Google, l’auteur absolu

    Malgré tous les efforts réalisés par de nombreuses communautés pour dénoncer les clauses abusives de certains services en ligne et malgré le discours toujours plus grandissant sur la propriété intellectuelle et le droit à l’image, il semble cependant que la réalité prenne une autre direction.

    En exemple encore les modifications apportées récemment aux conditions générales google que nous ferons suite à notre article publié il y a déjà presque 2 ans.

    Google analyse les contenus

    Alors que tout le monde s’offusque des pratiques de la NSA ou des renseignements généraux, Google inclus, il se pourrait bien que Google ait compris que cette indignation ne soit que de façade.  En effet, la licence mentionne maintenant clairement :

    Nos systèmes automatisés analysent vos contenus (y compris les e-mails)

    Brefs, si vous pensiez que Google ne pouvez pas tout lire et que vous pouviez dormir sur vos deux oreilles, vous voilà mal à l’aise. En effet, pour preuve, les charges matérielles de Google pour l’achat de serveurs sont toujours plus importantes, dans l’objectif bien sûr d’avoir de la marge de stockage mais aussi de la puissance d’analyse. Les investissements dans des produits domestiques comme robots ou même si cela fait rire, des détecteurs de fumée, en sont un autre exemple. J’ai comme l’impression qu’un loi passera bientôt obligeant chaque particulier à avoir un détecteur de fumée chez lui et que Google se proposera d’équiper gratuitement ou à peu de frais tous les appartements avec la clause : “tout ce que vous direz peut être utilisé contre vous” parce que les détecteurs de fumée seront évidemment équipés de détecteurs sonores et autres systémes de captures de l’environnement et seront tous en réseaux, vosu savez, les objets connectés, la domotique, le truc qui vous permet de fermez vos volets de votre travail, pour être sûr que le soleil d’hiver n’abîme pas vos meuble.

    Google posséde vos contenus autant que vous

    L’autre point habituel concerne donc la propriété. En France, toute personne est propriétaire de fait du contenu qu’elle produit. Ainsi, lorsque vous gribouillez un dessin sur une nappe de restaurant, vous en êtes immédiatement l’auteur officiel. Ce droit s’applique pour tout ce qui est faisable avec votre création. Rappelons que partant de là, les contenus sur le web ne sont pas réutilisables à moins que le site ne le mentionne expressément. Et pourtant Google vous oblige à lui céder vos droits sur vos créations :

    Lorsque vous importez, soumettez, stockez, envoyez ou recevez des contenus à ou à travers de nos Services, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage public ou de distribution publique desdits contenus. Les droits que vous accordez dans le cadre de cette licence sont limités à l’exploitation, la promotion ou à l’amélioration de nos Services, ou au développement de nouveaux Services.

    Ainsi, si vous êtes poètes et que vous envoyez votre merveilleux roman par votre compte gmail, google devient propriétaire de votre roman. Bref, la poste, à côté, c’est mignonnet. Vive le bon vieux papiers. Si vous vous dites que vous allez utilisez un autre services, ne vous inquiétez pas ils font tous ça, pour rappel la licence windows 8.

    Quoi qu’il en soit, comparons à ce que Google nous offre :

    Google vous concède, à titre gratuit, une licence personnelle, non-cessible, non-exclusive et pour le monde entier, d’utilisation du logiciel qui vous est fourni par Google dans le cadre des Services. Cette licence est exclusivement destinée à vous permettre d’utiliser et de bénéficier des Services fournis par Google, dans le respect des présentes Conditions d’Utilisation. Vous n’êtes pas autorisé à copier, modifier, distribuer, vendre ou louer une partie ou la totalité de nos Services ou des logiciels qui en font partie

    Cela me semble peu équitable? pas vous. Et la petite cerise :

    L’utilisation de logiciels Open Source est importante pour nous. Certains des logiciels utilisés par nos Services peuvent être proposés sous une licence Open Source que nous mettrons à votre disposition

    Logiciels libres qui justement défendent corps et âmes ma protection de la vie privée. Bref, on aime on utilise mais on ne pense pas comme eux.

    Le pire : les utilisations professionelles

    De nombreuses entreprises utilisent les services de google : gmail, gdocs. C’est purement aberrant: comment écrire des brevets en utilisant des outils dont la licence stipule que l’auteur du logiciel sera propriétaire du contenu. Comment écrire sa belle stratégie commerciale alors que Google est à l’écoute ?

    Mais enfin, parce que cela est facile à utiliser me dira-t-on. Certainement, Mais je n’ai jamais pensé qu’un clic à gauche était plus simple qu’un clic à droite, ou nous n’avons pas la même notion de la simplicité. Ce qui m’inquiète plus concerne la clause de non garantie :

    SAUF TEL QU’EXPRESSÉMENT PRÉVU PAR LES PRÉSENTES CONDITIONS D’UTILISATION OU DES CONDITIONS D’UTILISATION ADDITIONNELLES, NI GOOGLE, NI SES FOURNISSEURS OU DISTRIBUTEURS, NE FONT AUCUNE PROMESSE SPÉCIFIQUE CONCERNANT LES SERVICES. PAR EXEMPLE, NOUS NE NOUS ENGAGEONS AUCUNEMENT CONCERNANT LE CONTENU DES SERVICES, LES FONCTIONNALITÉS SPÉCIFIQUES DISPONIBLES PAR LE BIAIS DES SERVICES, LEUR FIABILITÉ, LEUR DISPONIBILITÉ OU LEUR ADÉQUATION À RÉPONDRE À VOS BESOINS. NOUS FOURNISSONS NOS SERVICES « EN L’ÉTAT ».

