Un livre sur le Blender Game Engine

    Si Gimp et Scribus sont des logiciels maintenant largement répandus dans lesquels nous avons plusieurs fois vu l’investissement récent de certains professionnels, que pouvons-nous dire de Blender ?
    C’est évidemment un logiciel unique, libre depuis longtemps et qui depuis lors évolue à une vitesse incroyable et qui a subi plusieurs révolutions ces dernières années. On a vu plusieurs courts métrages fait par la Fondation Blender, et régulièrement produits par des studios indépendants. Il aurait aussi apparemment été utilisé dans des blockbusters comme captain america. Mais, on a aussi plus récemment vu le projet Gooseberry échouer partiellement dans sa quête de financement pour aboutir à la création d’un long métrage d’envergure réalisé par des studios prestataires et sous-traitants de la Blender Fondation. Voilà pour la situation dans le monde audiovisuel classique.

    Sketch pour Gooseberry

    Un autre point que l’on oublie souvent est la capacité de Blender à produire des contenus interactifs dont les jeux sont les plus marquants. S’il existe de nombreux   jeux créés avec Blender, il n’est toujours pas facile d’en obtenir une liste organisée. De plus, les capacités de Blender dans ce domaine sont souvent dénigrées pour telle ou telle raison, parfois même par ignorance des capacités réelles.

    Cette première quinzaine d’août a vu advenir 2 événements importants et corrélés :

    • Flossmanuals Francophone, a nouveau soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie, a produit avec 14 participants un manuel sur le moteur temps réel de Blender de manière à pallier un vide marquant sur ce sujet dans les documentations en langue française. Cette production a été faite durant une période de 5 jours correspondant à leur habituel libérathon.
    • Durant cette même période, les mêmes personnes ont produit un petit jeu avec le logiciel. Celui-ci sert ici et à là de référence au livre pour montrer un exemple     plus abouti de ce qui y est abordé de façon plus simple et pédagogique. Ce jeu n’est pas encore publié mais sera disponible dans les jours qui viennent sur un site dédié : perilendaiza.com

    Rappelons que les contenus produits par Flossmanuals sont tous libres et que chacun peut y apporter sa pierre.
    Pour l’instant, les équipes font du débogage : corrections typo sur le texte et optimisation sur le jeu. Au-delà d’une période d’un mois, les annonces officielles devraient certainement arriver, le jeu être plus facilement jouable et le livre être imprimé en version papier (il est déjà disponible en PDF et epub sur la plateforme d’écriture).

    Bon Blender à tous

    Les auteurs et leur droit

      La question du droit d’auteur devient, à l’ère de l’économie du contenu et de la connaissance, un sujet de débat voire de combat permanent. On voit un peu partout les risques pesé sur la liberté de création et sur la liberté d’expression. Mais les discours peu clairs fleurissent tant la complexité du problème est grande, au point que c’est la liberté d’expression et de partage, base fondamentale du corps social comme l’ont montré de nombreux sociologues et anthropologues, qui peut s’en trouver attaquée. En tant qu’auteur à divers titres et sur diverses activités j’ai souhaité faire à nouveau un petit point pour expliquer certaines visions.

      les conditions du droit d’auteur

      La première chose qui caractérise à l’heure actuelle le droit d’auteur (je préfèrerai dire les droits des auteurs) tient surtout dans les crispations engendrées en particulier par les craintes de voir l’impact négatif des technologies numériques. Ces crispations sont à tous les niveaux : auteurs dont les rétributions n’augmentent pas malgré la diminution des coûts de production et de diffusion; éditeurs et vendeurs qui perdent leur marché et “monopole” face à de nouvelles pratiques; structures de perception es droits qui vivent de tout ça et qui n’ont pas envie que le système change,quitte à ignorer les nouvelles pratiques de création et de publication. Même les amateurs de culture libre fustigent parfois les documents non libres, voire les documents libres et payant. Bref, tout se mélange et les perdants sont les principaux acteurs cette bataille : les auteurs qui créent, les amateurs qui voudraient en profiter. Les intermédiaires, comme leur nom l’indique, ne sont pas nécessaires même s’ils peuvent avoir leur place et leur raison d’être à un moment donné de la production ou de l’histoire.

