alors balayer devant sa porte. Il me semble qu’il y a bien pire par exemple dans le fait que Windows mentionne explicitement qu’un utilisateur se prive du droit de toute action collective en justice. Comment l’État français peut-il accepter qu’une entreprise prenne la place de de la réprésentation démocratique et de la justice. Cette clause devrait purement et simplement être supprimé et Windows 8 interdit tant qu’il n’est pas compatible avec la loi française qui autorise chaque citoyen à faire valoir ses droits.

      Win_8_renoncement_droits

      Je ne suis pas juriste, mais je trouve vraiment étonnant qu’une entreprise me demande de renoncer à mes droits. Je me demande même comment un État dit démocratique accepte que cela puisse exister sur son territoire. De mon point de vue, cette seule close devrait aboutir à une simple interdiction de windows 8 d’être vendue en France puisque sa licence n’est apparemment pas compatible avec le droit français, en tout cas pas avec l’esprit des lois qui sont justement là pour donner de la force à ceux qui en ont le moins.

      Enseigner l’informatique

      Le vrai problème git donc dans la licence d’utilisation qui est le contrat liant l’entreprise à ses utilisateurs. On objectera que ces contrats sont longs, techniques et qu’il est difficile d’en comprendre les implications et que de plus ils sont différents à chaque fois. C’est parfois le cas, mais pas toujours. Il me semble qu’il s’agit d’un problème d’éducation général : ne voir dans l’informatique que la consommation d’outils ou de services ne permet de comprendre les implications. En faisant de chacun des créateurs de l’informatique dès que l’âge le permet, les utilisateurs gagneraient en compréhension, en compétences et en force de sensibilisation et de réaction. En ayant fait le choix de la consommation (ou de la sensibilisation qui est juste une forme critique de la consommation), le système éducatif prive les jeunes de maîtriser leur environnement qui est de plus en plus technique au point qu’ils ne souhaitent même plus savoir comment cela s’impose à eux.

      Connaître l’informatique évite d’être dépendant des discours des techniciens informatiques, en se mettant à leur niveau comme la sensibilisation politique doit faire de tout citoyen des participants démocratiques éclairés. Sans cet effort, le risque est que la dictature vienne de nos instruments et que nous envahissants peu à peu, ils nous coincent progressivement dans des positions dominées.

      Une solution simple : les logiciels libres

      Nous sommes restés sur notre échec de LOGO alors que tout a évolué autour. Il existe portant des exemples dans d’autres pays qui ont pris d’autres voies. Il est difficile pour moi de dire si leur pratique a globalement mieux fonctionné. Nous pouvons cependant d’emblée rappeler qu’il existe des solutions alternatives à presque tous les produits commerciaux qui baffouent les libertés de utilisateurs et que ces alternatives se nomment logiciels libres :

      • Ceux-ci sont en général de quelques licences d’utilisation majoritaires (GPL, BSD, MIT, Apache), il n’y a donc pas à lire la licence pour chaque logiciels
      • Les conditions sont claires : en général, le logiciel est fourni sans garanti, mais l’utilisateurs garde tous les droits sur ces données, mais aussi sur le logiciel lui-même
      • Les logiciels sont en général le résultat de groupes (d’individus, d’associations ou d’entreprises) ce qui garantit leur qualité et pérennité à long terme et leur neutralité
      • Enfin, preuve de leur qualité, beaucoup de logiciels privateurs (soyons brefs en disant commerciaux) reposent sur des logiciels libres (il suffit de regarder les mentions de produits Adobe, pourtant chantre de de la privatisation des données avec des serveurs DRM, pour voir la quantité de produits libres d’une licence ou d’une autre qu’ils réutilisent, produits qui justement refusent les DRM…).

      Rien n’est facile, finalement. La CNIL essaie de se donner de la visibilité en tapant ici et là, mais ce n’est pas la solution absolue. C’est tout l’écosystème qu’il faut améliorer pour éviter toute les dérives.

      SVG indexé

      • Anglais

      C’est la rentrée et les choses se bousculent. Après Microsoft qui a annoncé faire des efforts, Google vient de clamer qu’il indexera à présent les fichiers SVG. Ils rajoutent même quelques liens pour s’y mettre et montrer l’intérêt. De mon côté, pas besoin d’être convaincu et je pense refaire les sites que j’avais commencé à faire comme ça comme celui d’Inkscape efficace.

      Le hic, c’est qu’il semble que Google ne suivra pas les liens pour le moment, cela signifie-r-il que les site svg devront être mono-page ?

      En tout cas, utilisateurs d’Inkscape et autres, à vos tablettes !