    Bref, votre dossier de dépot de brevet que vous avez envoyé à vos collègue peut par magie disparaître après envoi sans que vous ne puissiez rien faire. Mais faisons confiance à Google. D’ailleurs, vous n’aurez même pas le droit de portée plainte, ce qui est logique dans un pays démocratique.

    DANS LES LIMITES PERMISES PAR LA LOI, GOOGLE, SES FOURNISSEURS ET DISTRIBUTEURS, DÉCLINENT TOUTE RESPONSABILITÉ POUR LES PERTES DE BÉNÉFICES, DE REVENUS OU DE DONNÉES, OU LES DOMMAGES ET INTÉRÊTS INDIRECTS, SPÉCIAUX, CONSÉCUTIFS, EXEMPLAIRES OU PUNITIFS.

    enfin à la Microsoft,

    dégager de toute responsabilité Google, ses sociétés affiliées, ses agents et ses salariés et les garantir contre toute réclamation, poursuite ou action en justice

    La conclusion : la liberté contre la facilité

    Dans ces licences, il n’est pas un paragraphe favorable à l’utilisateur. Tout est tourné au bénéfice de l’entreprise. Rappelons cependant quelques simples faits :

    • un compte mail sécurisé chez un prestataire peut couter moins de 10 euros pas ans : combien cela vous couterait-il si vous deviez envoyer tout cela par la poste ?
    • des serveurs d’envoi courrier libres existent et sont installables facilement : ils permettent en grande partie de ce passer de ce genre de services malveillants.

    Enfin, il me semble important de garder des priorités saines dans nos usages. L’informatique et Internet doivent rester des outils compatibles avec l’idée que nous nous faisons de la liberté. Google nous vend, comme les médias que s’exprimer c’est être libre et que les dictatures privent les personnes de paroles. Certes. Mais la liberté ne saurait s’arrêter là. L’expression est une valeur nécessaire à la liberté mais ne saurait y être réduite, car la liberté va aussi avec justice et égalité lorsqu’elle est comprise dans un cadre social : la liberté de l’un s’arrête là où celle de l’autre commence, sachant que les deux ont les mêmes droits.

    S. Coleman : les idées appartiennent à tous

      Il n’est pas rare d’entendre des arguments du genre : “tout travail mérite salaire”. Un problème surgit lorsqu’une activité n’est pas nécessairement considéré comme un travail. Cette perception peut-être due soit au fait qu’il n’y a pas de visibilité sur la quantité d’effort fourni, en terme de temps (pas d’horaire fixe) ou en terme de compétence (je dessine, tu dessines, nous dessinons, vous dessinez…).

      Cependant lorsque votre vie consiste à produire du contenu non nécessaire à la vie. On voit bien que la charge du nécessaire diminue dans nos dépenses mensuelles : j’exclue bien sûr là-dedans, les téléphones, les voitures… parce qu’on peut réellement vivre sans. Finalement, même si l’industrie a réussi à faire considéré comme travail la création et production d’un bon nombre de produits inutiles, il y a des secteurs où la tension est plus forte. La musique, par exemple, n’a pas besoin de l’industrie musicale pour exister. Les auteurs d’écrits, autre exemple, n’ont pas besoin d’éditeurs pour écrire, éventuellement pour être plus visible.

      Dans les deux cas, les artistes doivent choisir ce qui peut être réalisé à partir de leurs oeuvres. En art comme ailleurs, on est toujours fils de son temps. La créativité d’un artiste est donc en général limitée, ou contextualisée diminuant de fait l’originalité propre de son apport, sans pourtant en réduire la valeur symbolique. On a tendance à entendre ici et là qu’il faut protéger les droits des auteurs. Mais contre qui ? Il est étonnant de voir que le droit d’auteur qui a principalement visé à renforcé le droit des auteurs face aux éditeurs (les industriels, david contre goliath) est maintenant le faire de lance des éditeurs qui affirment protéger les auteurs.

      Dans le logiciel libre, nous sommes depuis longtemps parti par un autre chemin et je suis toujours heureux de voir que cette voie peut aussi partagée par d’autres, et pas des moindres comme par exemple Steve Coleman.

      For the most part commercial development has inhibited growth by introducing concepts of ownership, exclusive or restrictive ideas, and the concept of paying for information which in many cases is available for free elsewhere

      Bref, gratuit ou pas, la mise en accès a au moins l’avantage d’instituer le fait que l’argent ne doit pas être une limite à la diffusion du savoir et de la création. Il y a donc un compromis à trouver entre le profit privé et le bien public :

      Giving some ideas and music away does not mean that all needs to be given away for free. (…) Overall I manage to make a living.

      Evidemment, tous les artistes ne sont pas dans cette situation favorable. Mais comme l’affirme Coleman, en faisant cela, on remet l’essentiel au centre : la musique, le concert, les rencontres et on dissocie la musique de son aspect industriel.Cela me semble valoir le coup d’être rappelé.