      L’injustice du droit ou de son application

      Il y a certaines choses qui m’étonnent dans certaines de ces crispations : un auteur est détenteur de fait des droits de sa création. Un auteur est celui qui crée, imagine l’oeuvre et lui donne vie, une existence. Dans le cas des livres, d’autres professionnels créatifs sont en oeuvre (par exemple le maquettiste), ou encore les développeurs de logiciels qui offrent des possibilités créatives. Je n’ai jamais vu les noms de ces “auteurs invisibles” sur les documents : ils sont simplement ignorés par le système; étrange lorsque l’on sait que certaines branches de l’informatique sont protégées parle droit d’auteur. Bref, loin de moi l’idée de vouloir faire un mélange des genre et de dire qu’un informaticien est un artiste et qu’un artiste est informaticien, il n’empêche que cette crispation me semble particulièrement décalée dans un contexte où il s’agit déjà d’un privilège. Qu’est-ce à dire lorsque ce n’est plus l’auteur qui bénéficie des plus-values de son oeuvre, mais les “ayant-droit”, bref n’importe qui qui a été assez malin pour acheter les droits pas trop cher et va en profiter longtemps. Finalement, le travail de l’artiste est-il si important qu’il doive être ainsi protéger de façon disproportionnée au point de priver le public d’une oeuvre éventuelle pour en organiser stratégiquement la rareté et en augmenter la valeur. Cela est-il bien raisonnable à un moment où les pratiques culturelles n’ont jamais été aussi partagées, que les amateurs sont parfois meilleurs que les professionnels, bref que les valeurs traditionnelles sont questionnées par un tas d’acteur.

      On parle en leur nom, et on ne les entends plus

      Il semblerait donc que la discussion entre les détenteurs de rentes culturelles (acquises récemment dans l’histoire) et les nouveaux acteurs soit impossible tant les premiers se braquent et que les seconds s’en énervent. Ainsi au lieu d’avoir un développement homogène et complémentaire, les deux modèles s’opposent avancent au coude à coude jusqu’à ce que l’un tombe ou soit englober par l’autre. A l’heure actuelle, les auteurs ont du mal à s’y retrouver et à comprendre tous les enjeux; la plupart d’entre eux vendent peu, très peu, et n’ont aucun gain significatif. Cette guerre, peut donc leur sembler démesurée. Ils y perdent un peu leur esprit, et alors que les éditeurs et institutions de perceptions doive gérer les droits pour eux, le problème est tellement important qu’ils en ont la tête pleine et que les discussions finissent par polluer les salons littéraires : bref ne parlons pas du contenu de l’art, mais de la stratégie du monde de l’art. C’est bien cela ? Les auteurs secouent les mains pour se faire voir, mais cela devient compliqué entre le juridique et les best-seller et les prix littéraires, il reste peu de place pour le travail au quotidien de l’art et la diversité.

      le bienheureux couple auteur-public

      Les autres perdants sont bien sûr les les lecteurs et autres amateurs destinataires. Ils sont montrés du doigt comme des voleurs (comme si la culture appartenait à quelqu’un) et la suspicion pèse sur n’importe quelle personne affirmant qu’elle utilise régulièrement internet. Ensuite, l’allongement de la durée des droits des auteurs est évidemment au détriment du domaine public. Bref, l’État abandonne son rôle de compensation entre les producteurs de “bien culturels” et les utilisateurs, au profit de premier, au risque de rendre la culture trop chère pour de nombreuses personnes ou impraticable (sur simple décision d’un ayant droit qui ne respecte d’ailleurs pas toujours la volonté de l’auteur initial). Rendre les oeuvres au monde auquel elles appartient me semble un acte fondamental ainsi que le rétablissement d’un équilibre au risque d’assécher la création et les pratiques d’inspiration, de mélange source depuis des siècles de l’évolution culturelle, par simple appropriations.

      Bref ne serait-il finalement pas une solution de laisser s’enfermer ceux qui le souhaite et partager ceux qui le souhaitent aussi ? Bien sûr c’est en quelque sorte le le pari des licences creative commons. Il en faudrait cependant pas que la loi, au-delà d’assécher la création, en vienne aussi à assécher les moyens de sa diffusion, ce qui rendrait alors particulièrement injuste et déséquilibrer les moyens d’expressions en les laissant dans les mains de quelques “magnats”. Faut-il valider le fait d’un monde à 2 cultures une fermée, irrécupérable, une ouverte et couper définitivement les ponts entre les deux ? Bref comment protéger les utilisateurs face aux abus législatifs ? Bref, pour employer des références : quand fera-t-on coincider le recto et le verso des pratiques culturelles ? Va-t-on un jour réussir à relier les différents points de vue ? Comment façonner un nouveau monde culturel non limité ? Le problème n’est peut-être pas de définir avant tout les droits des auteurs, mais d’abord la vision de la société d’avenir que nous souhaitons, entre le chacun cloitré et le tous ensemble ! Bref, comment rétablir la confiance, ce que le droit ne saurait faire, et qui est pourtant essentiel à toute société.

      A la SOS GIMP

      • Anglais

      Prononcez “à la sauce Gimp”. Une documentation sous licence GFDL écrite par Cédric Gémy et des membres de GULLIVER (lug rennais) sur Gimp en Français qui commence à dater, surtout après les quelques changements d’interface de la version 2.6. Mais finalement comme la majorité des informations restent valables et que certaines personnes continuent à la chercher, voici la version à télécharger.
      Il fut l’un des premiers livre orienté utilisateur en français. Evidemment depuis, les éditeurs se sont rettrapés, tant mieux.

      Bonne lecture.