      Facebook Vs Google !

        Les nouvelles on fusées au mois de mars et risquent de se répéter :

        http://weblogs.hitwise.com/heather-dougherty/2010/03/facebook_reaches_top_ranking_i.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+hitwise%2Fus+(Hitwise+Intelligence+US)
        http://www.infos-du-net.com/actualite/16735-facebook-google.html

        Après “Facebook va dépasser Myspace” (en 2007), nous voilà à “Facebook va dépasser Google”.
        Etrangement, on ne se souviens plus de la relation entre Myspace et Google, évidemment puisque comparer 2 services différents semblent étranges au premier abord.
        Si l’on compare les stratégies :

        • Stratégie Google :
          • publicité distribuée (exploiter par accord les efforts faits par d’autres sites)
          • données universelles
        • Stratégies Facebook
          • publicité locale (exploite la présente sur son propre site)
          • données privées

        Le marché des moteurs de recherche est moins centré sur Google au USA (70% du marché contre plsu de 90% chez nous) (voyage et santé les deux sujets de recherche phare)
        Il semble que la santé n’est pas la priorité du réseau social qui ne cherche pas nécessairement à s’informer comme on le voit aisement.
        Ce qui doit être remis en cause c’est peut-être la façon dont les analyses gèrent l’évènement. Car finalement, ce qui compte pour une entreprise, ce n’est pas d’envoyer des miliers de courier ni de faire du trafic, mais bien d’avoir des clients qui rapportent. Les deux entreprises reposent encore sur le modèle de la gratuité et Google a sur ce point une grande avance.

        L’impact n’est donc certainement pas commercial mais social, au niveau des usages !
        “la valeur d’usage n’est pas directement liée aux fonctionnalités mêmes de ces plate-formes, qu’il y a forcément ‘autre chose’”, Alain Lefebvre, facebook la poussée finale, M21 Editions 2008 P.47
        et ce sera peut-être aussi au niveau des représentations qu’il faudra chercher

        L’internet a développé constamment le centrage sur une information individuel tant au niveau ascendant que descendant. Chacun est le centre de son infoshphère par :

        • diffusion de l’information
        • la recherche permet d’analyser l’impact de cette information
        • la recherche permet de trouver de nouvelles informations

        Mais avec Facebook ce n’est plus l’information qui compte, c’est le réseau avec chaque individu au centre. A l’adage “qu’est-ce que les jeunes se débrouillent bien avec les machines“, les experts remarquent souvent que l’usage est très limité. Les jeunes, digital natives, même étudiants, ont souvent bien du mal à formuler leur requêtes. Ils se repèrent donc difficilement dans l’aspect formel de la communication avec la machinerie. Cela en fait donc des contradicteurs au logiciel libre qui induit que chacun ira à la pêche au logiciel et devra le prendre en main éventuellement le modifier.

        Selon Jean-gabriel ganascia, qui considère l’internet comme un catopticon (science des miroirs) car grâce au web on peut voir et être vu. Certes, mais le être-vu, signe de reconnaissance comme Sartre avait lui-même pu l’énoncé déjà, dans un usage raisonné, c’est être vu de ce que l’on veut bien montrer de soi car il y a maitrise de l’image (quelle soit numérique ou pas) même si cette maîtrise inclue une part de risque. Facebook favorise plutôt le côté être vu et aussi (“amis”) savoir ce que l’on dit de moi, finallement au détriment du troisième point de l’infosphère, savoir ce que d’autres disent.
        Dans ce contexte, la dévalorisation des instances informationnelles est donc a son comble, puisque les tiers sont tout simplement ignorés, les systèmes techniques étant eux-mêmes peu évalués, ni dans leurs contextes, ni dans leurs possibilités ou potentiels.

        Information non hiérarchisées et affaiblissement du long terme ?

        Lorsque j’avais créé la revue artistique de l’agglomération rennaise, une des première revue en ligne sur l’art en france, le modèle éditoriale était simplement emprunté à l’édition traditionnel. L’idée même de revue induit un suivi dans les thématique et le travail qui est presque à l’opposé du blog (à moins que le blog est une permanence thématique comme c’est le cas de nombreux blogs professionnels). Cette méthode traditionnelle induit de prendre un point de vue et à le suivre sur une période donnée. Le lectorat se construit même fortement sur ces choix. Avec les systèmes des blogs ou profils qui se créent en deux minutes, nul besoin de réfléchir au préalable :

        • ni aux impératifs et prérequis techniques
        • ni aux prérequis éditoriaux, très judicieusement remplacer par des systèmes de mots-clefs qui en viennent à passer d’outils de recherche à outils de classification à chaud
        • et même ni au planning d’édition (d’où le fait que les blogs sont abandonnés au bout de 2 minutes aussi et j’exagère à peine).