      à lire : http://www.m-base.com/give_away.html

      Fantasmes et projets

        De retour du LGRU, et après avoir passé quelques jours avec de formidables personnes et rediscuté de projets commun avec certains, un point m’est encore apparu et il est temps que je m’applique à l’éclaircir (au moins à mes yeux) : nous avons tous des fantasmes et des projets, essayons de faire coïncider les deux, mais en y arrivant rarement.

        On me rétorquera que c’est normal. La définition de wikipedia sur le fantasme comme ” fixation mentale ou une croyance irraisonnée pouvant, dans certains cas, conduire à des actes excessifs” permet bien de pointer le caractère quasi-irréalisable et de l’excès qui découle de ces fantasmes. Mais quels sont-ils ?

        Il va évidemment être difficile de parler pour tout le monde mais il me semble que certaisn sont partagés au moins à titre social. Citons par exemple, le fantasme d’une communication absolue entre l’homme et la machine dont les interfaces sont le résultat. Citons le fantasme d’une communauté large et libre dans laquelle l’individu peut se noyer en toute confiance. Le fantasme que les mondes virtuels sont parfaits. Le fantasme de créer de projets libres, bref que chacun soit initiateur ou développeur de quelque chose.

        Evidemment on comprendra rapidement la transition. En apercevant la couverture de “Nouvel esprit du capitalisme” de L. Boltanski et E. Chiapello, que j’ai parcouru il y a bien longtemps, il m’a semblé à ce point étrange que tant fantasme cherchent à advenir et se transforment ainsi en projet. Evidemment, il est beau de rêver, et c’est même le rêve qui fait souvent bien avancer les choses, mais une telle ampleur me surprend. Car il y a des différences  de nature qui ne vous auront peut-être pas laissés indifférents :

        • le fantasme est avant tout pour soi mais en soi, difficile à partager à cause de formes d’auto-censures; le projet inclut souvent la mise en mouvement d’une équipe ou induit la relation à d’autres, car le projet est “pour”, une façon de sortir de soi.
        • le fantasme est une pensée plus ou moins contrôlée ; le projet est une mise en oeuvre, une organisation plus ou moins prise mais toujours consciente de la situation
        • le fantasme par de soi, seulement de soi ;  le projet peut être détache de moi et m’y rattacher par raison
        • l’origine du fanstasme est floue est difficile à expliciter ; l’origine d’un projet peut être calculée dans le temps à l’aide d’indices et le projet lui-même peut naître de l’analyse consciente d’un contexte, en projet d’opportunité
        • les fantasmes ne s’excluent pas car l’espace fantasmatique n’est pas limité alors que l’espace du projet est limité par la réalité matérielle.

        On pourrait continuer mais on voit déjà le problème qui se pose dans le passage du fantasme au projet. Comment assurer le passage de l’individuel au groupe ? Comment trouver le moyen de partager un fantasme pour trouver des tiers ? Comment assurer que chaque tiers participant y retrouvera la même capacité de réalisation de son fantasme alors que les initiateurs garde souvent la main sur la vision et l’orientation du projet ? Comment assurer que personne ne restera sur la paille alors que les fantasmes initiaux à la réalisation du projet ont une forme égoïste ? Comment aussi arriver à éviter les conflits qui peuvent être inhérents au projet et à sa rationalisation qui engage l’individu alors même que le fantasme ne se pose même pas la question d’advenir à l’existence ?

        Evidemment je pose beaucoup de question et donne peu de réponse. Mais à l’heure où de les logiciels libres se répandent, mais où le nombre de développeur semble peu augmenter, où un certain nombre de projets phare peuvent s’essouffler, qu’en est-il des possibilité de réinjecter du fantasme dans des équipes prises par les projets à la fois individuels et sociaux ? L’histoire des logiciels libres a montré de nombreux types d’évolution :

        • le noyau linux est un fantasme bien partagé qui a bien fait le saut du projet ; mais pas HURD
        • des personnes ont débuté seules des projets et les projets sont morts faute de trouver écho
        • des personnes ont débuté les projets et ceux-ci ont forkés pour créer le leur car finalement les souhaits étaient un peu différents

        Ainsi de nombreux logiciels sont développés en très petits groupe. Le passage de 0 à 1 semble se faire assez naturellement. Reste le passage de la publicité et du couplage. Enfin, le cap suivant inclus une réelle distanciation, un vrai “nous” qui rend plus difficile la préservation de l’aspect fantasmatique. La confrontation au nombre devient un obstacle certain par le simple fait qu’il devient difficile de coordonner les fantasmes et des projets pour assurer leur bonne équité.

        D’où tout ces rêves de personnes qui prennent le modèle des communautés en ligne et qui aimeraient créer la leur, comme une forme de toute puissante, d’être à l’origine de la fusion absolue des êtres. Mais ces rêves sont souvent bien pauvres car ils ne sont que le miroir de celui des autres auxquels ils risquent donc de se confronter. Etonnant donc que le fait d’être similaire soit un obstacle au même point que d’être différents. Ces rêves sont aussi largement cassés lorsque le contrat moral et tacite des contributeurs est baffouer par le risque de prise en main de certains. D’où, peut-être, la défiance permanente dans les personnes trop fortes, et, éventuellement  dans certains milieux, de l’inclusion d’éléments étrangers (comme des entreprises au milieu de bénévoles) qui n’auraient justement qu’une vision projet et pas fantasmatique.

        Jusqu’ici nous sommes passé au-delà de tout cela. Mais Java, Mysql, OpenOffice sont des projets qui risquent de souffrir de l’augmentation de la dimension projet. Lorsque tout devient projet, et que tout doit l’être, la force ne sera-t-elle pas dans la vivacité des petits groupes renaissants qui évoluent au gré des fantasmes et des rencontres, en acceptant que certains partent, créent ou reviennent ?

        pas laissés indéffi

        Les auteurs et leur droit

          La question du droit d’auteur devient, à l’ère de l’économie du contenu et de la connaissance, un sujet de débat voire de combat permanent. On voit un peu partout les risques pesé sur la liberté de création et sur la liberté d’expression. Mais les discours peu clairs fleurissent tant la complexité du problème est grande, au point que c’est la liberté d’expression et de partage, base fondamentale du corps social comme l’ont montré de nombreux sociologues et anthropologues, qui peut s’en trouver attaquée. En tant qu’auteur à divers titres et sur diverses activités j’ai souhaité faire à nouveau un petit point pour expliquer certaines visions.

          les conditions du droit d’auteur

          La première chose qui caractérise à l’heure actuelle le droit d’auteur (je préfèrerai dire les droits des auteurs) tient surtout dans les crispations engendrées en particulier par les craintes de voir l’impact négatif des technologies numériques. Ces crispations sont à tous les niveaux : auteurs dont les rétributions n’augmentent pas malgré la diminution des coûts de production et de diffusion; éditeurs et vendeurs qui perdent leur marché et “monopole” face à de nouvelles pratiques; structures de perception es droits qui vivent de tout ça et qui n’ont pas envie que le système change,quitte à ignorer les nouvelles pratiques de création et de publication. Même les amateurs de culture libre fustigent parfois les documents non libres, voire les documents libres et payant. Bref, tout se mélange et les perdants sont les principaux acteurs cette bataille : les auteurs qui créent, les amateurs qui voudraient en profiter. Les intermédiaires, comme leur nom l’indique, ne sont pas nécessaires même s’ils peuvent avoir leur place et leur raison d’être à un moment donné de la production ou de l’histoire.

          L’injustice du droit ou de son application

          Il y a certaines choses qui m’étonnent dans certaines de ces crispations : un auteur est détenteur de fait des droits de sa création. Un auteur est celui qui crée, imagine l’oeuvre et lui donne vie, une existence. Dans le cas des livres, d’autres professionnels créatifs sont en oeuvre (par exemple le maquettiste), ou encore les développeurs de logiciels qui offrent des possibilités créatives. Je n’ai jamais vu les noms de ces “auteurs invisibles” sur les documents : ils sont simplement ignorés par le système; étrange lorsque l’on sait que certaines branches de l’informatique sont protégées parle droit d’auteur. Bref, loin de moi l’idée de vouloir faire un mélange des genre et de dire qu’un informaticien est un artiste et qu’un artiste est informaticien, il n’empêche que cette crispation me semble particulièrement décalée dans un contexte où il s’agit déjà d’un privilège. Qu’est-ce à dire lorsque ce n’est plus l’auteur qui bénéficie des plus-values de son oeuvre, mais les “ayant-droit”, bref n’importe qui qui a été assez malin pour acheter les droits pas trop cher et va en profiter longtemps. Finalement, le travail de l’artiste est-il si important qu’il doive être ainsi protéger de façon disproportionnée au point de priver le public d’une oeuvre éventuelle pour en organiser stratégiquement la rareté et en augmenter la valeur. Cela est-il bien raisonnable à un moment où les pratiques culturelles n’ont jamais été aussi partagées, que les amateurs sont parfois meilleurs que les professionnels, bref que les valeurs traditionnelles sont questionnées par un tas d’acteur.

          On parle en leur nom, et on ne les entends plus

          Il semblerait donc que la discussion entre les détenteurs de rentes culturelles (acquises récemment dans l’histoire) et les nouveaux acteurs soit impossible tant les premiers se braquent et que les seconds s’en énervent. Ainsi au lieu d’avoir un développement homogène et complémentaire, les deux modèles s’opposent avancent au coude à coude jusqu’à ce que l’un tombe ou soit englober par l’autre. A l’heure actuelle, les auteurs ont du mal à s’y retrouver et à comprendre tous les enjeux; la plupart d’entre eux vendent peu, très peu, et n’ont aucun gain significatif. Cette guerre, peut donc leur sembler démesurée. Ils y perdent un peu leur esprit, et alors que les éditeurs et institutions de perceptions doive gérer les droits pour eux, le problème est tellement important qu’ils en ont la tête pleine et que les discussions finissent par polluer les salons littéraires : bref ne parlons pas du contenu de l’art, mais de la stratégie du monde de l’art. C’est bien cela ? Les auteurs secouent les mains pour se faire voir, mais cela devient compliqué entre le juridique et les best-seller et les prix littéraires, il reste peu de place pour le travail au quotidien de l’art et la diversité.