        Globalement, mise en avant de soi, renforcement du temps présent (les étudiants passent leur temps à s’envoeyr des SMS, même pendant les cours) ce qui, à mon avis, explique facilement la baisse du niveau et de l’interêt qu’ils portent à l’informatique.

        Notre génération a souffert pour créer les CMS et autres outils. La réalisation d’un site prenait des jours donc on y réfléchissait longuement avant de s’y lancer. Des stratégies devaient être construites. A l’heure où la technique s’efface, on a donc deux phénomènes conjoints :

        • le refus de la technicité de la technique et le manque de volonté de les prendre en main (c’est la technique qui doit s’adapter à l’homme et pas l’inverse, comem si on avait refusé le livre parce que les pages en dictaient pas le contenu)
        • l’enfermement des personnes dans l’immédiateté de la communication et le non développement d’uen stratégie globales

        Peut-on estimer que jusqu’en 2005, les défenseurs de la vision connaissance de l’internet ait réussi à entretenir une pente positive et que depuis la vision communicationnelle soit prépondérente ? Peut-être. Cela ne signifie pas que ce combat soit perdu mais que la scission entre Analyste/Expert, qui prendront le temps d’analyser les situations, et ceux qui sont l’émotivité actuelle va persister et peut-être même se creuser.
        La convergence des techniques aurait-elle profiter plus amplement à la sphère communicationnelle ? Peut-être aussi. On peut y voir la plus grande facilité à mettre en oeuvre. Il faut des siècles pour passer les connaissances au monde numérique on voir encore les débats sur les bibliothèques virtuelles. Il y a donc un décalage patent entre l’existence de la technique et son exploitation à plein régime parce que les contenus sont finallement plus longs à produire. Dans la sphère communicationnelle, la proposition s’arrête à la technique, car ce sont les communicants qui produisent le contenu d’où la tentation pour les utilisateurs de se satisfaire de ce niveau. Dans un contexte de contributeurs, cet effacement de l’outil peut sembler abscons : peut-on maîtriser quand on ne connaît pas ? Et si on ne maîtrise pas n’est-on donc pas dépendants de ce qui maîtrisent ? Accepter une situation qui fait l’impasse sur la technicité n’était-ce pas accroître le consumérisme communicationnel au détriment de ce qui a fait la force de ces technologies : l’implications des utilisateurs.

        Réseau social ou social en réseau ?

        Inversion habituelle des termes en ce qui concerne les technologies, traduisant un effet d’inversion des valeurs. Cela permet simplement d’introduire de la nouveauté là où il n’y en a que très peu. Le social n’a pas attendu les réseaux informatisés pour exister. En revanche, il s’agit bien d’une nouvelle forme d’usage de l’informatique ou des télécommunications. Mais c’est tout.
        Dans un sens adjectiver “réseau” montre bien dans quel sens se situe la nouveauté
        John Barnes invente terme réseau social en 1954 (article Human Relations “quand 2 personnes se rencontrent pour la première fois, il est rare dans la société moderne qu’elles découvrent qu’elles ont un grand nombre d’amis communs, et quand cela se produit, le fait est considéré comme exceptionnel et mémorable“. cit Lefebvre p53).

        Les expériences de Milgram, la loi de Samo ou de Metcalfe montrent à quel point la vision qualitative est par trop associée à la quantité (des utilisateurs ou des points de connexions). Dans un cas, on essaie de valoriser la technique et dans l’autre on penche vers l’humain. Mais jamais, la valeur ajoutée réelle et intrinqèque pour l’utilisateur ne semble invoquée en dehors de ce contexte.

        C’est donc un problème d’identité numérique qui se pose si la masse s’impose. Comme pour le réseau social, l’identité numérique est un complément à l’identité et induit une autre forme d’identité. Cette identité pourrait être une identité de fait (rencontre en face à face dans laquelle je reconnaît l’autre comme un tout fiable), ou une identité administrative (marque de l’existence auprès d’un groupe de référence qui se porte garant pour l’ensemble du corps social et des ces correspondances).
        Le premier ne permet pas de mettre en doute l’identité : celui que j’ai en face de moi est bien celui que j’ai en face de moi.
        Le second permet d’introduire des formes de mise en doute. Faux-papiers etc font la une des séries télévisées.
        L’identité numérique pose quant à elle un autre problème puisqu’elle ne semble reliée à aucune instance ni réalité validatrice. On pourrait dire de ce fait que l’identité numérique est impossible à prouver.