          le bienheureux couple auteur-public

          Les autres perdants sont bien sûr les les lecteurs et autres amateurs destinataires. Ils sont montrés du doigt comme des voleurs (comme si la culture appartenait à quelqu’un) et la suspicion pèse sur n’importe quelle personne affirmant qu’elle utilise régulièrement internet. Ensuite, l’allongement de la durée des droits des auteurs est évidemment au détriment du domaine public. Bref, l’État abandonne son rôle de compensation entre les producteurs de “bien culturels” et les utilisateurs, au profit de premier, au risque de rendre la culture trop chère pour de nombreuses personnes ou impraticable (sur simple décision d’un ayant droit qui ne respecte d’ailleurs pas toujours la volonté de l’auteur initial). Rendre les oeuvres au monde auquel elles appartient me semble un acte fondamental ainsi que le rétablissement d’un équilibre au risque d’assécher la création et les pratiques d’inspiration, de mélange source depuis des siècles de l’évolution culturelle, par simple appropriations.

          Bref ne serait-il finalement pas une solution de laisser s’enfermer ceux qui le souhaite et partager ceux qui le souhaitent aussi ? Bien sûr c’est en quelque sorte le le pari des licences creative commons. Il en faudrait cependant pas que la loi, au-delà d’assécher la création, en vienne aussi à assécher les moyens de sa diffusion, ce qui rendrait alors particulièrement injuste et déséquilibrer les moyens d’expressions en les laissant dans les mains de quelques “magnats”. Faut-il valider le fait d’un monde à 2 cultures une fermée, irrécupérable, une ouverte et couper définitivement les ponts entre les deux ? Bref comment protéger les utilisateurs face aux abus législatifs ? Bref, pour employer des références : quand fera-t-on coincider le recto et le verso des pratiques culturelles ? Va-t-on un jour réussir à relier les différents points de vue ? Comment façonner un nouveau monde culturel non limité ? Le problème n’est peut-être pas de définir avant tout les droits des auteurs, mais d’abord la vision de la société d’avenir que nous souhaitons, entre le chacun cloitré et le tous ensemble ! Bref, comment rétablir la confiance, ce que le droit ne saurait faire, et qui est pourtant essentiel à toute société.

          le retour des auteurs

            Les infos fusent en ce moment sur l’évolution de l’offre de l’édition numérique. Entre l’HADOPI qui s’auto-complimente et les éditeurs de livres qui n’arrivent pas à mettre le pied à l’étrier, il est flagrant d’observer un décalage fondamental.

            Pourtant comme le MP3 ou le MP4 sont rentrés dans les moeurs, pourquoi les livres électroniques ne connaitraient-ils pas un succès ?
            D’abord le livre véhicule une image particulière : luxe, culture du à la fois à son histoire mais aussi aux changements qu’il a permis au sein de nos sociétés. Sans l’évolution des techniques d’impressions et de méthodes d’édition qui ont suivies, nos sociétés ne se seraient jamais développées de la même façon car le livre est une part importante de la formation et de l’auto-formation essentielle au développement de l’activité économique.
            Le livre, même, possède un caractère presque religieux : le livre c’est la Bible, le Coran, bref, de Saints Ecritures, comme on dit. Pas étonnant, donc que les éditeurs aient du mal à passer le cap du changement de support pour le texte.
            Ces éditeurs même ont du mal à être clairs : dans un sens ils nous disent que ce qu’achète un lecteur c’est le contenu, non le livre et dans le même temps, tout est fait pour brider l’utilisateur. Nous reviendrons sur ce point.
            Cependant, avec l’essor des tablettes numériques (plus légères et maniables que des ordinateurs) et des smartphones, voilà que l’édition électronique fait un bon aux Etats-Unis et que les éditeurs français se disent maintenant qu’il faut suivre. Bref, cela fait 10 ans que les changements sont en marche, mais on attend le dernier moment pour s’investir dans la direction. Au final, on aboutit à une sorte de précipation qui risque d’être dommageable à toute la chaîne, de l’auteur au lecteur.
            Cette chaîne, dans les accords actuels, se caractérise par une main mise des vendeurs sur le contenu. Bref, on tente de faire avec les livres ce qui n’a surtout pas marché avec la musique : formats fermés, protection contre la copie… et qui ont fait que les acheteurs en avaient assez.
            Reprenons la chaîne à partir de l’auteur. Le chiffre d’affaire de l’édition est de l’ordre de 3 milliard d’euros en France en 2010 pour 465 millions d’exemplaires vendus sur 600 000 titres dont 67 000 nouveaux. De ceux-ci, les 10 000 titres les plus vendus représente plus de 50% du chiffre d’affaire. La plupart des livres sont donc vendus à de très faibles quantité. La grande majorité des auteurs a donc beaucoup de mal à obtenir un revenu suffisant de la vente pour arriver à continuer la production de ressources.
            Les éditeurs eux-mêmes voient les ventes diminuer. L’augmentation lente de la vente électronique est loin de pallier la baisse. La solution trouvée jusqu’ici est d’augmenter le nombre de titres disponibles pour bénéficier de l’effet nouveauté. La première de cette stratégie tient dans le fait qu’elle épuise les équipes de production (auteur, relecteur, maquettiste), au détriment de la qualité et donc du lecteur (produire plus vite donc moins de temps par ouvrage, pas d’amélioration d’un texte, mais on le refait complétement). Le fait est que le temps passer à la lecture de documents longs diminue, au profit de lecture en diagonal (news sur le web, tweets…). Un français sur 2 n’a pas acheté de livre en 2010. parmi ceux-ci, 25% sont des poches, et romans+livres pratiques+scolaires représentent presque 65% des ventes. Bref, les lecteurs adultes semblent plus enclins à la lecture loisir, reléguant l’apprentissage aux enfants, ce qui limite d’autant la vente de livres qui se veulent “intelligents” ou qui sont le résultats d’innovation réelles (pas que la littérature ne puisse pas innover bien sûr !).
            Il est coutume de dire que les imprimeurs vont y perdre. Cela n’est pas nécessairement le cas. Le développement de l’impression à la demande engendre un nouveau type de service qui pourrait compenser certaines pertes dans les secteurs traditionnels du livre édité.

            Finallement, il nous reste les diffuseurs et distributeurs. Chez les distributeurs physiques de grande échelle, les rayons livres se réduisent peu à peu, focalisant toujours plus sur des grands titres. Dans le même temps, les petites librairies n’arrivent plus à suivre malgré les efforts consentis. Reste donc que les grands distributeurs qui avaient une part importante du marché sont ceux qui peuvent maintenant prendre en charge la vente électronique. Amazon, FNAC et autres vont donc se partager le nouveau marché des livres électroniques en particulier avec la mise sur le marché de matériel de lectures spécifiques. A l’heure actuel, le livre électronique reste en France très cher : en général le même prix que le livre papier alors même que ces coûts de production sont bien moindres, l’investissement quasi nul (les auteurs sont payés sur les ventes souvent 1 an après, pas de frais d’impression ni de diffusion, ne reste à payer que le staff de l’éditeur et la mise en page). Cela à l’avantage de ne pas sonner le glas du livre papier trop vite mais il semble aussi tout à fait anormal de ne pas calculer le prix d’un produit en fonction de son coût de fabrication. Les droits d’auteurs ne sont pas plus élevés, la marge augmente donc seulement pour les éditeurs et les distributeurs.
            A en juger par les récents accords signés entre ces derniers, il semblerait que les éditeurs aient mal négociés leur tournant technologique et se soient laisser dicter les termes du contrat : dans un cas Amazon prend 30% du prix de vente soit environ 5 fois plus que l’auteur qui oscille entre 5 et 15% alors même que c’est l’auteur qui passe le plus de temps à produire le document. Mais il devient courant de nos jours que le travail ne soit pas rémunéré à sa valeur réelle et que certains se réserve la plus grande part. Plus que cela, plus que de vendre sans réévaluer les revenus de totue la chaîne de production, Amazon diffusera les livres dans son format propre, ce qui empêchera l’acheteur de pouvoir livre le livre acheter sur le matériel de son souhait. Ainsi, l’édition électronique pour urdes raisons de marché, adopte une politique de prise en otage de la clientèle alors que le lecteur aimerait simplement accéder au contenu, et que des formats standards comme le epub ont été créés pour assurer la portabilité des documents.

            Cette situation peut-elle perdurer ? Il est fort possible que oui. On a bien vu il y a quelques années les formats propriétaires de musique s’écrouler face au standard MP3. Exit ceux qui voulaient avoir la main mise sur la musique. Mais cette révolution est venue des utilisateurs, en général jeunes, malins et qui communiquent beaucoup entre eux sur les astuces, qui partagent beaucoup les fichiers par manque de ressources financières. En ce qui concerne les livres, dont l’acheteur est majoritairement adulte, parfois moins technophile, dont le temps passé à chercher une solution à un impact sur sa vie familiale, il est probable que la pression sur les formats de fichier se fasse moins forte que pour la musique. Malheureusement. Comme on peut prêter un livre, ou l’emporter avec soi, comment sera-t-il possible d’emporter son livre électronique qui va nécessiter une tablette d’un certain type. En achetant des livres chez différents distributeurs, faudrat-il voyager avec les tablettes de chacun des distributeurs et la grosse valise qui va avec. Qu’en sera-t-il de la possibilité de prêter un livre à un ami si celui-ci n’est pas équipé comme nous ? Bref qu’en sera-t-il de la liberté du lecteur ?
            De son côté, l’auteur a de réelles questions à se poser. S’il vend moins, s’il n’est pas mieux rétribué sur la marge créé, s’il n’est pas mieux suivi par l’édition, n’a-t-il pas intérêt de publier ses livre en dehors des circuits constitués. Deux grandes possibilités lui sont alors offertes :
            - écrire les livres de son souhait, de la façon qu’il lui convient et organiser la publication lui-même en déposant son livre chez les distribiteurs (le même Amazon permet de faire ça depuis très longtemps). Il peut même exister des versions papiers grâce aux sites d’impression à la demande. Dans tout ces cas, l’isolement peut être lourd à porter et l’auteur aura peut-être envie de s’investir dans des réseaux d’auteurs pour bénéficier de dynamiques, de relecteurs… Dans ce cas, on préserve une forme du système actuel, une rémunération sur les ventes, aléatoires.
            - écrire des livres avec un financement préalable, un peu comme une avance. Cette avance peut être l’objet d’un contrat avec un client demandeur ou être le résultat d’une souscription. Si ce modèle est certainement peu pratique pour pour les romans puisqu’il est difficile d’investir sur une histoire qui n’est pas encore écrite (encore que cela existe dans la production filmique), cela peut être tout à fait profitable pour les livres pratiques ou qui doivent être écrits à plusieurs auteurs en partage de compétence. Dans ce modèle, l’auteur est rémunéré et sait à l’avance combien il est sur de recevoir à minima, il peut éventuellement encore percevoir des droits d’auteur selon les ventes. Dans ce contexte, le livre étant déjà financé, il est facile de concevoir que celui-ci soit disponible gratuitement ou à moindre coût, pouvant ainsi bénéficier plus facilement à tous les lecteurs indépendamment de leur ressources financières, sans discrimination. Le financeur lui-même verra son objectif rempli, peut avoir un droit de regard sur le contenu en tant que commanditaire et s’assure éventuellement une reconnaissance en tant que mécène.
            Ce dernier modèle est celui qui est suivi par de nombreux groupements d’auteurs liés au logiciel libre. C’est le cas en particulier de Flossmanuals. Ce modèle mériterait certainement d’être mis en valeur. Il permet de rétablir un équilibre de la chaîne du livre en mettant au coeur l’auteur qui partage ses compétences et ses lecteurs, à la recherche d’informations et de plaisirs, au lieu, cas actuel, de profiter avant tout aux intermédiaires.