        Ceci étant dit, les termes parlent déjà d’eux mêmes :

        • le surnom est le nom que me donnent mes amis, mes proches, qui a la marque de leur affection ou de la proximité affective dans laquelle nous nous situons. On n’appelle pas tout le monde par son surnom (“on n’a pas été élevé chez les cochons”). Le nombre de personne ainis en réseau est assez faible (par rapport aux chiffres annoncés par les réseaux sociaux) : la loi de Dunbar annonce 150 personnes environs
        • le pseudonyme est un “faux” nom. Il sert non à révéler mais à cacher. L’utilisateur se l’attribue à lui-même. (on peut même en changer à la volée sur des IM comme IRC). Le pseudonyme a donc une charge de distanciation, au moins d’égalisation des personnes réseautées. Cette égalité qui peut être une chose positive, ne fait que masquer les individus et leur compétences, ce qui permet à certains de prendre un pouvoir sur d’autres, que rien ne laissait présager au premier abord. L’identité n’étant pas vérifiée, le problème peut difficilement être compensée par une instance.

        Et peut-on parler d’une identité personnelle ou communicationnel sans parler de l’affectivité. Le problème de l’affectivité dans les réseaux se posent souvent sous la forme :

        • est-il impératif de bien s’entendre avec les gens pour efficace au travail ?

        Certains estiment que le réseau social est-il une mise en avant des liens faibles (ce que dit lefebvre p.66) ? pas sûr à mon avis. Les amis du virtuel sont les mêmes que ceux du réels. On a donc tout de même une forte coincidence des 2 mondes. Il s’agit d’une simple prolongation ou anticipation sur des faits réels : ça va depuis tout à l’heure ? oui Il faut qu’on se voit ? Oh oui super Wé parce qu’il m’ait arrivé un truc faut que je te raconte Dis moi je peux pas attendre Ben tu sais …
        La relation induit par le réseau permet aux jeunes de renouer avec LA relation qu’ils apprécient assez peu, car exigente en terme de contact, organisationnel et symbole aussi qu’on est exclu d’autres réseau. Le réseau social se présente donc comme un seul réseau, pour tous, même si de fait ce n’est pas le cas à moins d’un monopole absolu, mais de ce côté, les utilisateurs se posent peu cette question, ils ont autant de comptes et de pages web ouvertes que nécessaires :) Tout cela en vient donc à mettre en défaut certaines loi (loi de reed) basant la valeur sur la seule quantité.

        Facebook n’est pourtant pas le premier outil social : le mail(1973), ou les forums usenet(1979), ou encore des wiki (1995) sont autant de tentatives de construction de social. Ici la différence tient à deux choses principales :

        • le centrage sur l’utilisateur, et non pas sur le contenu (ce qui décharge les utilisateurs d’une recherche d’une qualité d’expression au simple profit de l’efficacité de la communication)
        • l’échelle du phénomène lié à l’explosion des débits et des technologies convergentes

        Evidemment, tout le monde suit ça de près.

        L’étendard “Standards”

        • Anglais

        Ce n’est pas nouveau que Microsoft traine les pieds dans le respect des standards. Cela a même été dénoncé par de grands noms. On a parfois mis ça sur le dos d’une incompétence, ou encore d’un abus de position dominante. Il semble que Microsoft craigne de devenir un acteur oubliable pour preuve Steve Jobs a trouvé d’autres comploteurs. Dans ce contexte, c’est M$ qui finira peut-être par jouer le gentil. D’un côté, IE annonce sa volonté de mieux travailler aux équipes établissant les standards. Cela ne signifie pas qu’ils y seront implémentés, mais c’est un pas. D’un autre côté, les formats libres comme ogg font leur entrée avec fracas dans la liste des acceptations.
        Ne crions pas victoire trop vite, mais la mise en conformité d’IE faciliterai grandement le travail de milliers de graphistes et webmasters en herbe de part le monde, certainements plusieurs millions.

        De l’autre monde, Adobe, suite à son bras de fer avec Apple sur la problématique du support de Flash sur les péripéhriques portable Iphone ou Ipad, pourrait aussi se tourner vers de l’open source pour combler la stratégie des émergeants : Flash pourrait être d’abord disponible sur les nexus One (Google). Les acteurs mènent leur dans et semblent donc se déplacer en fonction de leur degré de réussite.

        Une chose est sûre pour moi, ce n’est vraiment pas le moment d’adopter des solutions propriétaires. On voit ici de façon criante leur fragilité dans les contextes de guerres économiques. Finallement, mes sites resteront sans Flash, si ça vous va :)

        Alors ne crachant pas sur ces petits plaisirs.