            INPI l’impie

              « notre partenaire principal, l’INPI, est farouchement opposé à ce que l’exposition donne la parole aux défenseurs du “libre”. Nous avons essayé de discuter et d’argumenter avec eux mais l’INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d’enregistrer. »

              http://www.transactiv-exe.org/spip.php?article141

              depeche : http://linuxfr.org/2010/04/21/26765.html

              Voilà qui a fait du bruit à ce moment et voilà sur quoi nous aimerions revenir histoire d’entretenir un peu la discussion sur le sujet. Oublier trop vite comment les milieux culturels sont contrôlés par la logique économique qui les rend dépendant d’un monde qui n’a que faire de la différence et qui tend à étendre ses monopoles, voilà qui évidemment me semble plus que propice à la discussion sur les choix que notre société doit suivre.

              1. La réaction de l’INPI, dont le rôle est de protéger la liberté industrielle et non la liberté intellectuelle (qui elle est protégée de fait par la loi française), semble inadéquate et montre surtout en quoi les discussion relative aux droits d’auteurs ne sont plus des questions d’auteur mais des questions d’industries, dans lesquelles la grande majorité des auteurs ne se retrouveront certainement pas parce que n’étant pas rentables pour ces industries. Les oeuvres d’arts n’ont pas à être déclarées à l’INPI puisque selon le droit d’auteur article L111-1 (légifrance) est propriétaire de fait. L’INPI ne défend donc pas ce qu’il est sensé défendre et essaie certainement de se payer une part d’un gâteau qui n’existe pas encore.

              2. L’INPI ignore la partie morale du droit et n’applique qu’une vision patrimoniale ou fait dépendre la partie morale de la partie patrimoniale. Le logiciel libre n’a jamais refusé les auteurs (acceptation du droit moral) et n’a jamais interdit un logiciel d’être vendu (acceptation patrimoniale). Il impose seulement que ce droit ne soit pas exclusif mais partagée.

              3. La propriété industrielle se rend propriétaire d’une exposition à coup de billet, ce qui est intrinsèquement anti démocratique. C’est regrettable d’une grande institution comme la cité des sciences par ailleurs financée par l’état et qui devrait avoir un devoir d’exhaustivité, c’est aussi regrettable de la part de l’INPI qui oeuvre pour l’état dans la protection intellectuelle et qui ne semble pas tenir compte de l’aspect sociétal de sa démarche (L’INPI est un établissement public, entièrement autofinancé, placé sous la tutelle du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. : http://www.inpi.fr/fr/l-inpi/qui-sommes-nous.html)

              4. la place de l’INPI est remise en question par les pratiques du libre. L’INPI avant de défendre la propriété industrielle défend surtout sont propre marché, monopolistique

              4. inpi.fr dit :”Cette exposition citoyenne met en exergue les enjeux de la protection de la propriété industrielle et les dangers liés à la contrefaçon.” C’est partir du principe que le libre est de la contrefaçon. Il me semble qu’à maintes reprises le monde propriétaire a montré qu’il ne respectait lui-même pas les licences. Il aurait été plus intelligent de la part de l’INPI de prouver qu’elle pouvait éviter les amalgames : dommage pour SUN, IBM, Redhat et même Microsoft/Novell : qu’ils sachent qu’ils sont des auteurs potentiels de contrefaçon.

              5. L’INPI repose sur un axe prioritaire erroné : “Axe 1 : pour les utilisateurs potentiels, notamment les PME et les chercheurs, encourager le recours à la propriété industrielle afin de favoriser la croissance par l’innovation.”(http://www.inpi.fr/fr/l-inpi/qui-sommes-nous/nos-objectifs-2009-2012.html)

              Etrange formule que “le recours à la propriété industrielle” pour “favoriser” “l’innovation” alors qu’on ne peut protéger que ce qu’on a déjà innover. On peut aussi voir la propriété industrielle comme une tentative d’acquérir une rente (et d’en vivre) à partir d’une innovation déjà existente, au lieu de poursuivre des efforts d’innovations. On pourrait citer le cas du multitouch protéger par Apple aux Etats-Unis et qui empêche simplement les concurrents d’avancer dans ce sens, ce qui de fait permet à Apple de faire moins d’effort.

              6. Et l’INPI va jusqu’à avoir une action répressive par voie légale (c’est à dire en bloquant des innovations éventuelles) “Axe 4 : contribuer à l’amélioration de l’environnement juridique et institutionnel aux niveaux national, européen et international. Axe 5 : être un acteur central de la lutte contre la contrefaçon” voir ce qu’il faut entendre par amélioration, comme on a pu parler de progrès. Pire, ces objectifs sont consignés par la ministre qui ignorent ainsi la valeur ajoutée que produit la pratique quotidienne : J’attend un économiste qui me fasse un calcul simple : quelle est la valeur ajoutée générées par les sociétés brevetées comparée à la valeur ajoutée globale à l’ensemble de l’activité économique et qu’elle est le pouvoir de ses valeurs ajoutées sur l’organisation du social :)

              http://www.inpi.fr/fileadmin/mediatheque/pdf/Actualites/CP_Contrat_objectifs_INPI.pdf

              c’est aussi intéressant de voir que dans le même temps :

              http://linuxfr.org/2010/04/21/26767.html

              7. Finalement, n’oublions pas que les enfants apprennent en copiant, avant tout Interdisons donc cette pratique qui ne fait que faire entrer l’humain, dès son plus jeune age, dans une logique de copie si néfaste qu’on se demande pourquoi elle est tant pratiquée.

              8. Les entreprises actuelles utilisent l’électricité qui utilisent des procédés créés par d’autres et utilisent l’alphabet pour déclarer leur brevet, lui aussi créés par d’autres. L’INPI devrait donc demander que chaque déclaration de brevet soit fait dans une langue unique. Ne pas le faire c’est oublié de reconnaître ce que l’on doit aux inventions du passé et du même cas, ce l’est attribué. J’incite l’INPI à demander les entreprises à devoir mettre à disposition la liste exhaustive et historique de tout ceux qui ont contribué à l’élaboration d’une dite invention et l’on verra qu’on a notre part dans chacune d’entre elle et que par conséquent je devrais être en droit de réclamer un droit partiel sur les produits brevetés.

              9. La position de l’INPI est obsolète à l’heure ou presque tous les grands industriels de la connaissance passent au libre (http://www.cisco.com/web/about/doing_business/tip/index.html, Google http://google-opensource.blogspot.com/) l’exemple le plus marquant étant certainement Android, Nokia (http://research.nokia.com/opensource, …)

              10. Ce qui compte, ce n’est pas la propriété, c’est l’échange. Et l’échange est justement une certaine forme de dislocation de la propriété ou plutôt simplement de propriétés diachroniques et partagées. Marcel Mauss avait déjà bien analysé ces faits et de nombreux autres. Actuellement de nombreux scientifiques penchent même sur le fait que la concurrence n’est pas la forme de relation la plus fréquente (loin de là) des mondes animaux et végétaux. Inutile donc de dire qu’il est naturelde se battre contre les autres et qu’il soit naturel que les grosses entreprises qui ont les moyens de payer des brevets à tour de bras s’en sorte mieux que les petites qui devront se saigner.

              Nous sommes donc biens face à deux stratégies très différentes que l’on pourrait résumer dans la guerre que se livrent Google et Apple dans le domaine des OS mobile. Mais on voir bien à quel point la technique du monde propriétaire n’est pas d’agir par éclaircissement des esprits, par discussion, par développement d’arguments, mais bien par écartement, accaparement et développement de l’ignorance. Il ne s’agit pas d’une maigre différence. les états pourront-ils accepter longtemps la volonté permanente des industries propriétaires de stupidifier les utilisateurs au risque de faire perdre à moyen ou long-terme toute l’intelligence, l’imagination signe de liberté et nécessairement d’effacement des limites imposés par des pensées dominantes qui cherchent à garder leurs rentes.

              La propriété intellectuelle a peur du libre alors que le libre n’est pas contre la propriété intellectuelle puisque les auteurs sont tous cités. Cette peur repose sur des bases erronées qu’il est dommage qu’un institut devant être à la pointe de détails juridique de ce genre justement pour mieux conseiller ces entreprise, dommage donc que ce genre de détail ne semble pas mettre la puce à l’oreille. Mais on aura compris que, comme Castoriadis l’avait énnoncé, l’institution finit par fonctionner pour elle-même et s’éloigne peu à peu des objets qui ont amené à sa création. Comme le rapelle la différenciation entre propriétaire et privateur, le problème n’est pas la propriété mais que cette propriété soit exclusive au détriment de liberté, même de la liberté d’innovation.

              Permettez moi de citer Newton : “Nous sommes des nains montés sur les épaules des géants”